La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    Palmarès 2026 des Produits de l'Année en Tunisie : 75 marques récompensées    L'ambassadrice de l'Inde : ''Nous visons à supprimer le visa pour les Tunisiens''    Ramadan 2026 : horaires de travail dans les administrations publiques    Férid Ben Tanfous: Le banquier et le consul honoraire    Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    Hommage à Souad Guellouz: Elle était née pour être écrivaine, romancière, poète    Ministère de l'Intérieur : attention parents, ces signes révèlent une consommation de drogue chez vos ados    L'odorat des chiens au service de l'oncologie médicale    SOS Villages d'Enfants Tunisie lance la campagne Couffin de Ramadan pour soutenir 9 000 enfants    Météo en Tunisie : nuages passagers sur l'ensemble du pays    Anouar Brahem signe son grand retour en Tunisie avec l'ouverture de la 11e édition de Sicca Jazz au Kef    AWGHO: Une nouvelle dynamique africaine au service de la santé globale de la femme en oncologie    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    Horaires de travail durant le mois de Ramadan 2026    Spéculation sur les denrées : grande opération contre les réseaux illégaux en Tunisie    OPPO lance les modèles A6 5G et A6x 5G, qui offrent des avantages de performance, de puissance et de fluidité au quotidien    Dégradations du VAR : la FTF promet des poursuites et un durcissement disciplinaire    Mercato : Nader Ghandri signe en Libye avec Asswehly SC    La Chine ouvre grand ses marchés aux exportations africaines dès mai 2026    Quand commence vraiment le Ramadan 1447/2026 ?    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    En vidéo : Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et ouvre les inscriptions    Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et lance les inscriptions (Album photos)    Le drame occulté des Tunisiens morts "pour la France" durant la Première Guerre mondiale    Samsung Zero Trust : Leader dans le domaine de la sécurité mobile pour les entreprises    Hyundai Tunisie organise la troisième édition de l'initiative solidaire 'Couffin du Ramadan'    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Epson Atmix annonce une nouvelle unité de production de poudres d'alliages amorphes    Casa Tarab, les Nuits musicales du Ramadan 2026, reviennent dans une 5ème édition au Théâtre Cléopâtre à Gammarth    Offre Saint-Valentin: 40 % de réduction sur vos vols nouvelair    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Fierté tunisienne : Ridha Mami ouvre un département arabe et islamique au Mexique    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Raoua Tlili et Yassine Gharbi remportent 2 médailles d'argent aux Championnats internationaux de Fazza de para-athlétisme 2026    La danse contemporaine à l'honneur au Festival des Premières Chorégraphiques à Tunis et Sfax (Programme))    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    Changement à la tête de l'ITES : Kaïs Saïed démet le directeur général    Magna Mater: La Grande Déesse de retour à Zama (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Ombres au spectacle
Profil du supporter d'aujourd'hui
Publié dans La Presse de Tunisie le 19 - 12 - 2015

On assiste aujourd'hui à un genre de «supportérisme» exclusivement orienté sur la contestation.
A l'heure où les clubs deviennent de véritables multinationales qui drainent des enjeux financiers et économiques colossaux, le football s'encombre de supporters bruyants, contestataires et indépendants.
Le phénomène de la violence dans nos stades a pris, ces dernières années, une ampleur telle qu'il devient plus qu'urgent de s'y pencher sérieusement et de faire face aux abus et aux débordements devenus, au fil du temps, incontrôlables. Presque à chaque match, on enregistre des actes de violence avec parfois des excès qui dépassent l'imaginaire.
L'une des principales raisons qui poussent le public à avoir un comportement agressif est liée à l'inadéquation des infrastructures sportives. Beaucoup de nos stades ne disposent pas de normes pouvant assurer la sécurité des équipes et des joueurs, notamment dans les matches à haut risque. L'arbitrage est, la plupart du temps, cité comme principale cause du déclenchement de la violence lors des matches. Le refus des résultats ou les préjugés de certains fanatiques sur les décisions de l'arbitre lors des rencontres de football entraînent souvent la violence dans les stades, surtout lors des grands chocs.
Mais ici et là, le hooliganisme n'est-il pas essentiellement la conséquence de problèmes sociaux, économiques et politiques? De chômage, de manque de moyens de loisirs et d'évasion? Le stade n'est-il pas devenu de ce fait la seule place où les jeunes peuvent s'exprimer et extérioriser leur désarroi? Quand le supporter a une vision ambiguë du sport, la violence devient une vision assumée. Une confusion qui trahit une méconnaissance de l'amour du club, de la définition du sport.
En dépit des tentatives répétées pour éradiquer la violence, le dialogue n'est toujours pas amorcé. Le fait est cependant là: on assiste aujourd'hui à un genre de «supportérisme» exclusivement orienté sur la contestation. Beaucoup de jeunes supporters associent avec imprécision le football à la violence et s'en font un prétexte, voire des fois une raison, pour se battre contre les adversaires du jour. Le profil du supporter d'aujourd'hui est très complexe. Il a une vision assez spéciale du football. Il consacre une grande partie de sa vie à son groupe et à son club. Ses principales motivations sont l'ambiance dans les gradins, le soutien indéfectible et inconditionnel à son équipe. Cela a fini par engendrer et intégrer une notion de territoire, avec des droits et des libertés, et surtout le recours automatique à la bagarre.
Ces actes d'absolution et de décharge commis par les supporters impliquent des causes, des enjeux et des degrés de gravité très variés. La violence dans nos stades perdure, s'éternise et se conserve. Aux abords et dans les stades de football, les incidents s'enchaînent d'une saison à l'autre, au point où l'on est arrivé à l'agression caractérisée des arbitres et de leurs assistants.
Les autorités de tutelle et concernées doivent prendre au sérieux ce phénomène qui guette nos stades et nous prive de supporter dans la quiétude et dans la sécurité nos équipes préférées. La nécessité d'un dialogue constructif avec les supporters est la pierre angulaire pour faire face aux «pseudo-supporters» qui gangrènent le football et leurs débordements de tout genre. Il est temps de favoriser la mise en place d'un système d'avertissements graduels et de sanctions éducatives, d'un cadre clair et légal pour la liberté d'expression dans les gradins et l'inclusion des supporters dans la préparation des matches.
L'exemple allemand mérite d'être étudié, ou encore inspirer les actions et les décisions à prendre. Les responsables dans ce pays ont pris le problème de façon bien particulière dès son apparition dans les années quatre-vingt. Ils y avaient établi un diagnostic très précis du «supportérisme». Un traitement adapté à chaque type d'incivilité a été appliqué, en fonction de son contexte et de sa gravité. Le modèle allemand est centré sur la prévention et le dialogue avec les supporters, la répression étant réservée aux actes de violence les plus graves. En parallèle de cette politique apaisée et efficace, le championnat allemand connaît le meilleur taux de remplissage des stades et l'une des meilleures ambiances d'Europe.
Le triptyque «identification-interpellation-sanction»
En France et en Angleterre, on s'est inspiré du modèle allemand uniquement sur la base de l'éradication pure et simple des éléments perturbateurs. Ici et là, les graves épisodes de violence engendrent systématiquement un durcissement de la répression envers tous les supporters sans distinction. Une politique qui pose aujourd'hui question, alors que la France, par exemple, verra affluer en juin prochain des dizaines de milliers de supporters pour l'Euro 2016. La ligne de conduite suivie par l'ensemble des acteurs chargés de la lutte contre le hooliganisme est la mise en œuvre du triptyque «identification-interpellation-sanction». Au fil des années, on s'est doté d'un arsenal répressif important, avec l'interdiction judiciaire des stades comme mesure fondatrice. Cette peine complémentaire, prononcée en plus d'une peine «classique» et qui ne nécessite pas de passage devant un juge, peut atteindre une durée de cinq ans.
Il faut dire que pareille mesure administrative constitue la pratique la plus contraignante et la plus problématique. A l'origine, elle faisait figure de mesure d'exception en vue d'une interdiction judiciaire future, mais elle est aujourd'hui la norme et se suffit à elle-même.
Le triptyque «identification-interpellation-sanction» peut-il être la solution adoptée pour éradiquer la violence dans nos stades? Dans un contexte particulier, les mesures et les décisions exceptionnelles sont des fois souhaitées aussi bien que les dispositions de la bonne organisation des matches et la gestion du mouvement de la foule. Il faut adopter une loi qui interdit tous les actes de violence tout en appliquant des peines sévères.
L'installation des caméras à l'entrée et à l'intérieur des stades afin de surveiller les bandes de hooligans est aussi nécessaire. Il serait aussi recommandé de communiquer avec le public par l'intermédiaire des hauts parleurs placés dans les stades.
Enfin, les mass medias doivent continuer à «éditer» et à propager ce qu'on peut considérer comme étant le livre vert des supporters et à travailler dans le sens de la formation, de l'éducation et de l'information du public, des joueurs, des encadreurs et des dirigeants sportifs. Pareille action ne peut que servir à sensibiliser tout l'environnement du football.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.