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Abattage des chiens errants : Une solution stérile qui prétend se substituer aux campagnes de stérilisation
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 12 - 2020

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Par Hend Abdelkefi et Samy Jerrari
L'ordre est de nouveau, une énième fois, donné ! On achève bien les... animaux, danse diurne comme nocturne et fort macabre. Communiqué par une ou plusieurs mairies au gré des plaintes des citoyens : « Deux semaines d'abattage des chiens errants ». Deux semaines, le temps de faire oublier aux habitants leur peur de la rage, le temps d'offrir aux agents municipaux chargés de « la chose » des cibles sans défenses à leurs envies de violences. Plaintes ? J'ai envie de dire délation, comme dans les moments les plus sombres de l'humanité.
Plutôt que de sérieusement œuvrer à mettre en place de véritables outils à même de remédier à la prolifération des animaux errants et au risque de la rage, les municipalités préfèrent jeter de la poudre aux yeux à leurs administrés : si les abattages à répétition permettaient d'éliminer les chiens errants, cela se saurait ! Appliqués depuis des décennies, ils n'ont jamais empêché nos chiens de rue de proliférer de plus belle.
Les solutions réelles existent pourtant et ne cessent de prouver leur efficacité sous d'autres cieux, mais heureusement aussi sous le ciel de Tunis, de l'Ariana et, depuis peu, de La Goulette. Grâce aux efforts conjugués des associations protectrices des animaux (notamment la PAT, Alvia...) et de certaines mairies (à ce jour trois au total), un programme de prise en charge a été mis en place avec succès. Le programme TNR (TrapNeuter Release) permet de replacer les chiens, en toute sécurité après stérilisation, vaccination et marquage, dans leurs territoires d'origine. Sains, stériles, marqués à l'oreille, doux comme des agneaux comme savent l'être nos « kleb arbi », ils garderont les quartiers fidèlement, comme ils l'ont toujours fait, mais cette fois sans plus jamais se reproduire.
Si les associations ont réussi à convertir les méthodes de trois mairies, elles demeurent impuissantes face à la barbarie de celles de trop nombreuses autres. La généralisation du programme TNR à toutes les villes de Tunisie est du seul ressort d'un gouvernement soucieux de la sécurité morale et sanitaire de ses citoyens. Ne perdons pas de vue la manière dont ces tristes abattages ont lieu : les chiens sont tirés chacun par de nombreuses balles, laissés agonisant sur place pendant plusieurs jours lorsqu'ils n'ont pas la chance d'être trouvés par une âme charitable qui, à force de sauvetages, n'a plus de quoi payer son vétérinaire... Des chiennes allaitantes sont abattues aussi. Certains agents les recherchent tout particulièrement, sans doute aiment-ils regarder, durant de longs jours, lentement agoniser les bébés, blottis contre les cadavres de leurs mères. Et ne perdons pas non plus de vue que les agents exécutent avec plaisir l'ordre de tuer, beaucoup moins celui de ramasser : beaucoup trop de cadavres se décomposeront sur place...
La généralisation du programme TNR* à toutes les villes, en collaboration avec les différentes institutions concernées, doit cependant être renforcée par d'autres mesures visant à s'attaquer à une des causes majeures de l'errance : les trop nombreux abandons par des propriétaires qui jettent « après usage » leur compagnon à quatre pattes comme ils le font de leurs ordures : au coin d'une rue, loin de chez eux. Des mesures qui doivent, le plus tôt possible, réglementer les adoptions ou achats d'animaux, ces derniers devant être systématiquement pucés afin que les abandons soient incriminés.
Voici le cri lancé hier sur facebook par Nowel Lakech, présidente de l'association Protection des Animaux de Tunise PAT :
«Jusqu'à quand les municipalités en Tunisie vont continuer à faire des massacres de chiens dans nos rues ???
Cette soi-disant campagne d'abattage barbare de 15 jours ne rime à rien du tout !
Massacrer et blesser à coups de feu des chiens errants ou perdus qui souffrent déjà de la malnutrition, de froid, d'accidents divers alors qu'ils sont censés être contrôlés par l'Homme ne fait qu'attiser la haine contre le gouvernement et contre les décideurs qui ne veulent pas prendre le problème à bras-le-corps puisqu'ils sont assis derrière des bureaux !!!
Vous les avez laissés se reproduire pendant des années et vous vous demandez pourquoi il y en a toujours trop !!!???
Vous encouragez la vente d'animaux dans divers points de vente publics et privés, vous n'imposez pas aux propriétaires d'animaux de les pucer, ce qui encourage ensuite les abandons par des maîtres irresponsables et vous vous demandez pourquoi il y a toujours plus d'abandons dans les rues !!!???
Vous appelez cela une gestion du problème de la prolifération de ces chiens et du risque d'avoir des cas de rage !!!????
La Tunisie restera toujours un pays non indemne de la rage avec vos méthodes !
La seule solution à l'éradication de la rage est la vaccination et la stérilisation !
Le programme TNR (TrapNeuter Release) doit être appliqué dans tout le pays !!!
– Nous demandons au chef du gouvernement d'imposer le programme TNR à toutes les municipalités en collaboration avec les diverses institutions concernées par le bien-être et la santé animale
– Instaurez une loi qui imposera à tous les propriétaires de pucer leurs animaux en vue de créer un fichier national d'identification des animaux de compagnie
– Renforcez les contrôles sur les élevages, les combats de chiens et sur les vendeurs d'animaux de compagnie et animaux sauvages: interdire
«La vente de chiens au souk Moncef Bey »
Que de fois n'avons-nous pas entendu des discours parlant des poils des animaux, de (pseudo) allergie de certains parmi nous, de l'impureté du chien…Prenons donc toutes ces légendes urbaines dans l'ordre.
Nul ne peut nier l'existence des allergies. En revanche, celle des poils n'est pas comme celle au pollen. Passer à côté d'un chat ou d'un chien ne fera éternuer personne ! Sauf si, bien sûr, les poils de ceux-ci sont disséminés dans un endroit clos.
Quant à la supposée impureté du chien, elle est relativement «récente», plus de tradition que de religion. En effet, elle date à peine de cinq siècles, époque où, dans les pays musulmans, entre autres, le chien était la «poubelle» des villes. Mangeant tout ce qu'il trouvait et ce qu'on lui donnait, sans aucune règle sanitaire (bien évidemment), il a développé de grandes maladies, dont certaines étaient transmissibles à l'homme. On se souvient encore des années 70 et du kyste hydatique…
S'il existe une quelconque sourate où il est écrit que le chien est impur, un quelconque Hadith, bienvenus pour une joute !
De plus, ces abattages ne sont intéressants qu'au très court terme.
En effet, les animaux disparaîtront un très court laps de temps (et nous parlons ici en termes de... mois!), remplacés par d'autres. Et de plus en plus nombreux car la municipalité ne pourra juste jamais suivre. En effet, de plus en plus habitués aux abattages, même si littéralement assassinés à tout bout de champ, les êtres vivants développent des capacités afin de survivre et celles-ci se propagent dans l'espace et dans le temps. Je vous renvoie au syndrome du onzième singe.
Voilà pourquoi ces opérations, répétées encore et encore, sont non seulement stériles (de plus en plus d'amoureux des animaux les cachent, l'info va très vite sur les réseaux sociaux), mais cela devrait interpeler les autorités dites compétentes à réfléchir plus d'une fois en termes financiers. En effet, les agents municipaux doivent être payés, les animaux récupérés et enterrés (si pas fait risques sanitaires très élevés), les munitions, recommencer les opérations encore et encore et encore. Tout cela a un coût. Certes, moindre au court terme par rapport à la vaccination mais autrement plus onéreux, avec le temps !
Car l'équation est plus que simple.
Et je peux vous prouver en de nombreux points que le TNR n'a que des avantages.
Je ne me permettrai pas de vous parler des bienfaits de la vaccination sur la santé des animaux, partant des humains qui les entourent. Du gagnant-gagnant pour l'animal et son plus grand prédateur, l'(in) humain...
Concernant la stérilisation et la castration, celles-ci permettent de faire considérablement baisser le taux de testostérone, par-conséquent l'agressivité de l'animal.
Autre argument et non des moindres, déjà cité plus haut : dans les années 1970, il y avait des campagnes similaires; cela a-t-il arrangé les choses ? Je vous le donne dans le mille: le problème a augmenté à des valeurs exponentielles.
Rajoutez à cela le fait que si chaque citoyen arrête de «nourrir» ces animaux, en jetant poubelles et autres saletés de manière anarchique dans les rues, les animaux iront chercher leur pitance (et ils trouveront !) ailleurs et mourront de leur belle mort. Une ville propre, des animaux loin de ceux qui les haïssent.
Je n'insulterai la sagacité de personne avec cette lapalissade que la stérilisation empêche…. l'enfantement.
Si des campagnes massives de stérilisation se suivent avec une coopération entre municipalités et associations de protection des animaux, la Tunisie peut espérer voir ce problème sanitaire passer aux oubliettes en quelques années.
Je ne vous parle pas de la sensibilisation des masses grâce aux visites dans les écoles, et la Tunisie peut embrasser le doux rêve de devenir comme la... Turquie. On le peut. On se le doit. On peut à la limite entendre cette peur et haine ataviques de l'animal. Personne n'a demandé à personne de l'aimer. Est-ce pour autant une raison de non seulement vouloir sa mort mais de la provoquer en faisant appel à la municipalité ? Question purement rhétorique !
Et je ne peux finir cette réflexion sans citer une grande femme de lettres, éprise de justice, Marguerite Yourcenar :
« Et puis il y a toujours pour moi cet aspect bouleversant de l'animal qui ne possède rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. Il y a cette immense liberté de l'animal, vivant sans plus, sa réalité d'être, sans tout le faux que nous ajoutons à la sensation d'exister. C'est pourquoi la souffrance des animaux me touche à ce point, tout comme la souffrance des enfants».
*TrapNeuter and Release: Programme de Capture Stériliser Relâcher


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