Seif Omrane chante 'Ce qui doit arriver arrivera' pour les Assurances BIAT    Retraits et paiements électroniques : la Banque centrale de Tunisie renforce la vigilance avant l'Aïd el-Fitr    Crise de l'ATB : colère des clients et appel à l'intervention de la Banque centrale    Retraités : vos pensions de mars seront versées avant l'Aïd    La crise d'Ormuz et le retour du choc pétrolier : vers un nouvel ordre géoéconomique    CAN 2025 : Sénégal privé du titre, le Maroc champion    Météo du jour en Tunisie : faut-il s'attendre à de la pluie et du vent ?    La salle de classe du futur combine innovation numérique et supports papier indispensables    TCL ne peut plus qualifier certains de ses téléviseurs de 'QLED' après une décision de justice face à Samsung    Saison Méditerranée 2026 : une place de choix à la Tunisie en France avec plusieurs programmes    Aïd al Fitr 2026 : 3 jours de congé pour les fonctionnaires en Tunisie    Le paradoxe de la « qualité » académique : standardiser l'enseignement supérieur, à quel prix ?    Météo en Tunisie : pluies denses sur plusieurs régions    Novatis : comment une agence web construit son propre écosystème technologique    Comprendre le Moyen-Orient, ce foyer de crises    La Tunisie à l'ONU : La montée de l'islamophobie est une menace croissante et directe à la paix et à la stabilité internationales    La startup tunisienne WildyNess remporte le prestigieux TO DO Award 2026 à l'ITB Berlin    Titre    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    Marie Curie: Une figure scientifique emblématique et un modèle pour toutes les femmes    Météo en Tunisie : pluies éparses et temporairement orageuses sur plusieurs régions    Hachemi Nouira: Un journaliste épris de libertés    Arbitrage tunisien : 16 arbitres sanctionnés par la Fédération    Secousse sismique enregistrée à Béja : magnitude 3,4    "Monsieur Day", In memoriam    Al Ahly – EST : Quand et comment regarder le match ?    Ramadan 2026 : les génériques des feuilletons tunisiens Hayat et Bab LeBnet signés Karim Thlibi séduisent les téléspectateurs    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Le poulpe: Un plat raffiné et une ressource sous pression    Iran: scénarios possibles et analyse stratégique    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Livre 'Si Le Kef m'était Conté' de Najet Ghariani : un livre de contes pour redécouvrir Le Kef et son imaginaire    Citoyens tunisiens aux Emirats : voici comment obtenir un visa de transit d'urgence    Croissant lunaire visible : vendredi 20 mars pour la majorité des pays    62 cellules terroristes démantelées et des milliers d'éléments arrêtés en 2025 !    Suspension de tous les vols d'Emirates vers et depuis Dubaï    Tahar Bekri: Liban ma rose noire    Kaïs Saïed sonne l'alarme: réformes structurelles imminentes pour les caisses sociales    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Arrestations et poursuites judiciaires: Un coup de pied dans la fourmilière ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 08 - 2021

Tous les regards se tournent vers les palais de justice, remarquablement actifs ces derniers jours. Et pour cause, des informations sur des arrestations et des poursuites judiciaires impliquant des députés, des hommes politiques, des hommes d'affaires et autres.
Alors que le Chef de l'Etat semble jusque-là réussir sa manœuvre politique, les attentes sont devenues énormes et les pressions venant de toute part le sont encore plus. Si sur le plan politique les choses sont au point mort, le Président de la République tarde toujours à désigner un nouveau chef de gouvernement ou plus explicitement un nouveau Premier ministre, tous les regards se tournent vers les palais de justice, remarquablement actifs ces derniers jours. Et pour cause, des informations sur des arrestations et des poursuites judiciaires impliquant des députés, des hommes politiques, des hommes d'affaires et autres.
En effet, les Tunisiens suivent le petit écran et notamment les réseaux sociaux chaque minute pour s'enquérir de ce qui se passe du côté de Carthage mais surtout ce qui concerne les différentes arrestations en cours. S'agit-il d'une opération mains propres engagée par le Président de la République en marge de sa prise du pouvoir ? Ou est-il simplement question d'une application de certaines décisions de justice longtemps gelées pour une raison ou une autre ?
En tout cas, l'image est actuellement floue, les informations officielles sont rares et l'opinion publique est perdue dans ce paysage médiatique submergé par les rumeurs et les fake news. Autant dire que la présidence de la République continue dans sa stratégie communicationnelle optant pour la discrétion.
L'affaire Yassine Ayari a ouvert le grand débat autour de ces récentes arrestations. Ce député aux positions critiques du Président de la République avait été arrêté vendredi par des forces de sécurité. Il était poursuivi depuis 2017 pour «diffamation et outrage à l'institution militaire» et avait été condamné en 2018 à trois mois de prison. Dans un communiqué, l'institution du procureur général de la justice militaire précisait que l'incarcération de Yassine Ayari s'inscrit dans le cadre de l'exécution d'un jugement définitif de justice émis par la Cour d'appel militaire en date du 6 décembre 2018. «Cette décision a été entérinée par un arrêt de la Cour de cassation», selon la même source.
Yassine Ayari a déjà été condamné en première instance à trois mois de prison. En décembre 2018, il a écopé d'une peine de deux mois de prison ferme. Il était accusé d'atteinte au moral de l'Armée sur la base de l'article 61 du Code pénal. Le parquet militaire a exécuté ce vendredi le jugement de la Cour d'appel à la suite de la publication du décret présidentiel n°80 de l'année 2021, en date du 29 juillet 2021, relatif à la levée de l'immunité parlementaire des députés de l'ARP.
Craintes pour les libertés
Sauf que ces éclaircissements de la part de la justice militaire n'ont pas fait taire certaines voix qui dénoncent une atteinte aux libertés et aux droits des individus. Le parti Ennahdha et ses dirigeants étaient les premiers à dénoncer une telle décision. Ensuite c'était au tour de la présidence du parlement, pourtant suspendu, de réagir. En effet, la présidence de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) dont les activités sont gelées par décision du Président de la République, a dénoncé «l'arrestation illégale du député Yassine Ayari». Dans un bref communiqué publié vendredi soir sur la page facebook de l'ARP, la présidence du parlement «appelle à une réunion d'urgence du bureau du parlement pour l'examen de cette question» sans donner de précisions sur la date et le lieu de la réunion.
Dans la nuit du vendredi, le député de la coalition Al-Karama, Maher Zid, a été également arrêté dans le cadre d'une affaire de justice. Recherché par le Tribunal de première instance de La Manouba, le député a été arrêté, avant d'être remis en liberté hier.
Dans une vidéo publiée sur Facebook, le député a expliqué qu'il avait été libéré sur ordre du Parquet près le Tribunal de première instance de La Manouba, mais que des agents de la police en civil avaient tenté de le kidnapper à sa sortie du tribunal. Notons que ce député est impliqué dans une affaire de justice. Il est accusé d'avoir subtilisé des documents relatifs à l'affaire Chokri Belaïd.
Des informations courent aussi sur la mise en résidence surveillée de l'ancien procureur général de la République Béchir Akremi sur fond de son implication dans l'affaire des assassinats politiques. Ces arrestations interviennent pour alimenter la polémique autour des libertés individuelles et une éventuelle instrumentalisation du pouvoir judiciaire par le Chef de l'Etat. Ce dernier ne fait, depuis plusieurs jours, que rassurer sur la situation des libertés en Tunisie, promettant de garantir les droits de tous les Tunisiens mais aussi d'appliquer la loi fermement.
L'Instance nationale de prévention de la torture a, dans ce sens, alerté contre toute instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Son président, Fathi Jarray, a appelé le Président de la République à garantir les droits des prévenus et à fixer un délai pour les dispositions exceptionnelles annoncées.
Il est à rappeler également que quatre membres du parti Ennahdha, dont un membre de son conseil de la Choura, un ex-membre de l'équipe de protocole et un ex-garde du corps de Ghannouchi ont été auditionnés par le juge d'instruction.
Ces individus ont été interrogés à la caserne de l'Aouina, dans le cadre d'une enquête en rapport avec leur tentative de procéder à des actes de violence devant le siège de l'ARP, après l'annonce par Kaïs Saïed du gel du parlement, le 25 juillet dernier.
Le Président de la République s'est-il lancé dans une opération mains propres? Jusque-là rien ne prouve de telles affirmations. Bâtissant son discours et son projet politique sur la lutte contre la corruption, le Chef de l'Etat semble se concentrer sur la restitution des fonds spoliés dans une nouvelle tentative de parvenir à une réconciliation pénale.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.