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Zouheir Sghaier (entraîneur national de Marwa Amri) : «Des liens paternels se sont tissés»
L'invité Du Lundi
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 12 - 2016

Au-delà des consécrations, le sport est aussi une histoire de famille. Quand on entraîne une gamine depuis son jeune âge, on finit
par la chérir comme sa propre progéniture.
Derrière la médaille de bronze de Marwa Amri à Rio, il y a un entraîneur. Si vous vous présentez au grand public...
Je me présente donc : Zouheir Sghaier, sélectionneur national de lutte féminine. Auparavant, j'ai entraîné l'Espérance Sportive de Tunis avant de prendre en main la sélection nationale masculine de lutte. Depuis 2007, j'entraîne l'équipe nationale féminine avec laquelle j'ai remporté les championnats d'Afrique. A partir de 2008, Marwa Amri et Naziha Hamza, deux lutteuses prometteuses, commençaient à gagner leurs galons. Lorsque je les avais prises en main, elles n'étaient que cadettes. Depuis, elles ont fait du chemin, particulièrement Marwa Amri, médaillée de bronze aux derniers Jeux olympiques de Rio de Janeiro.
La carrière internationale de Marwa Amri a réellement démarré en 2009 à l'occasion de sa participation aux Jeux Méditerranéens de Pescara. Lors de cette joute, Naziha Hamza avait remporté l'or alors que Marwa Amri s'est contentée d'une médaille de bronze à cause d'une faute technique. Mais elle n'était que junior à l'époque. Durant la même année, nous sommes allés disputer le Championnat du monde en Turquie. La sélection était composée, entre autres, de Marwa qui a ramené trois médailles de bronze, les premières consécrations dans un championnat du monde dans l'histoire de la lutte féminine tunisienne. En 2013, elle a remporté une autre médaille de bronze aux Jeux Méditerranéens, passant encore une fois près d'une consécration en or.
Votre protégée a fait bien des progrès. Huitième aux JO de 2012, elle a été sacrée championne du monde en 2014, puis médaillée de bronze à Rio. Quels sont les ingrédients de la réussite ?
Sa première participation à des jeux olympiques remonte à 2008 à Pékin.
Le secret de la réussite de l'athlète repose sur sa force mentale à toute épreuve. Un entraîneur, s'il ne trouve pas une grande personnalité chez son athlète, ne peut pas aller loin avec lui. Bien que je me montre particulièrement rigide avec elle, Marwa a toujours exprimé l'envie d'aller toujours de l'avant. Elle m'a toujours dit qu'elle ne terminerait pas sa carrière sans remporter une médaille olympique. Sa détermination, sa persévérance et le travail de longue haleine qu'elle a entrepris depuis des années ont fini par lui donner raison. Sachant que la lutte tunisienne dispose de peu de moyens.
Outre le travail sportif de longue haleine, il a fallu aussi éloigner les intrus qui prétendent au poste de manager...
Par le passé, ces intrus ne venaient pas vers nous, car Marwa Amri était inconnue du grand public, même en 2009 quand elle avait remporté sa première médaille. Après sa dernière consécration olympique, beaucoup d'intrus l'ont approché et comme vous l'avez signalé, ils lui ont proposé de devenir son manager. Pour moi, ce sont des opportunistes qui veulent cueillir les fruits d'autrui. Je n'ai pas hésité à les éloigner de son chemin. Tous ceux qui me connaissent et qui sont proches du milieu de la lutte tunisienne savent que Marwa Amri est ma protégée. Je la considère comme ma fille. Je l'ai connue cadette et je suis toujours son entraîneur. Je suis un père pour elle et je considère qu'il est de mon devoir de la protéger au même titre que mes propres filles. Je me suis interposé avec toute ma force aux intrus. J'estime que tout un chacun qui ne s'est jamais intéressé à la lutte ne peut pas prétendre au poste de manager de Marwa Amri ou tout autre lutteur. Maintenant qu'elle a remporté une médaille olympique, elle a la maturité et l'expérience nécessaires pour poursuivre sa carrière comme elle l'a toujours fait.
Quels sont les objectifs de Marwa Amri après le sacre olympique ?
Un programme spécifique lui sera établi bientôt. Elle avait initialement au programme les Jeux Méditerranéens, mais on les a reportés d'une année. Il lui reste à préparer les championnats d'Afrique et le Championnat du Monde. Son objectif est de confirmer au Mondial sa consécration olympique. Elle doit continuer à travailler avec le même sérieux et la même abnégation. Avec la consécration olympique, elle est passée à un palier supérieur. Le plus dur pour elle sera de préserver ce nouveau statut de championne confirmée.
Avez-vous déjà établi une stratégie de travail pour relever ces défis ?
Comme je vous l'ai dit, un programme de travail est en train d'être élaboré pour elle au sein de la fédération. Sauf qu'on n'a pas décidé jusqu'à maintenant si je vais continuer à la superviser ou si on va amener un technicien étranger pour prendre la relève. De toute manière, je garderai toujours un œil sur elle. Avant d'être mon athlète, c'est ma fille.
Parlons à présent de vous. Avant d'être entraîneur, vous étiez lutteur...
J'ai arrêté ma carrière de lutteur en 1989. J'étais international. J'étais sacré champion d'Afrique en 1987. Durant la même année, j'ai remporté la médaille d'argent aux Jeux Méditerranéens à Lattaquié en Syrie. Auparavant, j'avais remporté le championnat arabe.
Êtes-vous satisfait de votre carrière ?
Franchement, je ne suis pas satisfait de ma carrière de lutteur. Quand je me suis reconverti en entraîneur, je suis devenu très exigeant avec mes athlètes. J'ai toujours voulu qu'ils réalisent ce que moi je n'ai pas pu entreprendre. De mon temps, les moyens étaient précaires. Nous nous entraînions seulement trois fois par semaine. Les stages à l'étranger se comptaient sur les doigts d'une seule main. D'ailleurs, ceux qui apprennent quelques prises lors d'un stage à l'étranger, les inculquent à leurs camarades à leur retour.
Cela fait 16 ans que vous travaillez au sein de la Fédération Tunisienne de Lutte. Pourquoi y a-t-il une pénurie de champions ?
Au fait, nous avons une bonne pépinière. De tout temps, il y a eu des talents en herbe dans les catégories jeunes. Sauf que la politique sportive adoptée pendant des années et le peu de moyens mis à la disposition des lutteurs et de leurs entraîneurs, nous ont toujours empêchés de percer à l'échelle internationale.
Que faut-il changer pour y remédier ?
Tout simplement donner aux entraîneurs et aux lutteurs les moyens pour s'entraîner dans des conditions convenables et participer à davantage de stages et de tournois à l'étranger. Il faut également établir des contrats-programmes et encourager financièrement entraîneurs et lutteurs en leur versant des primes conséquentes quand ils atteignent les objectifs tracés.
Quels sont les objectifs de la lutte tunisienne ?
Le nouveau bureau fédéral a pris les commandes avec de nouvelles ambitions. Je ressens chez eux l'envie de donner une autre dimension à notre sport, en profitant des retombées de la consécration olympique de Marwa Amri.
Ce qu'il faut retenir du parcours de Marwa Amri, selon son entraineur
Le secret de la réussite de l'athlète repose sur sa force mentale.
Marwa a toujours exprimé l'envie d'aller toujours de l'avant.
Sa détermination et sa persévérance ont fini par lui donner raison.
Après sa dernière consécration olympique, beaucoup d'intrus l'ont approché, pour être son manager.
Le plus dur pour elle sera de préserver ce nouveau statut de championne confirmée.
Je garderai toujours un œil sur elle.
Avant d'être mon athlète, c'est ma fille.


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