Entre Méditerranée et tradition, Djerba reste une promesse intacte de dépaysement pour les voyageurs tunisiens, algériens, libyens, européens... Surnommée "l'île de rêve", elle séduit autant par la douceur de son climat que par la richesse de son identité. Mais Djerba, ce n'est pas seulement la plage et le soleil. C'est un lieu de contrastes, de croisements culturels, d'art vivant et de spiritualité. Une île qui respire À Houmt Souk, la ville principale, l'ambiance est authentique. Les souks débordent de couleurs, de parfums et de produits artisanaux. Loin des boutiques formatées, on y trouve encore des échoppes familiales, des herboristes, de poterie, de tissus faits main. Mais au détour d'une ruelle, dans le quartier de la Hara Kbira, un symbole rare retient l'attention : une petite synagogue juive, la Synagogue des Cohanim, se dresse à quelques mètres seulement d'une mosquée traditionnelle. Le message est clair : ici, les spiritualités ne s'opposent pas — elles cohabitent, au quotidien, dans un respect mutuel enraciné depuis des siècles. Plus à l'est, Midoun déploie un charme plus rural, entre champs d'oliviers, marchés hebdomadaires et cafés où l'on prend le temps. À quelques kilomètres, le village d'Erriadh attire une tout autre forme de curiosité. Depuis 2014, le quartier de Djerbahood est devenu un musée à ciel ouvert. Des artistes venus du monde entier ont recouvert les murs des maisons de fresques murales, créant un dialogue entre art urbain et architecture traditionnelle. Djerba conjugue ainsi mémoire et modernité, tradition et expression contemporaine, sans jamais rompre le fil de son identité. Un séjour à hauteur d'île Côté nature, l'île invite au lâcher-prise. Entre plages de sable fin, lagunes calmes et zones encore sauvages, les possibilités de promenades ou de baignades paisibles ne manquent pas. Au lever du soleil, certaines plages offrent un silence presque sacré, où seuls les palmiers, les vagues et les premiers pas sur le sable accompagnent le visiteur. On peut aussi longer les routes bordées de figuiers de Barbarie et croiser des ânes, encore utilisés dans certaines zones rurales. Djerba n'est pas figée dans le temps : elle avance avec, mais sans renier ce qui fait son ancrage. C'est dans ce décor unique qu'un établissement hôtelier propose une immersion douce dans le mode de vie djerbien. Construit sur 33 hectares, dans le respect de l'architecture locale, ce complexe s'inspire des Menzels, ces habitations typiques à coupoles blanches, avec patios intérieurs et vergers d'oliviers. Répartis entre un bloc central et des unités plus dispersées, les hébergements — chambres, suites ou bungalows — s'adaptent aux envies de tranquillité ou de convivialité. Ce qui distingue ce lieu, ce n'est pas son envergure, mais sa capacité à s'intégrer à son environnement. Plutôt que de faire oublier l'île, il en prolonge l'expérience : artisanat local dans la décoration, cuisine inspirée des produits du terroir, animations culturelles puisées dans le patrimoine oral et musical. On y croise des familles en vacances, des couples en quête de calme, mais aussi des visiteurs de longue date, fidèles à ce mode de séjour où le confort reste discret. Un centre de thalassothérapie, récemment rénové, attire ceux qui cherchent un mieux-être durable. Soins, massages, détente aquatique — dans un cadre sobre, loin de l'ostentation, mais avec des prestations professionnelles appréciées. El Mouradi Djerba Menzel, comme l'a souligné Najet Lahouar, directrice des relations clientèle du groupe, "souhaite offrir une immersion équilibrée entre nature, détente et convivialité. Nous accueillons une clientèle tunisienne et internationale avec une grande diversité d'animations et de services". Pour le directeur, Kais Kechaou, ce lieu "résume l'esprit de Djerba" : de vastes plages, 1300 oliviers, 3000 palmiers, et une atmosphère apaisée. Ni luxe tapageur, ni expérience déconnectée. Une adresse qui s'inscrit dans le territoire plutôt qu'elle ne cherche à l'éclipser.
Djerba, l'île en partage Ainsi, loin des brochures figées ou des clichés de carte postale, Djerba est un territoire vivant, changeant, habité. On y vient pour se reposer, bien sûr, mais aussi pour se reconnecter à des rythmes plus humains. L'île n'est pas une simple destination : elle devient souvent un point d'ancrage pour ceux qui prennent le temps de l'explorer. Chaque village, chaque sentier bordé de figuiers de Barbarie, chaque sourire échangé dans un marché raconte quelque chose de plus profond que le tourisme de masse. C'est cette diversité qui frappe : ici, les spiritualités cohabitent, les langues se croisent, et les cultures se répondent. Djerba ne cherche pas à séduire à tout prix, elle accueille — avec ses aspérités, ses silences, sa lenteur. Et c'est peut-être cela qui fait la différence : une forme de sincérité, rare, qui parle aussi bien au voyageur occasionnel qu'au visiteur fidèle.