A la tête de clubs «pros» exsangues, les présidents de club ne savent plus où donner de la tête. Une seule envie les anime: terminer leur mandat aux moindres frais et partir ! A mi-saison, ou presque, plusieurs clubs sont écrasés par la pénurie des ressources financières. Chaque exercice constitue un supplice pour eux. A l'entame du play-off, qui démarre le 26 février, et du play-out qui débutera le 3 mars et se terminera le 21 mai prochain, le sujet rebondit à la faveur des engagements non tenus par les clubs dits professionnels vis-à-vis des joueurs et des fournisseurs. Maintenant, l'on s'attend à ce que l'Amicale des présidents des clubs professionnels monte comme d'habitude au créneau et mette la pression afin de trouver une solution — toujours provisoire — à la situation. Déjà, en pleine trêve dédiée à la Coupe d'Afrique des nations, on a assisté à une alerte qui annonce de nouveaux «débrayages» sous la poussée de clubs paralysés par la crise financière. Les «mouvements sociaux» rebondissent à la faveur de la fin de saison décrétée prématurément pour les clubs relégués automatiquement, soit l'Olympique de Béja et l'Etoile Olympique de Sidi Bouzid. Dès la mi-février, alors que le printemps ne s'est toujours pas définitivement installé (ce n'est pas encore l'heure !), à leur corps défendant, ils sont astreints à ranger les crampons et à arrêter toute activité : plus d'entraînements, plus de stages, plus d'échéances en perspective. Les vacances, quoi ! Toutefois, cette situation inédite n'est pas sans appeler au versement dans les meilleurs délais des arriérés des salaires et primes, car les joueurs vont bientôt partir à contre-cœur en vacances et savent qu'ils risquent tôt ou tard de ne plus trouver un seul vis-à-vis à qui réclamer leurs dus. De surcroît, un tas d'interrogations se posent par rapport au respect de leurs contrats qui courent au moins jusqu'au 30 juin prochain. Or, les deux clubs relégués ne sont pas prêts à continuer de payer des joueurs qui ne leur rendent plus aucun service. Il en est du reste de même des entraîneurs, en l'occurrence l'Espagnol Joachin Lopez Martinez et Hamadi Daou. Si le second a été engagé en catastrophe pour les deux ultimes sorties, en revanche, l'ancien coach des jeunes du Real Madrid avoue posséder un contrat en béton courant jusqu'au 30 juin qu'il tient du reste à faire respecter. Autrement, il ira sans doute devant les instances des litiges relevant que ce soit de la fédération nationale ou de la «Fédé» internationale. Gageons qu'avant d'en arriver là, un compromis peut être trouvé avec le bureau de Mohamed Ibrahimi, lequel a dû composer, à un certain moment, dans la dernière ligne droite de la première phase avec une situation où il manquait de l'argent pour se procurer ne serait-ce que des bouteilles d'eau pour les joueurs. Une image on ne peut plus caricaturale du professionnalisme appliqué au football tunisien. Récupérer au plus vite l'argent avancé Que le chemin peut être long pour d'autres clubs toujours en activité ! Le chemin de croix de l'Espérance Sportive de Zarzis la conduit demain au stade de Radès pour croiser le fer avec l'Espérance Sportive de Tunis en quarts de finale de la Coupe de Tunisie. Toutefois, les caisses sont à sec, et on ne trouve même pas l'argent nécessaire pour effectuer le déplacement de Tunis et la mise au vert qui s'ensuit. Le porte-parole et premier vice-président, Hechmi Abichou, avance la menace de forfait, et révèle que le président zarzissien, Mouldi Abichou, avait déjà avancé de son propre argent le montant non négligeable de 1,5 million de dinars. L'heure des assemblées générales des clubs va bientôt sonner. Beaucoup de présidents de clubs n'attendent plus qu'une chose : que les rapports financiers de fin de mandat puissent clairement déterminer les montants qu'ils avaient déboursés de leur propre argent pour les besoins de leur club avant de claquer la porte et partir sans regrets. Le cas, par exemple, du président béjaois Mohamed Ibrahimi qui aura appris à ses dépens à quel point est devenu ruineux un exercice à la tête d'une association sportive. Une source d'ennuis, un suicide financier, tout court. Où va, donc, le régime professionnel appliqué au sport-roi du pays ?