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Le business lucratif des cours particuliers
Baccalauréat
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 05 - 2017

L'approche des examens semestriels et des concours nationaux remet sur la sellette la problématique des cours privés qui ont fini par devenir une composante essentielle de la réussite scolaire de l'élève . La pratique des cours privés dénoncée par les uns, encouragée par les autres, n'en demeure pas moins une réalité.
La question des cours particuliers suscite toujours une interrogation et une inquiétude chez les parents, les élèves et les enseignants.
Tout élève sérieux et attentif n'aura pas besoin de cours particuliers. Pour un élève studieux, les leçons données en classe sont suffisantes. Or, nombreux sont ceux qui optent pour des cours particuliers. Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui pensent améliorer leurs chances de réussir grâce aux cours particuliers.
Au lycée El Mourouj 1, Mayssa, une candidate de la section lettres, affirme que les cours particuliers dispensés de manière individuelle ou dans un groupe d'élèves lui permettent d'améliorer son niveau dans les matières où son rendement est insuffisant.
Elle dépense entre 60 et 80 dinars par mois pour une seule matière, en l'occurrence l'anglais, matière dans laquelle elle rencontre certaines difficultés à assimiler les connaissances transmises en classe.
« D'abord, j'ai toujours pris des cours chez des enseignants que je ne connais pas. Nos enseignants proposent un forfait de 350 dinars pour 3 matières. Vraiment c'est trop cher pour mes parents», déclare-t-elle, d'un ton amer.
Cent dinars par matière
C'est le même cas pour Mouna, 20 ans, candidate au bac section économie et gestion. Sauf que la jeune fille choisit toujours les enseignants les plus compétents même s'ils sont ses propres enseignants. « L'essentiel, pour moi, c'est d'avoir un enseignant compétent qui me donne un plus. Durant les cours particuliers, chaque série d'exercices est encadrée soigneusement puisque le groupe d'élèves est en nombre limité. Ce n'est pas le cas en classe. Un tarif a été proposé par les enseignants. Chaque matière coûte cent dinars. Les cours particuliers dans 4 ou 5 matières coûtent environ 500 dinars ».
C'est l'équivalent du salaire moyen d'un employé. Bref, ces cours sont épuisants et coûtent plutôt cher, mais je pense que c'est nécessaire surtout pour ceux qui veulent réussir au bac", affirme-t-elle
Aloui, 19 ans, candidat au bac section économie et gestion, a toujours eu recours aux cours particuliers en économie, gestion et surtout en mathématiques. Ce qui lui coûte chaque mois la bagatelle de 300 dinars. «C'est la seule possibilité pour un élève moyen qui a des capacités plus ou moins limitées de garantir la réussite au bac . Je choisis un enseignant connu pour sa compétence, car les professeurs du lycée donnent leurs cours dans les limites de ce qui est nécessaire, tout au plus. Du coup, lorsque je prends un cours particulier, cela me permet de mieux comprendre la leçon et faire davantage d'exercices. Certes, je suis obligé de suivre ces cours puisque je cherche un plus que je ne trouve pas en classe, dit-il, ajoutant : Nos professeurs se donnent du mal à nous transmettre la leçon mais il arrive que nous ne sommes pas concentrés et du coup il devient difficile de se rattraper sans avoir recours aux cours supplémentaires. Lors des cours particuliers, je reconnais être beaucoup plus attentif et beaucoup plus concentré ».
Difficultés financières
Quant aux parents, ayant un niveau scolaire plus modeste, ils peuvent aider leurs enfants en les inscrivant à des cours particuliers. D'autres, en revanche, ont des difficultés financières et ne peuvent pas supporter de nouvelles dépenses.
De plus, nombre d'adolescents ont besoin d'aide pour se «débloquer » avant que cela ne devienne un réel handicap dans leur vie scolaire.
Issam, 18 ans, candidat au bac maths, évolue en dents de scie. Le jeune homme dit qu'il obtient toujours des résultats en fonction des efforts qu'il fournit. Certes, il lui arrive de passer par des moments difficiles, par des problèmes et cela se répercute sur les résultats scolaires. «Moi, je suis persuadé que celui qui travaille finit toujours par récolter les fruits de son labeur. Personnellement, je me suis toujours contenté de réussir, je n'ai jamais cherché l'excellence. Je dois dire que plusieurs choses désorientent mon intérêt, les jeux, les copains, la télé, etc. Je suis donc le seul responsable», dit-il navré.
Quant à Amel, elle a abandonné ses études, à cause des cours particuliers qu'elle a été incapable de payer (200d chaque mois). Nombreux sont ceux, comme Amel, qui risquent de voir leur scolarité et leurs rêves brisés à cause des cours particuliers : une expression fort usitée, mais peu comprise, une pratique fort recommandée mais peu contrôlée. De nos jours, l'étendue des cours particuliers s'est élargie d'une manière spectaculaire.
Plus les enseignants multiplient les exercices et les devoirs, plus la bourse des parents se réduit comme peau de chagrin. Ainsi, les cours particuliers rongent le système éducatif. L'étude privée est une industrie gagnante pour de nombreux enseignants, car les 4 séances coûtent en moyenne entre 90 à 200d par élève. La plupart des enseignants affirment qu'ils ont recours à cette source de revenu supplémentaire car leurs salaires sont insuffisants pour faire face à la cherté de la vie .
De leur côté, les parents savent pertinemment que ces enseignants « se sucrent sur leur dos ». Paradoxalement, ils sont conscients que c'est la seule alternative permettant d'augmenter les chances de réussite de leurs enfants aux concours nationaux.
Cette image sombre pourrait certainement changer si les suggestions suivantes étaient prises en considération. Il s'agit de réviser les contenus des programmes, réduire le nombre d'élèves par classe, alléger les programmes et réduire le temps de la séance. La mission de l'école est de lutter contre l'exclusion, la discrimination et de garantir à tous les élèves un traitement égal et un accès au savoir. De ce fait, la réforme du système éducatif a besoin donc de temps et de moyens pour porter ses premiers fruits.


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