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Kairouan : Malgré les circulaires et les décrets, la gabegie règne!
Education — Retour en force des cours particuliers
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 10 - 2017

Les classes qui regroupent les élèves aisés sont convoitées par les enseignants. Pour échapper aux éventuels contrôles et inspections administratifs, beaucoup d'enseignants à Kairouan ont opté depuis deux ans pour la location en commun d'un vaste local pour y enseigner
Tout le monde sait que les cours d'appoint et de soutien ont pour objectif de consolider les prérequis et acquis des élèves et de les enrichir. Or, ce phénomène s'est transformé, dans beaucoup de cas, en un commerce anarchique et lucratif, créant beaucoup de disparités entre les élèves, les riches et les pauvres.
D'ailleurs, au début de chaque année scolaire, beaucoup d'enseignants entrent en conflit ouvert avec d'autres collègues à cause des classes où sont inscrits des élèves issus de familles aisées que tout le monde convoite.
Notons dans ce contexte que les circulaires du ministère de l'Education et le décret du mois de novembre 2015 visant l'organisation des cours particuliers ont contribué à atténuer ce phénomène mais n'ont pas réussi à l'éradiquer.
Rappelons que ces circulaires, qui tentent de moraliser le secteur des cours particuliers, insistent sur le fait que les enseignants sont tenus de formuler des demandes à leur administration avant le démarrage des cours au sein des établissements avec la nécessité de former des groupes dont l'effectif ne dépasse pas les 15 élèves. Donc, ces cours devraient être organisés par le cadre administratif et supervisés par des surveillants ou des agents administratifs. Et les prix varient selon les niveaux. A titre d'exemple, les élèves de 1ère, 2e et 3e année paient 30 DT par mois, ceux de la 4e année secondaire, 35 DT, et au niveau du primaire, les prix varient de 15 à 25 DT.
Les anciennes traditions ont la peau dure!
Cela en théorie mais dans la pratique, les choses se passent tout autrement. A vrai dire, les anciennes traditions perdurent car les autorités n'ont pas les moyens de contrôler le déroulement des cours, s'ils se tiennent dans des locaux privés, dans des garages humides et insalubres ou dans des villas luxueuses. D'où les tarifs exorbitants et excessifs pratiqués par certains enseignants.
Mme Ahlem K., mère de trois lycéens, nous confie dans ce contexte: «Comme mes enfants ont des problèmes dans les matières scientifiques, j'ai choisi de les inscrire auprès de leurs professeurs, qui donnent des cours à domicile. Evidemment, plus le groupe d'élèves est restreint, plus c'est cher. Cela varie de 50 à 150 DT par mois et par élève». Mokhtar H., épicier et père de quatre enfants, renchérit: «Mes deux filles scolarisées au secondaire ont un excellent niveau et n'ont aucune difficulté d'apprentissage. Mais, j'ai été obligé l'année dernière de leur payer des cours hors du cadre réglementaire par peur des représailles de certains professeurs qui ont tendance à être indifférents vis-a-vis des élèves qui s'inscrivent uniquement dans les établissements éducatifs, c'est presque du harcèlement camouflé».
Notons que certains parents aisés choisissent un cours en solo pour leur progéniture plutôt qu'un cours collectif. Et la facture est salée, comme en témoigne Mme Wided B. qui a dû payer, l'année dernière, 200 DT par mois pour les cours de français dispensés à sa fille.
Changement de local pour échapper au contrôle
Et pour échapper aux éventuels contrôles et inspections administratifs, beaucoup d'enseignants à Kairouan ont opté depuis deux ans pour la location en commun d'un vaste local pour y enseigner,, durant les jours de semaine et même la nuit jusqu'à 1 heure du matin, surtout pour les futurs bacheliers.
Naceur B., fonctionnaire et dont les deux garçons sont inscrits au lycée pilote, nous confie dans ce contexte : «Pour que mes enfants réussissent et aient d'excellents résultats j'ai dû payer 200 DT par mois. Et comme leurs professeurs craignaient leurs voisins curieux et qui les guettent avec le «téléphone arabe», ils ont dû changer trois fois de local (de janvier à la mi-mai) pour ne pas attirer l'attention des responsables. Et pour moi, c'était la galère avec ce changement d'adresse et les allers et retours pour les chercher même à 11 heures du soir!». Il va sans dire que beaucoup d'enseignants réfutent ces accusations.
En témoigne M.S., professeur de maths, qui veut garder l'anonymat: «Ce n'est pas toujours les professeurs qui cherchent à tout prix les cours particuliers. Certains parents nous supplient de s'occuper de leurs enfants et ne comprennent pas le fait qu'on soit fatigué et épuisé et qu'on n'ait plus le temps de décompresser».
Trouver des solutions à ce phénomène
Somme toute, si on veut obliger les enseignants à se ranger derrière la loi, il faudrait que les sanctions pénales et disciplinaires soient plus sévères.
Sinon, les contrevenants vont continuer leur commerce lucratif qui porte un préjudice moral et matériel à toutes les familles. Et malgré tout ce que l'on peut dire à propos des cours particuliers à domicile, on ne peut oublier le fait que certains parents, même en étant universitaires, n'ont pas le temps de s'occuper des devoirs de leurs enfants et supplient leurs professeurs de le faire à leur place. De plus, il existe des enseignants désintéressés qui acceptent de donner des cours gratuitement aux élèves nécessiteux.
Enfin, comme l'enseignement public est perturbé, chaque année, par les grèves, les absences des enseignants et la cherté des cours de soutien, l'enseignement privé gagne de plus en plus du terrain.


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