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L'aventure incertaine...
Elections municipales
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 05 - 2018

Même si tout le monde se réjouit de l'adoption du Code des collectivités locales, certains s'inquiètent toutefois de l'applicabilité de ses dispositions. S'il offre de larges prérogatives aux collectivités, le texte aura besoin d'être clarifié, dans beaucoup de cas de figure, par le biais de décrets d'application qui seront promulgués dans la foulée
Avec l'apaisement de la vie politique et la maturité acquise par la société civile, tout le monde a fini par comprendre que la décentralisation, telle que pensée par la Constitution de 2014, ne pouvait survenir, du jour au lendemain, par la simple organisation d'élections locales
Dans l'euphorie de la révolution et de l'occasion historique d'écrire une constitution, et parce que le pouvoir central avait été accusé de tous les maux dont souffrent les régions intérieures, la société civile avait pesé de tout son poids pour que la décentralisation soit inscrite dans la Constitution de 2014. De l'avis même d'observateurs étrangers, le chapitre 7 est assez ambitieux, et tend à donner une liberté très importante aux collectivités locales pour gérer leurs affaires. Avec l'apaisement de la vie politique et la maturité acquise par la société civile, tout le monde a fini par comprendre que la décentralisation, telle que pensée par la Constitution de 2014, ne pouvait pas survenir, du jour au lendemain, par la simple organisation d'élections locales. D'ailleurs, le ministère des Affaires locales et de l'Environnement a mis en place un plan de mise en œuvre de la décentralisation qui s'étend sur 27 ans. Il s'agit de trois phases de 9 ans chacune, avec des évaluations périodiques. Autant dire que l'adoption du Code des collectivités locales et la tenue, le 6 mai prochain, des premières élections municipales libres et indépendantes ne sont en fait que les toutes premières pierres d'un édifice dont la solidité dépend à la fois de l'engagement des parties prenantes et des ressources financières dont disposerons les collectivités locales.
Même si tout le monde se réjouit de l'adoption du Code des collectivités locales, certains s'inquiètent toutefois de " l'applicabilité" de ses dispositions. S'il offre de larges prérogatives aux collectivités, le texte aura besoin d'être clarifié, dans beaucoup de cas de figure, par le biais de décrets d'application qui seront promulgués dans la foulée. Contrairement au code, auquel ont ostensiblement contribué les organisations de la société civile à l'instar de l'Atide, Kolna Tounès, etc., les décrets n'ont fait l'objet d'aucune consultation. Pourtant, ce sont eux qui vont clairement définir les contours de la "libre administration" concédée aux collectivités locales (aux municipalités pour l'instant). A sa guise, l'Etat peut ouvrir le robinet de la liberté au débit qu'il souhaite. Les organisations de la société civile craignent aujourd'hui que ces décrets ne soient que le fruit d'un travail de bureaucrates centralistes peu enclin à la délégation du pouvoir. Dans les conversations, certains accusent même l'exécutif de vouloir faire du sur mesure, en attendant que les résultats des élections municipales soient proclamés.
Mais au-delà des aspects de politique politicienne, le gouvernement est frileux lui aussi. Hormis dans quelques municipalités connues, les élus et les fonctionnaires de la majorité des communes ne sont pas du tout préparé à ce qui ressemble à une aventure. Dans la commune de Kasserine, pour ne citer qu'elle, la masse salariale à elle seule représente 120% du budget. Or, le CCL stipule que les dépenses de gestions ne devront pas excéder 50%. Il serait dès lors suicidaire de dire aux communes : "Débrouillez-vous". "La loi ne change pas la réalité", a, d'ailleurs martelé le ministre des Affaires locales et de l'Environnemenet, Riadh Mouakher.
Un président de l'une des associations qui défendent la décentralisation confie : "Nous nous sommes jeté du haut d'une falaise avec ce projet de décentralisation, on peut réussir comme on peut complètement échouer. En tout cas, c'est la dernière chance".
Sept ans après la chute de la dictature, les Tunisiens n'ont pas encore vu se réaliser les promesses d'une vie meilleure. Aujourd'hui, avec ces élections municipales, les acteurs politiques (politiques, société civile et médias) promettent aux citoyens une démocratie de proximité capable de répondre directement à leurs préoccupations au quotidien. Si ces promesses ne sont pas tenues, c'est tout l'édifice démocratique bâti dans la douleur et le sang, qui sera ébranlé.


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