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Femmes de mon pays
Centième anniversaire de la Journée internationale de la femme
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 03 - 2011

C'est un rituel, bien sûr, que la commémoration de la Journée internationale de la femme. Il n'empêche toutefois qu'il se doit d'être systématiquement célébré, tant le besoin est toujours pressant d'en ancrer la pédagogie dans des esprits encore passablement rétifs à l'idée d'égalité entre les sexes. Et pas seulement chez nous, quand on voit que dans la majorité écrasante des sociétés dites avancées, les femmes en sont encore à revendiquer la parité dans la gestion des affaires publiques, l'égalité de traitement dans les activités professionnelles, etc. En Tunisie, cependant, la célébration de l'événement, en ce 8 mars 2011, revêt une importance toute particulière parce qu'elle se situe à un tournant majeur de l'histoire du pays, un moment dont il ne se présente guère plus d'un par siècle, et encore. Fêter la femme, chez nous, c'est glorifier une épopée consubstantielle d'une nation trois fois millénaire. Car, au commencement était une femme, une princesse qui, après l'accomplissement de l'acte fondateur de cette nation, a fait le sacrifice de sa personne pour la pérennité de son oeuvre, et, à l'arrivée, une autre femme, une mère qui fait don de son fils pour la résurrection de son peuple. Et, entre les deux, d'autres femmes étaient là pour baliser la voie à une communauté constamment questionnée par l'Histoire aux croisements du Destin.
Pour quoi donc la commémoration du 8 mars, cette année, est-elle particulièrement importante ? C'est parce qu'elle intervient dans un contexte politique et social profondément bouleversé. Une Révolution, ce n'est pas rien. Qui plus est, une révolution à laquelle la femme a participé de bout en bout. Un événement qui va marquer le destin de notre peuple pour des générations. Etant donné son rôle et sa place dans notre identité, la femme se doit de contribuer avec force à la définition de ce destin en veillant à y tenir le rang qui a toujours été le sien et à déjouer tous les traquenards que certains ne manqueront pas d'ourdir en «agitant le drapeau rouge –et blanc- pour combattre le drapeau rouge –et blanc-», comme dirait un certain, c'est-à-dire en revisitant ses rôle et place pour leur «restituer»  leur «noblesse» de mère et d'épouse ! Pour instruire les distraits et raffermir la foi des fidèles, voici un retour en cinq temps sur l'épopée que nous évoquons plus haut.
Au commencement était une femme
Il s'agit, bien entendu, de la Reine Alysha, dite Elyssa ou encore Didon. La concernant, on ne saurait distinguer la légende de l'Histoire. Mais peu importe, on va faire nôtre la sagesse populaire qui veut qu'il n'y a pas de fumée sans feu et que si tout le merveilleux qui accompagne sa légende n'est que fioritures, il n'en demeure pas moins certain qu'elle a eu une existence historique attestée par l'existence réelle des protagonistes de son aventure vers 814 avant J.C., à son départ de Tyr. Mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans le fait que la mémoire collective a retenu que c'est bien une femme qui a posé la première pierre d'un édifice qui allait devenir l'Etat tunisien, le plus ancien du bassin occidental de la Méditerranée et qui, en dépit des vicissitudes de l'Histoire, s'est perpétué jusqu'à nos jours. Ce n'est pas tous les jours et partout qu'il en est ainsi.
Comment nous comportons-nous avec cet héritage ? Par l'indifférence ! A part une allusion dans les manuels d'histoire vite enterrée sous une avalanche de dates et d'évènements (qui ne sont pas nécessairement plus importants), aucun repère matériel pour entretenir ce souvenir. Ailleurs, on lui aurait dédié des monuments, des appellations d'espaces publics, des événements commémoratifs. Ici, rien du tout. Pour autant, son souvenir ne s'est pas évaporé avec la fumée du bûcher dans lequel elle a préféré s'immoler (préfigurant, à trois mille ans de distance, le sacrifice de Mohamed Bouazizi) plutôt que de se soumettre au diktat d'un potentat local (Herbias, pour ne pas le nommer).
Dihya Tebtet Tifân
C'est à dessein que nous la désignons par son «appellation d'origine». Les Tunisiens lui préfèrent le sobriquet presque infamant de «Kahéna» que lui ont collé ses détracteurs de l'époque –et c'était alors de bonne guerre, puisqu'il s'agit bel et bien d'une guerre entre eux et notre personnage. Certains continuent de nos jours encore à la dépeindre sous les traits d'une sorcière berbère convertie au judaïsme et pratiquant la politique de la terre brûlée pour stopper la progression d'un Islam triomphant en terre africaine. C'est aller un peu vite en besogne.
Rappelons-nous. Vers l'an 649 (certains disent 647), les fameux sept Abdallah, venant de Tripolitaine à la tête de plusieurs milliers de cavaliers, effectuent la première incursion islamique en terre d'Afrique. Que font-ils ? Ils se dirigent vers Sufetula (aujourd'hui Sbeitla), alors capitale de l'Africa (ce que beaucoup ignorent) sous le règne d'un officier byzantin, le patrice Grégoire, en rupture de ban avec Constantinople, attaquent la ville par surprise, l'occupent, la pillent, tuent le patrice, enlèvent sa fille et s'en retournent d'où ils sont venus à la tête d'une impressionnante caravane de dromadaires chargés d'or. Remettons-nous dans le contexte de l'époque : quelle impression peut bien laisser une telle action ? Il ne faudra pas moins d'une trentaine d'années pour que les conquérants arabes soient de retour, en 670, sous la conduite d'Okba Ibn Nafii. Celui-ci se montrera très dur -très injuste aussi, disent les chroniqueurs de l'époque- avec les Berbères, ce qui lui vaudra son rappel en Orient par le calife Mouaouiya, fondateur de la dynastie omeyyade. Entre temps, les Berbères, toujours en quête d'indépendance à l'égard des différents occupants, se sont unifiés sous la houlette de Dihya et se sont mis à édifier un Etat sous sa direction. C'est dans ce contexte que s'effectuent plusieurs incursions arabes en territoire africain. Et c'est avec le souvenir de l'expédition des sept Abdallah qui est fort éloigné de l'image d'Epinal de la «conquête des cœurs» célébrée jusqu'à nos jours par les hagiographes arabes que la «Kahéna» va devoir affronter plusieurs vagues d'invasion au cours desquelles elle va pratiquer la politique de la terre brûlée. La plus grande et la plus décisive de ces batailles fut celle qui l'opposa en plusieurs campagnes au chef militaire Hassan Ibn Noômane vers 703. Auparavant, elle aura fait de nombreux prisonniers parmi les guerriers arabes qu'elle aura relâchés sauf un du nom de Khaled Ibn Yazid, qu'elle adopta et en fit un frère de lait de ses propres enfants. Pendant les cinq ans que dura une retraite en Tripolitaine de Hassan Ibn Noômane à la suite d'une défaite, Khaled espionna la Kahéna au profit de son chef. Lorsque celui-ci était, plus tard, sur le point d'emporter la partie, sa «mère» s'est dépêchée de lui renvoyer le prisonnier en compagnie de ses frères d'adoption. Ce faisant, elle savait parfaitement que non seulement elle épargnait la vie de sa progéniture, mais aussi que, dans le même mouvement, elle préparait le ralliement des Berbères aux descendants de leur souveraine, entretemps convertis à la nouvelle religion, ce qui entraîna des conversions en masse parmi la population autochtone. Ainsi, non seulement la Kahéna aura évité aux protagonistes de véritables bains de sang après elle, mais, d'une certaine manière, elle aura favorisé l'adhésion des Berbères à l'Islam bien mieux que n'importe quel conquérant, forcément brutal et destructeur.
Cette lecture en fera tressaillir plus d'un ; mais telle est la vérité qu'on nous a cachée et qu'on continue de cacher lors même qu'avec le temps (un millénaire et demi !) on devrait pouvoir être plus serein que les chroniqueurs et historiographes impliqués dans une véritable falsification de l'histoire, plus juste aussi. Alors, célébrer la «Kahéna» comme étant une véritable conquérante de la foi islamique ? Peut-être pas. Mais certainement comme une résistante qui s'est opposée avec la force de la foi patriotique à l'invasion d'une puissance étrangère venue imposer son mode de vie, sa langue et sa religion, prélevant une taxe sur la pratique des croyances ancestrales et prélevant de vastes domaines pour les octroyer aux nouveaux venus. C'est à travers cette grille de lecture qu'il faut revisiter les évènements de cette fin du VII° siècle, si l'on veut comprendre quelque chose à la conduite de la «Kahéna» si injustement dépeinte.
Alors, si, à défaut de monuments et de plaques on pouvait seulement réhabiliter le souvenir de cette grande patriote…
Aroua
C'est certainement la seule Tunisienne à être célébrée par son seul prénom. C'est qu'un acte majeur, un acte de mariage, pour tout dire, est étroitement associé à son prénom : le fameux «contrat kairouanais». De quoi s'agit-il ?
Au début du VIII° s, une lutte acharnée pour le pouvoir opposait les Omeyyades, détenteurs du califat installé à Damas à des rivaux qui, par la suite, s'érigeront, à Bagdad, en dynastie, celle des  abbassides. Vers l'an 762, le prétendant abbasside au califat, Abou Jaafar Mansour, poursuivi par les agents du pouvoir de Damas, vint en Ifriqiya chercher refuge auprès du beau-père d'un cousin à lui qui était décédé laissant derrière lui une veuve appelée Aroua. Celle-ci, fille d'un notable arabe marié à une Berbère, était d'une grande beauté et dotée d'une intelligence remarquable. Subjugué par la classe de son hôtesse, Al-Mansour demanda sa main au père. Lorsque celui-ci s'en ouvrit à sa fille, elle opposa à cette demande une condition rédhibitoire : que le prétendant s'engage dans le contrat de mariage à ne jamais prendre une autre épouse ni une maîtresse ; dans le cas contraire, elle s'autorisait à demander le divorce et des dédommagements. Ce que le futur deuxième calife abbasside s'engagea à respecter. Ainsi est né le fameux «contrat kairouanais» qui, par la suite, eut cours tant à Kairouan qu'à bien d'autres endroits en terre d'Islam.
Parmi la descendance d'Aroua, sa petite fille Zoubeida, qui fut l'épouse du grand Haroun Errachid,  ainsi que son fils Mahdi, qui monta sur le trône du califat. Pour avoir été l'ancêtre de toute la lignée venue après Errachid (y compris al-Amîne et al-Ma'moûn), Aroua a été surnommée «la mère des califes». Un titre de gloire s'il en fut mais qui n'éclipsera pas la brèche que cette digne descendante de ses aïeux berbères a ouverte dans la législation pour fonder dans la charî'a, douze siècles plus tard, la monogamie proclamée par le Code du statut personnel tunisien.
Essayida
Elle est bien la seule à pouvoir se contenter d'être appelée la Dame. En toute simplicité. Et cela a suffi pour la désigner à l'attention des Tunisiens de tous âges, de toute confession et de tous les temps. Aïcha bent Abi Moussa, de la Mannouba, dans le voisinage de la capitale, ce qui lui vaudra, par la suite d'être appelée aussi al-Mannoubiyya. Elle a vu le jour vers le début du XIII° s, sous la dynastie hafcide. La chronique en dit que, «ni courtisane, ni nourrice, ni princesse influente mais une fille du peuple particulièrement intelligente qui a voulu avoir accès à la liberté et au savoir», elle apprit dans sa tendre enfance les 60 chapitres du Coran puis, rapidement, elle se mit à l'école des grands mystiques de son temps, Aboul Haçan al-Chadly et Abou Saïd el-Bégi. Tout aussi rapidement, elle se distingua par son indépendance et son anticonformisme au point de se mêler, visage découvert, aux assemblées masculines pour des débats théologiques au cours desquels elle démontra une supériorité qui lui valut le respect de ses contemporains, gouvernants compris. Reconnue comme «pôle» -qotb-des sciences divines, elle utilisa son rayonnement pour aider les plus démunis, dépensant au profit des femmes indigentes les ressources qu'elle tirait de son labeur lorsqu'elle ne s'isolait pas dans quelque retraite pour de saintes lectures ou la contemplation.
On rapporte beaucoup de ses actes dont certains frisent la légende. Celui-ci doit être pris pour ce qu'il est, c'est-à-dire sinon un fait historique, du moins un condensé de son enseignement. On dit qu'un jour on la vit se promener avec un seau d'eau à une main et un braséro (canoûn) dans l'autre. On lui demanda : «où vas-tu ainsi, Sayida ?» Elle répondit : «avec l'eau, je vais éteindre l'enfer et le feu brûler le paradis afin que nul n'adore Dieu par peur de l'enfer ou par convoitise du paradis, mais juste par amour de Sa face !»
Plus que jamais, cette figure doit nous inspirer sur tous les plans :social, économique et spirituel et être présente dans nos esprits à chaque instant.
Aziza Othmana
De toutes les grandes figures qui illuminent notre passé, celle-ci est assurément la plus présente dans notre mémoire. Et pour cause : un grand hôpital de la capitale en porte le nom et ce n'est que justice trop partielle.
La dame s'efface derrière ses œuvres et cela sied aux grandes âmes. En effet, on ne connaît que confusément sa date de naissance (au début du XVII° s), son ascendance réelle (est-elle la fille ou la petite fille d'Othmane Dey ?) Fut-elle mariée à Youcef Dey ou à Hammouda Bacha, fondateur de la dynastie mouradite ? Seule certitude : la date de sa mort (en 1660) et, bien entendu, la liste de ses œuvres consignées dans les actes de ses diverses donations en biens inaliénables (h'bouss) au profit des orphelins, des nécessiteux, des malades mentaux, des prisonniers musulmans de la course à racheter et même…des chats errants de son quartier !
En effet, cette princesse, élevée dans le savoir et la piété, a hérité de ses grands parents d'une immense fortune. Vers la quarantaine, elle entreprit un voyage –alors périlleux- vers la Mecque où elle accomplit ses obligations de fidèle nantie. A son retour à Tunis, elle se mit en devoir d'affranchir ses gens de maison, des esclaves qu'elle avait hérités de sa famille. Puis elle entreprit de répartir une fortune considérable (pour l'essentiel des domaines agricoles dont le très fameux Henchir Echaâl, dans le voisinage de Sfax). Elle les aliéna en biens h'bouss grâce à une loi depuis peu proclamée qui instituait les fondations de ce genre au profit des œuvres pieuses ou de bienfaisance et qui a malheureusement été abolie juste après l'indépendance.
Pour illustrer l'intelligence et le haut degré de culture de cette dame, on évoque toujours l'exemple  de l'hôpital Bimirstân el-Azzafîne où, sur ses instructions, on recourait à une thérapie basée sur la musique pour soigner les malades mentaux !
Fervente adepte de la voie soufie, elle témoignait une grande vénération pour Sidi Ben Arous. Elle avait demandé qu'à sa mort elle soit enterrée non loin de son maître.
Oui, mais les pratiques de l'époque proscrivaient l'inhumation des femmes dans les mêmes enclos que les hommes. Aussi la princesse acquit-elle une demeure au mur mitoyen à celui de son saint patron. Rien qu'une mince cloison séparait la disciple de son vénéré patron. Dans les années 80 on abattit cette cloison, réunissant enfin les deux âmes. Elle demanda aussi qu'une fleur fût déposée sur sa tombe tous les jeudi soir. Ce qui fut fait pendant des siècles et interrompu après l'indépendance.
Décidément ! Alors, si vous passez par la rue Sidi Ben Arous, à Tunis, et que, par hasard, vous vous tenez une fleur à la main… 


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