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Pour qui roule-t-il ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 05 - 2011

L'intrusion musclée par un groupe de policiers dans les locaux du siège du journal La Presse, à la poursuite de journalistes, était si inattendue qu'elle a causé la consternation parmi l'ensemble du personnel de l'entreprise. On se croyait immunisés contre ce genre de dérapages, mais, visiblement, on n'en a pas encore fini avec les dérives et les abus de toutes sortes et de toutes parts dans un pays qui cherche toujours sa voie, après s'être débarrassé d'une dictature mafieuse qui l'a mis en coupe réglée pendant plus de deux décennies.
Les excuses du ministère de l'Intérieur sont bienvenues. Toutefois, elles n'auront leur pleine signification que si l'enquête promise est menée jusqu'au bout et si les responsables de cette grave attaque contre les journalistes et contre la liberté de la presse sont traités conformément aux lois en vigueur.
A La Presse, nous n'étions pas les seules victimes en ce vendredi 6 mai. Beaucoup de commerçants et de nombreux citoyens ont été pris par surprise et ont souffert de la flambée de violence provoquée par les propos irresponsables d'un ancien haut responsable. Les propos de M. Farhat Rajhi, diffusés sur «Facebook», étaient d'autant plus consternants qu'ils venaient d'un homme qui a exercé successivement les fonctions de juge et de ministre de l'Intérieur et, par conséquent, il ne pouvait ignorer les implications judiciaires et sécuritaires d'accusations à la fois très graves et dénuées du moindre commencement de preuve.
L'âge, l'expérience et les hautes fonctions exercées dans les domaines de la justice et de la sécurité font que M. Rajhi ne pouvait pas ne pas savoir que les accusations gratuites portées contre l'armée nationale et la claire tentative d'exacerber les tensions régionales engendreraient de graves troubles à l'ordre public, ce qu'elles n'ont pas manqué de faire.
Alors que l'armée nationale tente héroïquement de nous protéger de l'anarchie que les milices kadhafistes veulent exporter sur le sol tunisien, la voilà accusée de préparer un coup d'Etat à l'algérienne dans le cas où «Ennahdha» remporterait l'élection de l'Assemblée constituante !
Et à un moment où le pays tente de panser les plaies du régionalisme, laissées béantes par le régime dictatorial déchu, voici l'ancien juge et ancien ministre de l'Intérieur qui nous sort la chanson «des Sahéliens qui ne veulent pas lâcher le pouvoir et qui se préparent à acheter les élections pour le garder». Et, pour appuyer son «scoop», M. Rajhi nous sort la sonnette du «gouvernement de l'ombre» que dirigerait le Sahélien Kamal Letaïef, un homme d'affaires qui a longtemps souffert des persécutions du régime de Ben Ali et des coups bas de sa femme.
Sachant pertinemment que la situation sécuritaire volatile dans le pays ne pouvait supporter de telles accusations, M. Farhat Rajhi les a pourtant faites face à deux ou trois caméras qui le filmaient de face et de profil et s'est mis, volontairement ou non, du côté de ceux qui n'ont pas intérêt à ce que le pays retrouve le calme et la sécurité si indispensables à la reprise économique. La preuve est qu'il a adopté leur tactique consistant à lancer les rumeurs les plus folles et à jeter de l'huile sur le feu.
On ne sait pour qui roule Farhat Rajhi, et on ne se permet pas ici d'adopter sa tactique des accusations sans preuves pour dire qu'il roule pour tel parti ou telle partie. En revanche, ce que l'on sait, c'est que M. Rajhi est un homme aigri qui n'a pas encore digéré son écartement du poste de ministre de l'Intérieur. Son aigreur est lisible et visible à travers son insistance sur le fait qu'il n'a pas démissionné, mais qu'il a été démis de ses fonctions.
En fait, il n'aurait jamais dû être nommé à la plus importante fonction sécuritaire au moment le plus délicat de l'histoire du pays. Il ne pouvait même pas protéger son portable et son manteau, comment pouvait-il alors assurer la sécurité que les Tunisiens appelaient de tous leurs vœux ?! M. Rajhi est un homme sympathique, un bon père de famille sans doute, mais c'est un piètre politicien. Et à l'heure qu'il est, nous avons besoin de bons politiciens qui se sacrifient pour l'intérêt du pays et non d'hommes sympathiques dont le seul mérite est d'être appréciés des «Facebookers».
S'il s'avère que les propos de M. Rajhi sont dictés par l'aigreur et par le désir peu avouable de perturber l'action du gouvernement de M. Béji Caïd Essebsi, il aura alors dilapidé son capital de sympathie et mérité amplement les blâmes qui lui étaient adressés par de larges franges du public, sans parler des condamnations unanimes et sans appel de la classe politique, toutes tendances confondues.
Les excuses présentées par M. Rajhi sont une piètre réponse comparée à l'ampleur des dégâts causés par ses propos. Il y a des lois qui punissent les pyromanes qui sont jugés même s'ils présentent leurs excuses aux victimes des incendies qu'ils ont déclenchés. Il y a aussi des lois qui punissent les atteintes à l'ordre public et les fauteurs de troubles, même s'ils présentent leurs excuses aux victimes des violences physiques ou morales déclenchées par leurs propos irresponsables.


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