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L'autre façon de gouverner
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 06 - 2011


Par Mohamed Salah SOUISSI *
Avant de chercher à gouverner les autres, tout gouverneur doit commencer par se gouverner soi-même. Il doit ensuite être capable de considérer les autres en tant que personnes qui peuvent aussi gouverner et se gouverner eux-mêmes. Le gouverneur devient alors un simple organisateur ou alors un gestionnaire qui ne peut prétendre à aucun pouvoir, à part celui qu'on lui accorde ou qu'on lui demande ou qu'il est sensé détenir impérativement, à savoir le pouvoir de donner et de partager le pouvoir.
Gouverner commence donc par gouverner soi même ou plutôt par se maîtriser. Pour cela, il faut d'abord se connaître : connaître ses origines, ses conditions, sa mission, ses ambitions et les moyens qu'on peut avoir à sa disposition pour prendre la bonne direction, aboutir et réussir. Essayons de décortiquer tout cela et de l'éclaircir.
Connaître son origine c'est la première condition à remplir. Il ne s'agit pas d'avoir le moindre doute sur le sujet, à moins de l'ignorer totalement pour le dépasser et ne pas en faire un éternel interrogatoire. Notre origine est tellement simple quand on veut la simplifier et s'en accommoder. Elle se résume en une combinaison d'éléments complexes ayant des relations complexes et des caractéristiques génétiques, structurales et énergétiques qui se manifestent durant un certain temps, entre autre, sous la forme de ce que nous définissons un humain. Point, à la ligne… ! Et si on n'est pas convaincu, admettons ce que nous ne pouvons pas contester : que nous sommes tous des humains, que nous avons les mêmes origines et que par conséquent il n'y a pas lieu de faire des distinctions sur ce plan, et avançons.
Quand à nos conditions, ce que nous en savons, c'est ce que nous pouvons percevoir à travers nos divers sens, nos connaissances, notre mémoire, notre imagination, notre intelligence, nos sentiments, nos envies et nos émotions.
Nos sens sont au nombre de cinq, parfois on a l'impression d'en avoir un sixième qu'il convient d'apprécier uniquement à sa juste valeur, et tant qu'il ne gêne personne. Ils sont là pour nous renseigner, pour nous avertir et pour nous faire vibrer. Nos connaissances sont toutes les informations que nos neurones enregistrent pour constituer une banque de données les plus infinies à propos de ce qui nous entoure. Notre mémoire est la faculté de notre cerveau à imprimer plus ou moins longtemps ces informations et toutes leurs combinaisons. Notre imagination nous transporte dans les suppositions les plus diverses que peuvent devenir ces informations et leurs enchevêtrements dans le réel comme dans l'irréel. Notre intelligence nous permet d'intégrer nos connaissances, notre mémoire et notre imagination pour construire à chaque instant un jugement global des diverses situations. Nos sentiments sont les réactions primaires et primitives et les expressions simultanées de notre corps face aux sollicitations multiples que lui procure son environnement. Nos envies sont la recherche ininterrompue de satisfaire nos besoins. Quant à nos émotions, elles représentent la combinaison, la synthèse et la fermentation de nos perceptions, impressions et réflexions.
A travers toutes ces composantes faites d'informations différentes, nous définissons nos conditions qui s'avèrent ainsi multiples et parfois très distantes voire inconciliables. Tout cela à cause de l'impact très important et des influences que l'histoire, l'héritage, les us, les coutumes, une certaine éducation et les préjugés, ont sur notre patrimoine génétique, sur ses programmes et sur notre personne.
Nous subissons ainsi des informations que nous transformons en d'autres. Au passage, de la matière s'est transformée en énergie qui s'est transformée en information qui se transforme en matière, et ainsi de suite, et continuellement. De la même manière se transforment les hommes en d'autres, et de cette façon on comprend aisément que les gouverneurs qui se respectent, ou les responsables, ne peuvent en aucun cas se distinguer ou distinguer les uns des autres.
La mission du gouverneur n'est autre que celle de garantir à chacun le droit à une vie décente et à toutes les chances de s'épanouir. Il doit pouvoir assurer à ses administrés leurs besoins vitaux essentiels, mais aussi l'éducation, la formation une activité et une responsabilité sociale convenable et honorable,
Les ambitions d'un gouvernant ne devant pas dépasser son entière disponibilité à servir ses prochains, son entourage et son environnement pour le bien être de la collectivité dont on lui a confié la charge. Aucune ambition personnelle ne doit prévaloir et ne doit l'occuper avant d'avoir l'assurance totale d'avoir entièrement réussi sa mission.
Les moyens auxquels peut prétendre le gouvernant pour accomplir sa tâche sont uniquement d'ordre moral. Ils ne peuvent être autres que la confiance totale et le soutien sans équivoque de ceux qui l'ont choisi pour les diriger. Il ne peut que les représenter et traduire leurs opinions et leurs volontés par la concertation et la conciliation en l'absence de tout calcul pour tout intérêt particulier. Il ne lui est pas permis d'utiliser, ni la force physique, ni les armes ni d'autres moyens matériels pour s'imposer, à part son intégrité et son intelligence.
Ainsi, tout devient clair comme de l'eau de roche. Gouverner revient alors à rassembler les différences, les réunir sous le même toit, leur offrir les mêmes chances d'accès à l'énergie, à la matière et à l'information sans aucune restriction. Gouverner devient s'autogérer au sein d'un groupe d'individus qui s'autogouvernent, qui se fixent leurs propres règles, leurs responsabilités et leurs libertés, leurs limites, leurs devoirs avant leurs avoirs. Des personnes qui s'organisent uniquement pour donner, et pour se consacrer au devenir de l'espèce des hommes à travers les temps et les espaces.
Gouverner sans en connaître la portée, la dimension et la mesure ne peut être qu'une illusion et ne peut aboutir qu'à un désastre. Gouverner sans pouvoir se regarder et se maîtriser, c'est reconnaître sa faiblesse et sa défaillance et son incapacité à gérer. Vaut mieux donc dans ce cas s'abstenir, renoncer à l'aventure et se constituer prisonnier de son ignorance.
Voici résumés les grands principes de gouvernance sur lesquels on peut bâtir une société juste et équilibrée. L'organisation d'une telle société devient très aisée à partir du moment où chacun participe, partage, respecte et aime sa condition comme celle des autres humains qui lui ressemblent. A partir du moment où tous les dirigeants commencent à être tout simplement honnêtes.


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