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Théâtre et pouvoir
15e session du Festival international du théâtre universitaire de Monastir
Publié dans La Presse de Tunisie le 07 - 09 - 2011

La 15e session du Festival international du théâtre universitaire de Monastir a démarré lundi dernier, proposant un programme alliant plus d'une activité. Trois expositions aux thèmes différents ont ouvert le festival. La première, de photos, retrace le parcours de ce festival depuis 1991 jusqu'à 2009, avec de nombreuses affiches de pièces de théâtre produites par le centre culturel et universitaire de Monastir dont «Yizzi mil laâb» (arrête de jouer) et «M'nama» (un rêve), qui ont marqué la 8e et la 9e sessions de la manifestation.
Quant à la seconde exposition, elle s'est centrée plutôt sur le thème du «corps dans le théâtre tunisien», alors que la troisième a été consacrée aux thèses et mémoires sur le théâtre tunisien, menés par des étudiants de l'Institut des arts dramatiques de Tunis. Citons-en «les objectifs éducatifs des arts de théâtre», de Monji Ben Hafsia et «l'image dans les jeux de l'enfant», de Naïma El Jeni.
La seconde partie de la journée de lundi, abritée par le Palais des Sciences, a été consacrée au colloque ayant pour thème «le théâtre au cœur des changements et mutations vécus par le monde arabe». Ce colloque qui s'est étalé sur deux jours (hier et avant-hier), a enregistré la présence de plusieurs enseignants et autres professionnels du métier, tunisiens, bien sûr, égyptiens, irakiens et français, également.
Présidé par Fathi Labben, le colloque a été axé sur l'apport du théâtre contemporain dans les révolutions que connaît le monde arabe. Partant de cet angle, l'intervention du Pr Mohamed Mediouni (un des fondateurs du théâtre universitaire en Tunisie) a porté sur l'avenir du théâtre tunisien et arabe, ainsi que sur sa contribution dans l'éveil des esprits et sur l'aide qu'il a apportée à la société pour qu'elle se débarrasse du discours figé, de la langue de bois et des expressions toutes faites. Dans cette intervention, portant le titre «le théâtre : hier, aujourd'hui et demain», Mediouni a proposé de nouvelles conceptions d'un théâtre novateur en Tunisie et dans le monde arabe. En se référant à l'expérience tunisienne, depuis la création de l'école «khaldounia» au XIXe siècle, et au rôle important des associations et des formateurs, il a insisté sur l'importance de prendre l'initiative pour pouvoir changer la réalité. «Le théâtre a appelé depuis toujours à la révolution, il invite constamment l'homme à participer dans la vie active et ce, dans tous les domaines, d'autant qu'il est basé essentiellement sur la citoyenneté», a-t-il notamment dit.
L'intervention du professeur Ahmed Charji de l'Irak, intitulée «Le théâtre et le pouvoir» a porté, dans un premier axe, sur l'histoire du théâtre irakien avant et pendant l'ère Saddam Husseïn, et la souffrance du peuple irakien, relevant l'attitude de certains artistes et créateurs refusant la réalité dans les productions artistiques. Dans la seconde partie de sa communication, Charji a lancé un appel aux artistes à réagir et à se révolter contre toute pression, ou oppression, que ceux qui détiennent le pouvoir voudraient exercer sur les intellectuels et les artistes.
Dans son intervention, «l'apport d'une formation aux arts de la scène», l'écrivain, poète, acteur et penseur français Michel Nebenzahl a évoqué les volets économiques, psychologiques et éducatifs dans l'art.
«Le travail artistique se base sur l'émotion, le jeu du corps et les cinq sens, ainsi que sur le rapport à l'autre, aux choses, à la coexistence, à l'environnement….», a-t-il relevé, tout en signalant que toute communication est un apprentissage réciproque qui dévoile le sens de l'humanité. Le théâtre, par exemple, a essentiellement pour rôle d'inventer la démocratie et d'aborder par la suite la relation avec l'autre (dont l'enfant), avec l'éducation, le travail, l'entreprise…. «La culture, c'est la base d'accès à la création collective, et le peuple est cosmopolitique», a également signalé le philosophe.
En ce qui concerne la dernière intervention, concise, du Pr Mahmoud Mejri, elle s'est centrée sur les concepts du théâtre et de l'espace médiatique, c'est-à-dire, l'image de soi et de l'autre chez l'homme de théâtre tunisien. Il a abordé aussi le problème du choix du lexique et du discours populiste et non artistique qu'utilise, parfois, l'homme de théatre tunisien. Il se demande ainsi pourquoi après la révolution du 14 janvier, on ne nous offre plus d'angoisse de soi dans la création artistique, mais on nous parle immanquablement de l'Autre, tout en usant d'un lexique spécifique (vol, justice, détournement de fonds…), et ce, pour se faire une identité, pour s'affirmer dans la société.
La première partie du colloque a été clôturée par un débat qui a porté essentiellement sur la mission de l'homme de théâtre en général, la censure, la création artistique et sur l'éternelle interrogation : produit-on l'art pour l'art ou bien faut-il que toute création soit porteuse d'un message, d'une mission?
La soirée de la première journée du festival a été consacrée à une pièce intitulée «le prix de la liberté», produite par le centre culturel universitaire de Monastir, suivie d'un spectacle du folklore tunisien, avec la troupe de "Issaouia" de Jemmal.


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