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Rêve d'une riviera tuniso-libyenne
Autrement dit ... par Bady Ben Naceur
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 09 - 2011

Ce n'est pas le moment de rêver, me dira-t-on. L'heure est grave, à l'approche des élections du 23 octobre, surtout que de nouvelles turbulences réapparaissant dans notre pays, liées, celles-là, à celles qui se passent chez nos frères libyens où le monstre Gueddafi tue encore.
Ce n'est pas le moment de rêver, je dirai: tout seul. Car la révolution tunisienne rêvait toute seule jusque-là. Et même si la société tunisienne s'en sortira à bon compte (d'aboutir à un Etat démocratique), il faudra tenir compte, nous, de notre voisin de palier qui, comme nous, a été privé aussi des libertés les plus élémentaires, depuis plus de quarante ans.
Ce n'est pas le moment de rêver et, pourtant, la plupart des politiciens que j'ai entendus jusque-là rêvent, chacun selon ses idées, d'une Tunisie enfin libre et démocratique après des années de dictature et de misère insoutenables. Pourtant, je n'ai jamais entendu quelqu'un parler de fédéralisme avec la Libye, afin de pouvoir rêver ensemble, sans le côté étriqué des frontières ou d'un certain conservatisme arrogant d'une certaine sphère (chez nous) qui cherche à la fois le beurre et son argent.
Mon propos du jour—ce que dit bien le titre—est de rêver d'une riviera tuniso-libyenne qui serait en elle-même un véritable projet de nos sociétés communes, même à travers les aspects les plus contradictoires (ou antagonistes) qui règnent entre elles. Pourtant, tous ces jeunes révolutionnaires tunisiens et libyens, qui se fédèrent déjà, rêvent maintenant, ensemble, de s'unir et de construire leur destinée commune pour le meilleur et non pas le pire. Ils ont à leur avantage d'être jeunes, c'est-à-dire des êtres sains d'esprit et de corps, pleins d'énergie et qui veulent tourner la page, définitivement, sur le passé peu glorieux de leurs aînés.  Le rêve et l'utopie sont leurs seules armes pour combattre la bêtise et rendre la vie meilleure, plus sensible aux êtres et aux choses qui les entourent. Des armes chargées de futur. Des outils pour déconstruire ce qui n'est pas bon pour eux, et construire enfin, librement, et démocratiquement, leur destin.
Rêver se décline et se lit dans les deux sens : rêver le futur, rêver le passé mais plus intelligemment qu'on ne l'a fait jusque-là.
- Rêver le futur qui n'a pas de nom, c'est rêver aux choses imprévisibles, mais que le domaine de la prospective, avec sa science de plus en plus avancée, leur permettrait de devenir de vrais bâtisseurs de l'imaginaire.
- Rêver le passé, à partir de cette terre antique qui leur est commune. Terre ouverte, magnifique, contrastée. La Tunisie «grenier à blé», verdoyante et ocrée, à travers ses ergs, ses oasis et ses dunes de sable, ses côtes pittoresques pourléchées par les vagues de la Méditerannée. Et idem pour les grandes étendues libyennes, ses côtes encore sauvages (heureusement), ses gisements de pétrole, le plateau du Fezzan, le désert splendide aux richesses insoupçonnées. Et puis, surtout, cette terre antique commune, terre de lointains aïeuls, creuset de maintes civilisations où l'on a toujours travaillé avec acharnement pour arracher les fruits du labeur.
C'est la révolution du 14 Janvier qui a maintenant permis de faire rêver maints autres pays, comme la Libye et, bien sûr, l'Egypte. Mais la révolution tunisienne a vécu, tour à tour, des périodes d'euphorie, d'exaltation, de faste et puis d'abattement jusqu'à ce jour, en attendant les très prochaines élections. En Libye, on s'interroge encore sur le dénouement du drame vécu. Mais il semble que l'éclaircie est pour bientôt.
Imaginons que, par la suite, nos deux pays se fédèrent, même dans cinq ans, ou plus.
Rien que du point de vue côtier, nous aurions, de Tabarka à Sebrata, en passant par Carthage et Leptis Magna, des milliers de kilomètres à exploiter dans les domaines maritimes et touristiques. Ce serait alors la naissance d'une extraordinaire riviera. Riviera du Sud qui n'aurait rien à envier, à la riviera italienne, à la Côte d'Azur ou à celles des pays du Golfe. Ce serait une riviera nature et bio. La rive d'un «midi» plus bas avec leurs majestés‑: le soleil, la mer, le ciel, bleu pratiquement à longueur d'année.
Des chaînes d'hôtels à n'en plus finir mais des chaînes aux architectures sans insolence, respectant comme dans l'abécédaire de Wahid Brahim(*) l'environnement dans son intégralité, le mode de vie des populations, les traditions, etc., etc. Enfin, un modèle de tourisme de loisirs et de santé unique au monde grâce à la biodiversité de ce grand espace méditerranéen. Une riviera comme un collier de perles ouvert.
Avec des appellations comme la «Riviera du Corail» ou de «Leptis Magna», les «Côtes de Carthage» ou celle de «La Tripolitaine»…
Et quel avenir radieux pour toute cette jeunesse qui vivrait d'une manière décente et heureuse!
Cela vous fait rigoler, mes utopies? Non, mais je rêve…
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(*) Jeux de mots, jeux de mots - le tourisme tunisien (Ed. Simpact)


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