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« Je doute qu'il puisse y avoir de fortes tentatives de trucage »
Entretien avec : Souad Triki, vice-présidente de l'Isie
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 10 - 2011

A trois jours du scrutin du 23 octobre, Souad Triki, économiste, universitaire et vice-présidente de l'Instance supérieure indépendante des élections, évalue dans cet entretien l'organisation générale d'un évènement qui veut rompre avec le passé et construire les bases de la démocratie. Les leçons à tirer sont multiples.
A défaut de listes préétablies, comment avez-vous fait pour mettre en place de nouvelles bases de données au- dessus de tout soupçon ?
Le défi pour nous, le long de ces derniers mois, a consisté dans l'organisation d'élections libres et transparentes et qui ne risquent pas de se transformer, comme par le passé, en instruments de pratiques frauduleuses. Nous avons constitué les nouvelles listes électorales à partir de 0. Nous ne nous sommes pas du tout référés aux anciennes bases de données développées par les municipalités sous l'ancien régime.
Environ 4.100.000 d'inscrits volontaires dont ceux qui ont choisi leurs bureaux de vote après le 14 août représentent 55% du corps électoral potentiel estimé statistiquement à partir de la population âgée de plus de 18 ans et pouvant être électrice. Selon le décret-loi numéro 35 de 2011 nous avons affecté le reste des électeurs de manière automatique selon l'adresse de leurs cartes d'identité dans les bureaux de vote spéciaux. La difficulté ici concerne tous ceux qui ont changé d'adresse sans actualiser leur carte d'identité.
Le corps électoral potentiel, estimé statistiquement, s'élèverait à plus de 7.200.000 pour une population totale de 10.673.000 (selon les derniers dernières actualisations des données de la population de 2011 de l'INS ).
Avez-vous évalué le nombre de personnes n'ayant pas actualisé leur carte d'identité ?
Nous sommes en train de construire pour trouver les bases adéquates d'une nouvelle phase politique assainie. Il y a des leçons à tirer de notre travail à l'Isie notamment à ce niveau. Il faudra mettre en place des procédures pour recenser cette population précise. D'autre part, la Tunisie est relativement bien dotée statistiquement par rapport aux autres pays de la région, pourtant le fichier de l'Etat civil demande à être actualisé.
Les anciennes cartes d'identité nationale seront-elles valables le jour du vote ?
Non la loi l'interdit formellement. Je ne pense pas d'ailleurs qu'il en reste beaucoup, la procédure de renouvellement des cartes ayant démarré en 1993 voilà presque vingt ans.
Pourquoi à votre avis, malgré la Révolution, les Tunisiens n'ont-ils pas démontré un plus grand enthousiasme pour s'inscrite volontairement sur les listes électorales ?
Selon les experts des processus de transition démocratique que nous avons vus, la Tunisie est tout à fait dans les normes. Généralement dans ces cas là, les inscriptions ne dépassent pas les 50%, par contre les taux de participation sont de 90 %. Souvent dans le manque de sécurité, dans la multitude des partenaires politiques et la multiplication des partis, de grands points d'interrogation s'installent dans l'esprit des gens. C'est pour cela que nous avons essayé dans notre campagne d'inciter les gens à aller s'inscrire en leur disant « Ce sera déterminant pour votre avenir et celui de vos enfants et en les conseillant : « vous aurez le temps pendant la campagne électorale de vous faire une idée sur les candidats à l'Assemblée et de murir votre prise de décision». Un autre élément d'explication, jusqu'au 14 Janvier les gens n'avaient pas confiance dans le processus électoral, ce n'est pas évident de la retrouver du jour au lendemain. Quand on n'a pas de traditions électorales fiables, on ne se précipite pas. Une Révolution ne suffit pas pour résoudre tous les problèmes. On peut très bien être inhibé et commencer par s'abstenir de prendre une quelconque initiative pour se transformer en observateur de la scène politique quand on ne sait pas dans quelle direction on va. Autant la majorité des Tunisiens ont adhéré aux valeurs et aux mots d'ordre de la Révolution, l'égalité, la liberté, la démocratie, la justice sociale, autant ils continuent à s'interroger sur la manière et sur la composante politique qui pourraient les traduire dans la réalité.
Comment ceux qui ne se sont pas inscrits peuvent-ils connaître leurs bureaux de vote, ces bureaux spéciaux ?
Il y aura à peu près 9.000 bureaux spéciaux distribués dans tous les gouvernorats. Il faudra envoyer un SMS au 1423 pour connaître son bureau de vote, y ajouter BV, espace, le numéro de la carte d'identité, puis espace et la date d'émission de la carte d'identité. Vous saurez alors l'adresse du bureau de vote et surtout votre numéro sur la liste électorale. Chose très importante pour faire gagner du temps aux agents des bureaux, qui n'auront pas à chercher votre nom sur une liste notamment lorsqu'elle est très encombrée.
118 personnes décédées ont été enregistrées sur les listes électorales. Comment avez-vous fait pour les identifier ?
Le Centre national d'informatique (CNI) essaye depuis plusieurs mois de repêcher, grâce à la collaboration de plusieurs administrations et dans les limites de la loi électorale, les cartes d'identité non valables, qui ne correspondent pas à des électeurs réels. A travers cette opération d'épuration, les cadres du CNI ont pu d'une part installer une application informatique que l'Isie a validée et d'autre part constater des abus pendant l'enregistrement.
On parle de plus d'un million de cartes d'identité appartenant à des personnes décédées mais encore en circulation...
Le chiffre me parait exagéré. On parle beaucoup ces derniers temps... Ce que je peux vous dire c'est qu'il y a eu des efforts énormes fournis de la part des cadres du CNI, qui ont travaillé avec les experts de l'Instance pour les réformes politiques et la réalisation des objectifs de la Révolution pour assainir en quelques mois les listes électorales. Les contraintes se sont avérées importantes pour établir de nouvelles bases électorales. Il faudrait en tirer des leçons pour les prochaines échéances électorales. Le jour où les Tunisiens s'inscriront à 90% nous arriverons à compléter ces listes. La question des listes est vraiment complexe.
Quelle évaluation faites-vous de l'opération vote blanc du dimanche dernier ?
C'est une bonne expérience. La présence massive des médias a perturbé un peu le processus et a encombré la salle. Dans la réalité, la salle sera plus organisée avec juste une rangée d'observateurs. Cela nous a permis de calibrer le temps que demandera le vote, qui varie entre deux mn et demi et trois minutes. Auparavant il y a eu des simulations avec la société civile qui ne dépassaient pas une minute. Or, depuis, nous avons introduit l'application de l'encre indélébile sur l'index de l'électeur.
L'encre indélébile serait-elle donc une idée récente ?
L'idée a été discutée et longuement débattue pour recevoir l'adhésion de l'Instance. L'encre électorale est utilisée dans beaucoup de pays. Et puisque nous vivons un processus de transition et de premières élections libres il n'y a pas de mal pour tranquilliser les gens à recourir à cette matière. Personnellement, je doute fort, avec la procédure que nous avons mise en place, qu'il y ait de fortes tentatives de trucage ou de double vote. Les vérifications des cartes d'identité seront très soutenues et les observateurs sillonneront tous les bureaux.
A l'étranger les Tunisiens voteront pendant trois jours. L'encre sera-t-elle valable tout ce temps?
Oui, sa durée de vie est de plusieurs jours.
Combien de litres d'encre avez-vous importé pour les élections de l'Assemblée ?
Nous avons ramené de Grande Bretagne 27.000 petites bouteilles de ce produit. Des quantités largement suffisantes à mon avis.
A quand estimez-vous la proclamation des premiers résultats du scrutin ?
A partir du 24 octobre. La loi prévoit quatre jours pour le recours. Les résultats définitifs seront donc annoncés le 29 octobre.
Que deviendra l'Isie après cette date ? Son équipe sera-t-elle impliquée dans l'organisation des prochaines élections législatives et présidentielles qui, d'après les prévisions, se dérouleront dans une année ?
D'après la loi, nous sommes dissous en tant que personnes mais non pas en tant qu'institution. Nous devrons d'abord présenter notre rapport. Je pense que l'institution qui a mis en place des structures pour les prochaines échéances électorales va être préservée.
Avec le démarrage aujourd'hui du vote des Tunisiens résidant dans le reste du monde où en est-on avec la position canadienne, qui s'oppose à ce que son territoire s'ouvre à des élections politiques étrangères ?
De toute façon les Tunisiens résidant à l'étranger peuvent toujours aller voter selon la loi internationale à l'intérieur des locaux de nos consulats et ambassades. D'après notre correspondant de l'Irie au Canada, les préparatifs aux élections vont bon train. Vouloir donner la possibilité à tout Tunisien où il se trouve de voter est une mission extrêmement difficile. Dans certains endroits nous n'avons pas trouvé de personnes voulant assumer les responsabilités d'agent ou de directeur de bureau de vote. Comment faire dans ce cas-là ?
Les élections à l'étranger seront-elles aussi sécurisées qu'en Tunisie ?
Les mêmes principes, codes de conduite et garanties prévalent là-bas aussi à savoir, les observateurs tunisiens et internationaux et les contrôleurs des différentes listes qui seront présents dans les bureaux de vote. Déjà la concurrence entre les listes va amener les uns et les autres à appuyer leur présence dans les bureaux pour veiller également sur les opérations de dépouillement.


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