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La cité rose et sa sublime khazneh
Le site archéologique de Pétra en Jordanie
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 11 - 2011

Sculptée dans le roc à l'abri des montagnes, dans un dédale de failles granitiques, le site archéologique de Pétra, en Jordanie, a toujours fasciné ses visiteurs par son côté ésotérique, ainsi que par sa richesse architecturale.
Cette mystérieuse cité rose, découverte en 1812 par le célèbre explorateur suisse, Johann Ludwig Burckardt surnommé « Ibrahim Ibn Abdullah » par les bédouins jordaniens et révélée au grand public, en 1989, grâce au célèbre cinéaste américain Steven Spielberg, via son film Idiana Jones and the Last Crusade va enfin vous livrer ses secrets. La Presse s'est déplacée sur les lieux pour percer les énigmes de cette cité perdue à travers une visite guidée dans les entrailles de la civilisation nabatéenne.
Pétra, mot qui signifie «rocher» en grec ancien et prononcé Al Butra (en arabe) ou Raqmu («la Bariolée ») en sémitique est, de loin, le parc archéologique le plus célèbre au pays du Levant (Ech-Chèm) et l'attraction touristique numéro un dans le Royaume hachémite, avec la mer Morte.
Située à trois heures de route au sud de la capitale jordanienne Amman, au cœur d'un bassin bordé par les montagnes qui forment le flanc oriental du Wadi Araba (grande vallée prolongeant le grand rift, vers le nord et qui s'étend de la mer Morte au golfe d'Aqaba), Pétra, comme l'atteste Salah Muhammad Al-Hussein, un des plus anciens guides touristiques spécialistes de la cité rose, fut dans l'Antiquité un carrefour important entre l'Arabie, l'Egypte et la Phénicie.
Sculptée dans le roc à l'intérieur d'un cirque de montagnes percé de couloirs et de défilés, Pétra est un site archéologique où se mêlent les influences des traditions architecturales orientales anciennes et celles hellénistiques. Mais «la région de Pétra a été occupée depuis le sixième millénaire avant J.C. par les éleveurs cultivateurs du néolithique qui profitèrent de sa situation favorable, extrémité sud du Croissant fertile (autre appellation du Levant) et des conditions climatiques (plus propices qu'aujourd'hui). Ensuite, au VIIIe siècle avant J.C., les nomades Edomites s'installèrent sur le site d'El-Beida», dixit Salah.
Un héritage nabatéen
Vers le VIe siècle avant J.C. apparaissaient les Nabatéens, peuple nomade originaire de la péninsule arabe qui faisait le commerce des épices, de la myrrhe, de l'encens et des denrées rares à l'époque, et s'installaient en terre Edomite (sud et centre de la Jordanie de nos jours). Au Ve siècle avant J.C., ils se sédentarisaient d'abord à Gaïa (actuel village de Wadi Moussa), puis choisissaient ce poste stratégique en retrait pour dominer les routes commerciales de l'ancienne Arabie. « La ville qu'ils bâtirent était admirée pour sa culture raffinée, son architecture massive et son ingénieux réseau de barrages et de canaux. Mais, son influence et sa prospérité grandissantes étaient perçues comme une menace par Rome, qui annexa le royaume Nabatéen à l'empire romain en l'an 106 après J.C. Invisible, depuis, Pétra disparu totalement de la circulation pendant près de deux millénaires,jusqu'à sa découverte en 1812 par Johann Ludwig Burckardt. Déguisé en arabe bédouin, Bruckardt est le premier occidental, depuis le départ des Croisés, à parcourir le défilé du Siq (un passage dans les montagnes, ancien lit de Wadi Moussa-Ndlr) et à découvrir la sublime façade du khazneh. Il faudra toutefois attendre 1924 pour que les premières fouilles archéologiques y soient entreprises, et 1985, pour que le site soit classé Patrimoine Mondial par l'Unesco», ajoute Salah.
Rusés et dotés d'une armada d'ingénieurs de génie civile très qualifiés, les Nabatéens ont su exploiter au maximum la situation géographique et surtout la géologie de Pétra. De ce fait, comme nous l'a si bien expliqué Salah : «Grâce à la morphologie de Pétra qui se présentait en forme de cuvette entourée de montagnes, les Nabatéens vont exploiter cette situation pour collecter les eaux de toute la région par un ingénieux système hydraulique, découvert, depuis, par des fouilles. En outre, les ingénieurs vont creuser dans les falaises des canaux d'irrigation qui alimenteront des citernes, elles aussi creusées dans le granite. »
Concernant la conduite des grands travaux entrepris à cette époque-là, et contrairement à la civilisation de l'Egypte ancienne, «les Nabatéens n'ont jamais utilisé des esclaves pour ériger des monuments ou construire des nécropoles gigantesques. La société nabatéenne a toujours été égalitaire et dépourvue d'esclaves, fait rare à l'époque», renchérit notre guide.
Une architecture funéraire à couper le souffle
Mais ce qui fascine le plus à Pétra reste sans aucun doute la multitude de tombeaux taillés dans la roche rose et, à leur tête, la khazneh (la salle du trésor). Selon notre accompagnateur et enfant du bled, Salah Muhammad Al-Hussein : «Pétra, sur le plan architectural, est un excellent métissage d'influences assyriennes, perses, gréco-romaines, mais surtout égyptiennes. En effet, l'école d'Alexandrie était la source d'inspirations des architectes de la cité. Mais si les nombreux tombeaux de Pétra regroupent des styles différents, ça n'empêche pas que les archéologues ont pu les classer en plusieurs types dont trois principaux : primo, les tombeaux-temples; ce sont les plus nombreux, avec une empreinte gréco-romaine et aux décorations très riches dont les plus célèbres sont la khazneh et le deir (le monastère). Secundo, il y a les tombeaux Hégra (un nom dérivé du site nabatéen d'Arabie Saoudite, une petite réplique de Pétra à 700 km plus au sud) qui sont richement décorés et en forme de tour. Ces derniers possèdent une seule salle funéraire avec des décorations (toujours à l'extérieur) mettant en exergue des éléments égyptianisants et orientaux sous forme de pilastres et de frontons. Enfin, il y a les tombeaux-tours dont l'architecture est plus simple, sous forme de blocs creusés dans le granite et dont l'ouverture est moins travaillée que celle des autres, cependant que leur façade est embellie de frises aux motifs géométriques.»
Ainsi, pendant la petite promenade (pédestre ou dans une calèche à dos d'un cheval pur-sang arabe dressé par les bédouins de Pétra) en suivant le chemin tortueux et sinueux du Siq, qui est l'unique entrée de la ville antique dessinée par une force divine dans un étroit canyon de 3 à 11 mètres de large, profondément niché dans les hauts et sombres murs de granite, on distingue les célèbres canaux nabatéens de collecte des eaux et les célèbres djins (une série de gros blocs de pierres qui, selon la mythologie locale, abritaient les esprits gardiens de la cité), sans oublier la tombe des Obélisques avec ses quatre obélisques sculptées dans la roche pour honorer quatre divinités. Enfin, après 1,2 km de périple et au bout d'une percée dans les roches, émerge la célèbre khazneh toute rose comme une rose de sable. Ses formes sublimes et ses lignes élégantes valent à ce monument atypique d'être considéré comme la 8e merveille du monde. Certes, l'intérieur du tombeau (interdit aux visiteurs) n'a rien d'exceptionnel, composé d'une grande salle vide et de trois petites pièces. Mais selon la légende, le trésor était caché dans l'urne ornant le sommet de la façade de la tombe, d'où la présence des impacts tirés par les bédouins dont leur seul souci était de décrocher le Graal.
Un lieu riche en histoire
Une fois entré dans la cité, le visiteur peut commencer par découvrir tout en montant, le «haut lieu des sacrifices» au sommet de l'Atouf Ridge où on peut savourer une très belle vue panoramique du site archéologique: la place où se trouve l'autel pour les sacrifices n'est pas très vaste, avec une petite cour meublée de petits bancs. En redescendant vers la ville basse, on aperçoit l'amphithéâtre, construit par les Nabatéens au premier siècle dans une carrière de grès rose. Il a été agrandi par les Romains au siècle suivant pour accueillir les combats des gladiateurs pour une capacité maximale de 8.000 spectateurs. Dans la basse ville, on trouve aussi la «fontaine du lion», le «temple du jardin», et une série de caveaux funéraires, ainsi que le cardo maximus (la rue en colonnade), tous sculptés dans la roche rose aux dimensions gigantesques. Idem pour le monastère El-Deir situé dans les hauteurs de Pétra.
Enfin, il reste à signaler que pour les touristes des pays membres de la Ligue arabe, la visite du site archéologique de Pétra coûte 1 jd (dinar jordanien, l'équivalent de 2 dinars tunisiens), tandis que les autres touristes doivent payer 50 jd (l'équivalent de 100dt). Comme quoi, pour une fois, la Ligue arabe sert à quelque chose !


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