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Festivals : le choix de la raison
Contrepoint
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 06 - 2012


Par Khaled TEBOURBI
Dix jours durant, on a réellement craint pour les festivals d'été. Le programme de la 48e édition de «Carthage», présenté officiellement par le ministre de la Culture, réservait une part modique à la participation tunisienne (une «quasi» exclusion), voire la part belle aux vedettes du Machrêq à propos desquelles M. Mehdi Mabrouk lui-même avait, il n'y pas longtemps, exprimé quelques réticences. Réaction immédiate et intempestive des artistes de la place, ainsi que leurs trois syndicats, qui avaient annoncé un boycott total. Un véritable bras de fer s'en était suivi, ponctué d'une controverse médiatique où les positions et les arguments paraissaient irréconciliables.
Crise ouverte. On se dirigeait non seulement vers l'annulation du concert d'ouverture du 5 juillet au théâtre romain, mais encore vers la suppression de tous les spectacles tunisiens programmés par l'ensemble des festivals publics, sinon (le menace était bien dans l'air) vers des sit-in de contestation et l'organisation de «manifestations parallèles».
Fort heureusement la sagesse a fini par prévaloir. Et chez toutes les parties sans exception.
Le dialogue mène à tout
Il faut mentionner d'abord la judicieuse intervention des responsables de l'Ugtt. Ceux-ci ont commencé par rappeler aux boycotteurs qu'ils ne se sont pas astreints à la procédure syndicale régulière. Avant de déclarer publiquement leur retrait et d'en venir à «l'épreuve de force», ils devaient en référer à «la centrale» qui pouvait seule, prendre l'affaire en main et engager des négociations avec le ministère de tutelle.
Rien n'attestait, en effet, que des négociations, un dialogue, dûment concertés et réfléchis, ne pouvaient aboutir à mettre fin au conflit. Dans ce genre de situation, les polémiques ouvertes et les accusations réciproques échangées à travers les médias ne mènent nulle part sauf à attiser les ego et, finalement, à laisser les choses en l'état.
A preuve, il a suffi que le bureau exécutif de l'Ugtt prenne l'initiative du dossier pour que le problème trouve une issue. Et quelle issue! Le ministère s'est montré compréhensif en acceptant de rajouter quatre ou cinq soirées tunisiennes au programme de «Carthage», M.Mehdi Mabrouk a même promis d'en faire l'annonce lors d'une nouvelle conférence de presse aux côtés des représentants des trois syndicats musiciens. Mieux: toutes les propositions relatives à la présence de ces syndicats dans la commission de sélection des festivals, et aux difficultés du secteur de la musique en général, ont été retenues. Les malentendus sont dissipés, les «accrochages» médiatiques sont oubliés, on tourne la page, l'incident est clos. A priori plus rien ne s'oppose au fonctionnement normal des festivals d'été.
On y gagne, au contraire !
On a dit toutes les parties sans exception. Il faut saluer aussi, à l'occasion, l'attitude à la fois, solidaire et responsable des professionnels de la musique, ceux des «métiers musiciens» autant que ceux des syndicats des chanteurs et des auteurs et compositeurs. Indépendamment de leur empressement à déclarer le boycott, ils auront fait preuve, quand même, d'une force d'unité exemplaire dans la défense de leurs intérêts communs. Ce n'était pas toujours le cas sous l'ancien régime. A cette époque, ce qui était de mise c'étaient les divisions. Les corporations musicales existaient, mais elles étaient des structures contrôlées de près par l'administration culturelle, orientées, et pour l'essentiel, soumises aux pressions et aux désignations. Là, avec le retour des libertés, nous découvrons, réjouis, que tous les acteurs de la chanson et de la musique ont su saisir l'opportunité historique qui s'offrait à eux. Ils font désormais entendre leur voix. Ils ne lâchent rien sur leurs prérogatives et leurs droits. Qu'importent les rivalités artistiques, les dissensions et les ambitions qui sont légion dans le milieu, quand il a fallu se battre pour la présence, l'existence et le statut de la musique tunisienne, tous ont répondu à l'appel. Et tous, en définitive, ont su éviter «les chantages» et «les surenchères» inutiles pour se rallier au choix de la raison.
Il faut surtout rendre hommage au ministre de la Culture, Mehdi Mabrouk, qui a peut-être accumulé les sorties «hasardeuses» ces dernières semaines, et qui a subi les foudres de la critique, mais auquel il faut reconnaître le courage et l'honneur de tout avoir rattrapé à temps. Jusqu'à preuve du contraire, on est en démocratie, ce n'est pas se déconsidérer, ni concéder quoi que ce soit de son autorité pour un ministre que d'admettre ses erreurs ou de revenir sur des décisions.
Dans cette phase sensible de transition, et dans le cas précis des arts et de la culture, il y gagne plutôt. Et beaucoup plus que ne manqueraient de laisser entendre certains de ses collègues du gouvernement. Il y gagne qu'en ayant agi de la sorte, il aura demontré qu'il est effectivement un homme de droiture et d'ouverture et non pas, simplement, un homme d'appareil, «donneur d'ordres», politicien parmi les politiciens.
Il y gagne, par-dessus tout, la confiance et l'estime des artistes, et particulièrement des musiciens tunisiens qui se comptent par dizaines de milliers (toute une population!) devenus, hélas, la cible privilégiée des salafismes et des conservatismes de toutes espèces, et dont personne, ici, ne se doute encore, du vrai potentiel, ni de l'immensité des besoins et du dénuement.


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