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Le choix délicat des athlètes musulmans
Ramadan et J.O.
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 07 - 2012

Cette année, les deux semaines de Jeux olympiques tombent pendant le mois de Ramadan. Un véritable dilemme pour bien des athlètes musulmans, qui doivent combiner performance physique et pratiques religieuses.
Le calendrier des Jeux olympiques de Londres risque de faire grincer bien des dents chez les athlètes de confession musulmane. En effet, la quinzaine de jours d'épreuves est située en plein dans le mois de Ramadan. Et cet état de fait est loin d'être un détail anodin. On estime le nombre d'athlètes musulmans à environ 3.000, soit un quart de l'ensemble des compétiteurs. Autrement dit, il se profile le risque de voir une bonne partie des athlètes ne pas être au maximum de leurs capacités physiques, avec, à terme, des jeux qui pourraient bien être faussés. Car Ramadan implique pour les musulmans de ne pas boire ni manger du lever au coucher du soleil. Une pratique qui peut bien évidemment avoir des conséquences sur la forme physique, voire mentale de celui qui la respecte. Dès que le calendrier a été connu, il y a de cela 6 ans, la Commission Islamique des droits de l'Homme avait formellement protesté auprès du Comité International Olympique, et lui avait demandé, conjointement avec plusieurs délégations, de revoir son programme. Elle s'était vu opposer une fin de non-recevoir, le CIO estimant de son côté que les jeux, événement laïque et apolitique, n'avaient pas à se préoccuper des pratiques religieuses des participants. «[Celles-ci] relèvent de chaque athlète et de ses convictions personnelles», avait-il fait savoir. Avant de préciser que les jeux se sont toujours en partie déroulés sur des jours (vendredi, samedi ou dimanche) qui posent problème à certaines confessions, et qu'aucun arrangement n'a jamais été pris. Pas de raison que cela change donc.
Le dilemme de l'athlète musulman
Dès lors, les compétiteurs de confession musulmane sont bien forcés de faire un choix. Certains feront prévaloir le respect de la religion, au risque d'être moins performants durant les épreuves.
C'est le cas de Mohamed-Khaled Belabbas, spécialiste algérien du 3.000 mètre steeple. Il nie par ailleurs que la pratique du Ramadan puisse affecter ses performances en course. Tout juste concède-t-il être davantage fatigué après l'arrivée. Le joueur de hockey anglais Darren Cheesman va, lui encore, plus loin. A son sens, la volonté de respecter le Ramadan coûte que coûte donne un véritable ascendant mental aux athlètes concernés. En sport, le mental est au moins aussi important que le physique et la technique, demandez à Richard Gasquet ou Yoann Gourcuff. En ce sens, l'argument du Britannique peut-être convaincant. Mais bien des athlètes ne sont pas de cet avis. Ainsi, la nageuse marocaine, Sara El Bekri, interrompra son jeûne. Elle s'en explique : «Incontestablement, nos capacités physiques sont diminuées. On est partagé par la volonté de respecter l'un des cinq piliers de notre religion et celle d'arriver en meilleur état de forme possible aux J.O.». Pour elle, ce sera le second choix, et sans hésitation. Même si elle compte sur une dérogation des oulémas marocains. Mais d'autres paramètres que le choix individuel rentrent en ligne de compte. Ainsi, Mohamed Sbihi, rameur britannique, souhaitait respecter son jeûne, mais a finalement décidé de s'en abstenir. En effet, il refuse que ses coéquipiers puissent penser qu'il ne sera pas à son maximum lors des épreuves par équipe d'aviron, où la confiance mutuelle est absolument essentielle. Dans chaque cas, l'avis diverge. D'autres estiment que la performance sportive doit être prioritaire, que le jeûne doit être suivi uniquement si l'on considère sincèrement que cela n'affectera pas ses performances. D'autres, qui respectent habituellement le jeûne lors des compétitions sportives, feront une exception pour les Jeux, compétition reine de bien des disciplines. Toujours est-il que la décision est dans bien des cas très difficile à prendre.
Alors, certains tentent de faciliter la vie des athlètes musulmans. Ainsi, plusieurs pays ont demandé à leurs autorités religieuses d'envisager la promulgation d'une fatwa qui autoriserait les athlètes à reporter leur mois de jeûne après les jeux. Une fatwa de ce type a déjà été émise aux Emirats, par le grand mufti de Dubaï en personne. Au Maroc, les oulémas sont en train de réfléchir à la requête soumise par le gouvernement. En revanche, il est peu probable de voir des athlètes saoudiens, par exemple, bénéficier de telles largesses de la part de leur très rigoriste clergé wahhabite. Du côté des organisateurs des jeux, on tente de trouver des solutions pour les athlètes qui tiendraient à jeûner. Si modifier le calendrier était inenvisageable, le Comité d'organisation a toutefois consenti à quelques arrangements : ainsi, il se chargera de fournir de la nourriture aux athlètes dès le coucher du soleil, et a sommé les restaurants du village olympique de rester ouverts de nuit. Certaines mosquées de Londres, enfin, ont décidé de lancer l'opération «Iftar 2012», l'iftar étant le nom donné au repas de rupture de jeûne. Ainsi, dès le coucher du soleil, elles serviront des repas aux athlètes, mais aussi aux touristes et badauds. Qu'ils soient musulmans ou non. Une belle initiative au sein d'un pays souvent brocardé pour son communautarisme très marqué.


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