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La Joconde
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 08 - 2012


Par Fethi EL MEKKI*
Selon un proverbe hébreu du 18e siècle : en fin de vie, l'ambition détruit son hôte...
Le feu qui avale nos forêts...Les moustiques, la peste, les rats et le choléra...qui envahissent nos cités... Des gamines en niqab... Des batailles rangées entre gens racés dans les mosquées, des imams tabassés, un autre donnant un coup de boule à un huissier, un autre encore change les serrures de «sa» mosquée... M. Mourou suturé, les drapeaux noirs qui garnissent nos villes... Et de la brume, beaucoup de brume... Aucun doute : nous sommes au Moyen Age...
Du grand art
Il paraît que la si grande et si merveilleuse histoire d'amour entre M.Mustapha Ben Jaâfar et Ennahdha a beau être l'une des plus grandes du siècle naissant, elle ne lui a pas porté chance... Celui qui comme toute planète possède une face cachée que les projecteurs ne sont pas censés éclairer... Est passé rapidement du lance-flammes à la pommade... Et n'a eu droit qu'au tout petit quart d'heure de gloire...
Et il paraît aussi que tard le soir, malgré la chaleur suffocante de l'été, les militants déprimés d'Ettakatol ont froid dans le dos... Pétrifiés et vitrifiés, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, après les prouesses politiques de leur maître à penser... Ça devait être joyeux, mais c'est triste et sinistre... Hagards, ils se demandent si ce drôle de salmigondis n'est pas prêt de se terminer... Comme quoi un cauchemar n'est pas forcément un mauvais rêve...
Austère mystère
Monsieur, dont le titre nobiliaire d'homme honnête, pur et dur, a été décapité par la révolution des dupes, s'est volatilisé, après un coup chiffon magistral sur son passé de militant incorruptible. Celui qui nous a habitués aux grands moments de démocratie avec Ben Ali dans des périodes de forte poussée hormonale, s'est évaporé... Celui qui n'a jamais manqué de souffle pour les homélies politico-politiciennes se terre...Le savoir-faire est rare. Et il y a là de quoi s'interroger...Du haut de son perchoir, dégoulinant de supériorité, il nous inflige des leçons d'intelligence avec une densité touchante, il est frigorifié dans ses mots, gelé dans ses gestes et son autorité éclairée à la blafarde...Le flop est monumental et le ratage exceptionnel
Le gouvernement n'a fêté ni le 9 Avril, ni le 20 Mars, ni le 25 Juillet 2012...Le gouverneur de Sfax a refusé de recevoir une «safira» et lui a ordonné d'aller «se rhabiller»... Les forces de l'ordre ne sécurisent plus les spectacles de Lotfi Abdelli... Ettounsia a reçu une visite de courtoisie de la part des douanes... On veut remettre notre douce moitié à quatre pattes et surtout mensonges, mensonges... Malgré les tollés soulevés, Monsieur continue à ronronner comme un gros matou... Si vous n'y comprenez rien, pas de panique...Moi non plus...
A La Marsa, à quelques centaines de mètres de chez Monsieur... Eh oui !! Une horde de petits truands, bien barbus, menée par le fameux vendeur de légumes de Boussalsla, a tabassé avec des gourdins les clients d'un café... situé en face de l'hôpital du ministère de l'Intérieur... en pleine matinée... «L'intervention» des forces de l'ordre a permis l'arrestation d'une seule personne (sic)...Le soir même, le poste de police (Marsa Ettabek) où elle était détenue...a été attaqué durant deux bonnes heures... par cette même meute...Tout cela n'a pas empêché Monsieur... d'aller faire trempette durant le week-end... Le soleil était si doux...
La justice est instrumentalisée par le pouvoir exécutif...Le plus bel exemple c'est la toute dernière mascarade judiciaire de Sfax... Après que les mêmes milices eurent réédité le bel exploit du 9 Avril, au vu et au su de tout le monde, qui plus est dans un hôpital...Là encore Monsieur ne bouge pas le petit doigt et continue à se baigner... Poupoupidou...
A Korba, durant la semaine du 24 Juillet, une quarantaine d'adolescentes en hijab noir se sont entraînées deux fois par jour...A quoi ? Elles ont exécuté des mouvements d'arts martiaux, un bâton à la main... Simulation d'attaques, luttes, culbutes avec en sus des cris de guerre «Allahou Akbar, vive Ennahdha, l'avenir est à nous»...Pauvre de nous...Là aussi pour Monsieur, la baignade du week-end a été mémorable... Pomporom... Pompom...
Dalenda Carthago
On assiste ainsi, interloqués et désemparés, à la désinstitutionalisation de l'Etat tunisien... Lentement mais sûrement, les institutions sont affaiblies et vidées de leur substance dans le but de ramener tout le pouvoir au nom du peuple... A une seule et unique personne... M. Radhia Allahou Anhou... C'est l'essence même du calife et du califat... Et Monsieur continue à se cacher, au nom de l'efficacité bien sûr ... Et de l'intérêt général bien évidemment...
Depuis le parachutage de cette intelligentsia, l'Etat, de plus en plus envahi par cet aréopage d'incompétents, a cessé de fonctionner dans de vastes portions du territoire...On assiste à une chute du rendement de ses services, vu qu'on nomme à la tête des administrations une flopée d'incapables, dans le but de détruire l'Etat de l'intérieur... Du moment qu'on établit un Etat islamique parallèle. Le pays est sale, enlaidi, empuanti et buissonneux... Et Monsieur s'est bien adapté au rôle de l'homme invisible... Et c'est peu dire qu'on s'amuse follement...
Le bal du complaisant
Avec Monsieur et sa politique pragmatico-anarchique on a l'image, mais pas le son. Complet impeccable, charmeur, il aurait souri à un mur. Le sang chaud mais l'âme froide, le visage affiche un sourire de Joconde, mais pas les yeux. Le regard fuyant et coupant, il parle poliment, distribue les bons points aux clones d'Attig...Et les mauvais à la piétaille et valetaille. On pensait qu'il allait, sauver l'honneur de la Tunisie, mais en vain...Il tonne d'abord et n'oublie jamais de s'incliner ensuite dans les coulisses... Sa maestria, c'est qu'il est fort avec les faibles et faible avec les forts, c'est ainsi qu'il arrive à s'imposer comme tout bon politique.
Jugulaires au menton, sur un ton pathétique rappelant les saints jeans de la comédie, le verbiage est inconscient, les diversions puériles et l'anamorphose fantastique...Vautré dans le confort de sa soumission, baignant dans un climat où les compromissions sont magnifiées et où courber l'échine est la règle, Monsieur ne s'enflamme que pour le futile et le dérisoire...
Sans désemparer, avec une arrogance éclatante, une insolence tranquille et prodigieusement agaçante, l'archangélique M. Ben Jaâfar assure sans aucun complexe sa qualité d'avocat de la fine fleur de nos piètres politiques, n'hésitant pas à piquer qui de droit, aux alentours...Et les Tunisiens ont découvert qu''il a les tripes sur la langue, uniquement avec les poids plumes...
Alors que les scandales se suivent à un rythme effréné, Il s'est non seulement inscrit aux abonnés absents, mais pire encore...Il a curieusement disparu de la scène politique, sa surdité et sa cécité, beaucoup plus politiques que physiques, se sont par trop aggravées ces derniers mois. Il ne peut plus se mentir, il est passé de l'autre côté et à côté de la grande histoire...
Douche écossaise
Pour notre avaleur de sabres, à défaut de bain de foule, les douches écossaises se suivent et se ressemblent...Il pensait nous sortir un gentil lapin de son chapeau...Il nous a sorti une grenade dégoupillée qui n'a pas fini de faire des dégâts...Celui qui avait autrefois tout contesté est devenu aujourd'hui très contestable... Et comme disent les Gaulois, on ne sait jamais, «le ciel peut lui tomber sur la tête»...
Jusqu'à aujourd'hui, les événements l'avaient fait, depuis quelques mois, il fait les événements, en se dérobant courageusement... Et puis de toute manière, trop alléché sans doute par ce qui lui a été promis, l'heure n'est plus à s'encombrer de principes ou de considérations morales... Telle une tortue ensommeillée, il attend désormais son heure, convaincu, comme disent les Turcs : «La patience est la clef du paradis»...
Pour les mauvaises langues...c'est un mélange de platitude et de satisfecit ...de la bouillie pour chat...Pour les méchants, il devrait prendre des bains de sang humain pour rajeunir son sang épuisé, à ce rythme là, c'est pour bientôt car à force de prendre les Tunisiens pour des agneaux, on pourrait bien en faire des loups enragés...la sortie de scène ne sera que tragique...
Atteint d'une insomnie foudroyante due à la prise de conscience que la vie est beaucoup plus courte que la mort... L'inconditionnel de «tout vient à point, à qui sait attendre», le film de Sergio Leone...ne veut pas être jeté avec l'eau de bain nahdhaoui à la prochaine vidange électorale...Pour cela il a suivi une formation accélérée au mutisme... Et devant le danger de «Nida Tounès» qui prend corps, Ennahdha bétonne et Monsieur maçonne...Ne dit-on pas que l'ambition enivre la conscience et fait chanceler la droiture...Que nenni sus à l'ennemi !!
Inventeur de la risée générale, variante nahdhaouie de la tournée générale, la performance théâtrale est mièvre et rien n'arrêtera l'incessant tourbillon de fiasco... Aucun buvard n'effacera cette tache sur son curriculum vitae qui était jusque-là bien honorable... Les Tunisiens et l'histoire ne lui donneront pas raison...Un jour ou l'autre, ils lui présenteront l'addition...Elle sera très salée...En fait...qu'a-t-il fait ? Et qu'aura-t-il laissé ? Du vent, du vent...
Retour sur terre
Alain, le philosophe du radicalisme, disait :
« Rien n'est plus dangereux qu'une idée, quant on n'a qu'une seule idée »...
Cher Monsieur, en bichonnant les Ghannouchi, grizzly et compagnie...ne vous attendez surtout pas à un happy-end clapotant dans l'eau de rose...
Cher Monsieur... c'est d'un maître dont on a besoin. Un maître en esprit. Un maître en courage. Un maître en sagesse. Un maître dans l'action. On veut un bâtisseur. Un homme moderne. Un homme à l'esprit alerte. Un homme lucide. Un homme sensible. Un homme courageux.
On veut un homme d'Etat... Un homme libre...


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