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Progression encore timide de l'investissement productif
Conjoncture économique
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 07 - 2013

Chute de production, destruction de capacités, détérioration des équilibres macroéconomiques et hausse du chômage structurel, ce sont les conséquences logiques qui suivent des périodes d'instabilité et changements politiques et sociaux. Des constatations qu'a fait ressortir la dernière enquête (juin 2013) de l'Observatoire de la conjoncture économique relevant de l'Institut national de la statistique.
«Dans sa troisième année, la transition politique se rallonge et continue de peser sur l'économie nationale et retarder ainsi une franche normalisation de l'activité. Le tournant de 2012-2013 illustre de nouveau cette sensibilité de la sphère économique à l'environnement politique et social, puisque l'activité a connu un trou d'air et a été marquée par une inflexion conjoncturelle incommodante pour les perspectives de l'année en cours. Et au regard des développements observés durant le premier semestre, le scénario de croissance à 4% en 2013 paraît de plus en plus volontariste, à moins d'un improbable renversement de situation au cours de la seconde moitié de l'année. En fait, malgré un léger mieux au niveau du sentiment général, l'économie nationale demeure en proie à de sérieuses difficultés économiques : croissance insuffisante, investissement en berne, un chômage élevé, une inflation importante qui exacerbe les pressions liées à un budget lourd en subventions. Autant d'éléments qui accentuent surtout la faiblesse des finances extérieures, contribuant à une forte réduction des réserves de change», assure le rapport.
Pour sauver l'économie tunisienne du gouffre, cela restait «tributaire de la restauration du climat de confiance».
Malgré le contexte politique et social difficile et instable, «le climat des affaires dans l'industrie aurait enregistré au cours des premiers mois de 2013 une légère amélioration». Une situation qui reste, d'après le rapport de l'INS, à confirmer dans les prochains mois «dans la mesure où les différents indicateurs quantitatifs disponibles actuellement ne permettent pas de corroborer totalement ce constat». D'après l'enquête de conjoncture dans l'industrie réalisée au premier trimestre par la même structure, «les opérateurs industriels témoignent de perspectives plus optimistes quant à l'évolution du climat général, de la production et de la demande». Le marché boursier, vrai baromètre précurseur du sentiment économique, prend une autre attitude et «la chute continue des indices amorcée en septembre 2012 semble actuellement s'atténuer».
L'enquête trimestrielle de conjoncture montre également que «le sentiment économique général dans l'industrie pourrait trouver une justification dans la dépréciation supplémentaire du dinar tunisien, qui est synonyme pour les opérateurs orientés vers les marchés extérieurs de nouvelles opportunités en termes de compétitivité et de parts à l'export». L'entreprise industrielle déclarant faire face à des difficultés, «s'est nettement contractée dès la fin de 2011 où elle a atteint un pic comparable à celui enregistré au cours de la crise mondiale de 2008-2009». Par ailleurs, «le degré d'utilisation des capacités de production, lui aussi situé à des seuils en deçà du régime tendanciel, s'est parallèlement et continuellement redressé tout au long de 2012, avec toutefois un léger repli début 2013».
Production loin de son potentiel
Ce profil en matière d'utilisation des capacités dans l'industrie, au demeurant largement sous sa moyenne historique, reflète à la fois une reprise graduelle des capacités déjà installées et donc d'une progression encore timide de l'investissement productif, et conforte simultanément le diagnostic d'une évolution à la baisse de la production industrielle manufacturière en volume depuis le dernier quart de 2012.
«Les comptes nationaux trimestriels font ressortir la croissance économique à 2,7% en rythme annuel au premier trimestre, mais l'activité a quasiment calé, puisque le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,3% en comparaison avec le dernier trimestre 2012. En fait, la conjoncture économique demeure encore tellement «irrégulière» et variable entre les secteurs d'activité, en fonction des degrés de répercussion des chocs politiques et sociaux. Toutefois, comme il en est souvent le cas en temps de crise, les performances de certaines branches arrivent à amortir, voire à éponger de manière alternée, la sous-performance dans d'autres secteurs et modérer ainsi l'impact global».
Pour revenir sur l'année 2012, «le secteur agricole et les activités de services ont permis d'épauler la croissance pour la porter à 3,6% en moyenne annuelle, au moment où l'activité industrielle affichait une progression timide par rapport à l'année précédente. Pour l'exercice en cours, avec des saisons agricole et touristique annoncées en demi-teinte, le bilan de l'année 2013 sera largement tributaire du relais et des performances industrielles».
Le rapport de conjoncture présenté par l'Observatoire de la conjoncture économique assure que «malgré de fortes oscillations d'un mois à l'autre, la production repart dans les branches non manufacturières, en particulier au niveau de l'extraction minière où la production est tout de même loin de son potentiel. Alors que dans les industries manufacturières, la situation est bien plus mitigée. Car, dans pareille conjoncture irrégulière, l'analyse en niveau doit complémenter une lecture abordée exclusivement en termes de glissements. Globalement, la production manufacturière marque une rupture par rapport à une phase de rattrapage et s'affiche sur une tendance baissière depuis le mois d'octobre 2012 et quasi généralisée à toutes les sous-branches, à l'exception des activités de fabrication de produits chimiques dont un large segment dépend en amont de l'extraction minière».
Il paraît aussi que pour le moment, et au terme du mois d'avril, «l'acquis de croissance de la production manufacturière en volume s'établit à seulement 1%».
Hausse du chômage
Les études empiriques effectuées sur le parcours des pays ayant connu des épisodes d'instabilité politique et sociale, «révèlent en particulier que les situations nées de ces changements politiques se caractérisent par une remontée du chômage structurel».
L'enquête démontre à travers les chiffres que « dans le cas de pays comme la Tunisie et l'Egypte, le premier constat traduit une hausse du taux de chômage bien plus importante que lors des mêmes épisodes historiques vécus dans d'autres pays (trois à quatre points de pourcentage au-dessus du niveau d'avant-crise). En second lieu, et en dépit de «conjonctures politiques » quasiment analogues en Tunisie et en Egypte, le profil du chômage dans les deux pays offre une évolution différenciée au cours des deux dernières années. En effet, le taux de chômage en Tunisie a augmenté en 2011 de manière brutale liée aux troubles sociaux, pour marquer un atterrissage progressif durant 2012».
Commerce extérieur
Les échanges extérieurs tunisiens ont marqué, depuis 2010, «une inflexion notable caractérisée par un affaiblissement de la croissance des exportations aussi bien en volume qu'en valeur courante. Pris dans l'étau entre ses contraintes internes et une demande européenne à la traîne, le tissu exportateur tunisien peine encore à retrouver son niveau d'activité antérieur. Durant les premiers mois de 2013, les exportations d'huile d'olive ont été ponctuellement déterminantes dans l'évolution du montant total des exportations».
En effet, dès le mois de septembre 2012, et à la veille de la campagne oléicole, «le cours de l'huile d'olive avait déjà enregistré une progression mensuelle de 21% après une augmentation de 9% au mois d'août. Moyennant un nouveau rebond en janvier 2013, le prix de l'huile d'olive a ainsi atteint son plus haut niveau depuis quatre ans, à environ 4.000 dollars la tonne métrique. En conséquence, le cours de l'huile d'olive aura marqué au terme du mois de mai 2013 une augmentation de 36,2% en comparaison avec sa moyenne durant les cinq premiers mois de l'année précédente. Exprimé en dinar tunisien, le cours mondial marque une croissance de presque 41,7% sur la même période».
Cette évolution sur le marché international de l'huile d'olive, qui représente à peine 3% de la production mondiale d'huiles et de graisses végétales et 2,3% en termes de consommation, reflète essentiellement une baisse de l'offre, qui résulte d'une production réduite d'huile d'olive dans les pays de l'Union européenne (environ 70% de la production mondiale, assurée essentiellement par l'Espagne, l'Italie et la Grèce). Alors que la production d'huile d'olive en Tunisie représente en moyenne 5% de la production mondiale, confirme encore l'enquête.
Pour la Tunisie «où le financement des entreprises est essentiellement assuré par le canal du crédit bancaire et où la taille des marchés d'actifs est réduite (donc avec un effet de richesse limité, dans la mesure où le comportement des agents économiques dépend faiblement des prix des actifs), on s'attend habituellement à ce que la politique monétaire soit relativement efficace face à la dégradation de la conjoncture, en agissant notamment sur les taux d'intérêt et la liquidité bancaire».
Alors qu'on aurait pu s'attendre à une politique monétaire plutôt accommodante avec la crise au tout début de 2011, les autorités monétaires ont, en revanche, adopté différentes mesures usuelles restrictives. Dans ce contexte, l'encours des crédits en valeurs courantes alloués à l'économie a marqué, dès le mois de février 2011, un freinage continu durant plus de deux ans pour atteindre une progression annuelle de 7,2% en avril 2013 contre un accroissement de 20% l'an en janvier 2011. En termes réels, c'est-à-dire moyennant un ajustement pour inflation, la chute du rythme de croissance des crédits est bien plus prononcée : 1% en avril 2013 contre environ 16% début 2011. «Pourtant, le crédit et le levier de l'endettement ont incontestablement constitué pendant longtemps un facteur majeur de la croissance de l'économie, notamment en alimentant une cadence soutenue de la demande intérieure. En effet, rien que pour les crédits aux particuliers, la croissance annuelle de leur encours a été en moyenne de 19% par an sur la période 2004-2012, alors que leur part dans le volume total des crédits a augmenté de 15,7% en 2004 à 27,5% en 2012».
Sur le plan financier et sur l'ensemble de la période allant du début de l'année 2013 jusqu'à la fin du mois de mai, «le dinar a enregistré une nouvelle dépréciation d'environ 4,5% par rapport à la monnaie unique (euro) et une perte de parité de 4,1% comparé au dollar des Etats-Unis». Cette évolution a été favorisée par les déséquilibres courants actuels et la dégradation des comptes extérieurs (balance commerciale, compte courant de la balance des paiements), en lien avec la détérioration de la conjoncture économique. Par contre, certains seuils symboliques ont été franchis dès le milieu de 2012, où la parité avec la monnaie unique est passée sous la barre de 0,5 euro pour un dinar.
(D'après Repères économiques de l'INS)


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