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Le mystère demeure entier
Lampedusa — Naufrage des «Harragas »
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 09 - 2012

Des dizaines de nouveaux morts et disparus au large de Lampedusa (à 19 kilomètres de l'îlot de Lampione). Environ 130 personnes (hommes, femmes et enfants) se trouvaient à bord de l'embarcation qui a sombré dans des conditions douteuses. L'appel de détresse a été donné le 6 septembre par téléphone satellite avant que les recherches ne commencent. Des bateaux de gardes-côtes, des carabiniers, de la Guardia di finanza italienne, trois navires de l'Otan (un turc, un allemand et un italien), ainsi que des plongeurs et des bateaux privés ont été mobilisés. Deux cadavres ont été retrouvés, 56 personnes auront été secourues et emmenées vers le centre d'accueil de Lampedusa puis vers les centres fermés en Sicile. « Nous sommes sans nouvelles des autres personnes qui se trouvaient à bord », déclare M.Abderrahman Hedhli, président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux
La table ronde organisée hier à Tunis par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (Ftdes) et le réseau euro-méditerranéen pour les droits de l'Homme (Remdh) sur « le naufrage des 6 et 7 septembre à la lumière de la situation migratoire entre l'Italie et la Tunisie»), a été une occasion pour approfondir le débat sur les politiques migratoires, les systèmes de secours et les systèmes de contrôle de l'émigration et les disparus en mer dans le nouveau contexte juridique, économique et social en Tunisie.
Devant la situation intenable de la multiplication des naufrages dans le canal de Sicile, la Ftdes demande la communication de la liste des naufragés enregistrés par les autorités italiennes , que ces personnes aient été retrouvées, secourues ou retrouvées mortes, la création d'une commission d'enquête mixte incluant des représentants des familles, du gouvernement et de la société civile concernant ce naufrage afin de donner plus d'éclairages sur les circonstances dans lesquelles le bateau a coulé et le sort des personnes qui se trouvaient à bord.
Le Ftdes demande aussi que les familles des victimes soient soutenues, prises en charge psychologiquement et indemnisées par le gouvernement tunisien. Le forum propose également l'arrêt de la collaboration de la Tunisie avec la politique de fermeture des frontières menée par l'Union européenne, et ce, afin que les personnes qui souhaitent émigrer puissent le faire dans des conditions régulières et non au péril de leur vie. Ceci outre l'arrêt des expulsions vers la Tunisie, notamment des personnes ayant subi un tel naufrage.
M. Mahdi Mabrouk, ministre de la Culture, a indiqué que cet incident est la responsabilité du gouvernement tunisien qui n'a pas agi dans le sens de la révision des droits concernant l'émigration clandestine et des conventions conclues avec l'Europe. « En l'absence d'une nouvelle approche spécifique, et d'un nouveau contrat de développement, le Ftdes demande la création d'une commission d'enquête permanente et indépendante chargée de faire le suivi de chaque incident, la mise en place d'un observatoire national de l'émigration outre un fonds d'indemnisation au profit des victimes ». De son côté, M. Mustapha Ben Ahmed, représentant l'Ugtt, a proposé la mise en place d'un réseau syndical pour l'émigration réunissant toutes les parties concernées et les acteurs tunisiens et étrangers.
Dans le même ordre d'idées, Mme Sihem Ben Sedrine, du Conseil national des libertés en Tunisie, a exprimé à haute voix son mécontentement quant aux négociations prévues la semaine prochaine entre le chef du gouvernement, M.Hamadi Jebali, qui sera accompagné d'une délégation ministérielle et les représentants de l'Union européenne à Bruxelles. «Les négociations vont être axées sur des orientations que nous refusons telles que le renforcement de « l'émigration choisie » favorisant l'élite, les compétences tunisiennes et les hommes de culture », précise Mme Ben Sedrine. Par ailleurs, « les négociations seront une occasion pour faire de la Tunisie un centre de rapatriement des émigrés tunisiens et des étrangers, ce que les autorités tunisiennes et la société civile refusent», ajoute M. Mabrouk.
Nombre de mystères entourent encore les circonstances dans lesquelles ont été retrouvés les naufragés des 6 et 7 septembre au large de Lampedusa. Le Ftdes a élaboré un rapport qui ne vise pas à rétablir les circonstances exactes des faits mais à en tracer le cadre et à définir l'enjeu politique que soulève le caractère récurrent des naufrages, morts et disparitions entre la Tunisie et l'Italie. Ce rapport est à prendre avec circonspection, il résulte du recoupement de plusieurs témoignages qui ne sont pas toujours concordants et dont les faits restent à prouver.
Il est opportun de rappeler que le Ftdes, après cette tragédie, souligne à nouveau le manque de transparence concernant les accords migratoires avec les pays européens. En effet, aucune publication précise n'est faite de ces accords, ni de concertation avec la société civile ou les élus tunisiens.
Concernant une éventuelle gestion des migrations dans une approche socioéconomique, le Ftdes considère que la résolution des problèmes socioéconomiques tunisiens doit se faire dans une approche globale (résolution de la crise de la dette, restructuration de l'économie, instauration des droits économiques et sociaux) et non à travers des accords dans lesquels les pays européens restent les acteurs principaux.
Par ailleurs, le Ftdes considère que l'approche sécuritaire du contrôle migratoire et ses compensations en termes économiques proposées par l'Union européenne ne peuvent continuer à être un modèle si la Tunisie souhaite que cessent les morts et les disparitions d'émigrants. Ainsi, les autorités tunisiennes et italiennes sont appelées à coopérer pour la mise en place d'une procédure systématique d'identification des corps retrouvés afin de permettre une information complète aux familles qui en font la demande. Les autorités tunisiennes doivent faire preuve de transparence par rapport aux accords migratoires signés avec d'autres Etats et prendre fermement la décision d'arrêt de la criminalisation de l'enfermement des étrangers en Europe et en Tunisie ainsi que l'arrêt de toutes les expulsions vers la Tunisie, sans pour autant oublier de défendre le droit à la liberté de circulation pour tous.
Points de départ et destinations
Les politiques migratoires européennes et tunisiennes se sont endurcies, obligeant les voyageurs clandestins à suivre des routes de plus en plus difficiles pour échapper aux contrôles. Le nombre de victimes dans les eaux méditerranéennes a considérablement augmenté ces dernières années, avec un total de 13.500 morts depuis 1998, selon Human Rights Watch (HRW).
Pour les «harragas» tunisiens, la principale destination est Lampedusa. En 2011, ils étaient près de 5.000 à s'y réfugier selon Frontex, l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures. Les points de départ sont : El Haouaria, Kélibia, Sousse, Mahdia, Sfax, Djerba et Zarzis.
Les jeunes sont particulièrement touchés par le phénomène de l'émigration clandestine. En effet, selon une étude menée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, la plupart des migrants tunisiens disparus en mer entre décembre 2010 et mars 2011, ont entre 20 et 29 ans (73%). 55% d'entre eux viennent du gouvernorat de Tunis, contre 19% originaires du gouvernorat de Sfax et 7% pour chacun des gouvernorats de Sousse et de Kasserine. 24% sont des élèves, 27% des ouvriers, 18% des employés journaliers et 21% au chômage.
M.D.


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