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«Nous pouvons aider à accélérer la venue des investisseurs»
Entretien avec Michel Wormser, vice-président de la MIGA (Banque mondiale)
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2000

Michel Wormser, vice-président de l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) — l'institution du Groupe de la Banque mondiale spécialisée dans l'assurance contre le risque politique et l'amélioration de la note de crédit — est actuellement en mission officielle en Tunisie. L'objet de cette mission est de recenser les domaines dans lesquels la MIGA pourrait contribuer à mobiliser des investissements pour soutenir d'importants projets d'infrastructure et d'autres initiatives créatrices d'emplois et aider ainsi la Tunisie à réaliser ses objectifs en matière de développement. Entretien.
Votre présence aujourd'hui en Tunisie est certes un signal fort adressé à la sphère de l'investissement mais la présence d'une agence de garantie des investissements peut tout autant signifier que le risque pays est encore non négligeable. Qu'en pensez-vous ?
Notre présence en Tunisie est en effet un signal fort adressé aux investisseurs. Nous sommes là pour aider les investisseurs à faire le choix de la Tunisie pour leurs prochains investissements. La Tunisie a besoin d'investissement privé, il faut qu'il y ait de la création d'emplois, il faut qu'il y ait de nouvelles entreprises qui se créent. Ce que la Miga compte faire est de convaincre un investisseur prudent que les risques qu'il ne peut pas maîtriser pourront être pris en charge par notre agence.
La Coface, leader mondial de l'assurance crédit vient d'abaisser la note attribuée à la Tunisie de A4 à B. Cela va rendre un peu plus délicate votre mission...
Le rôle de la Miga est précisément d'aider les pays en transition qui cherchent à attirer les investisseurs. Nous sommes d'ailleurs intervenus en Tunisie dès les premiers mois de la révolution pour permettre le financement, à des conditions intéressantes, du ferry Tanit et ainsi rassurer les prêteurs qu'ils pouvaient continuer à venir en Tunisie. Cela n'aurait pas été possible sans notre intervention. Nous considérons le risque tunisien comme un risque non seulement que nous pouvons prendre mais aussi que nous devons prendre. Parce que les investisseurs voient la Tunisie comme un vrai marché, les Tunisiens eux-mêmes voient les possibilités dans le reste du continent comme des possibilités d'expansion de leurs activités. La question est aujourd'hui de savoir comment, pendant la transition, l'on peut tout de même permettre à ces investissements de se faire. Notre rôle est justement d'aider les investisseurs à faire le pas, à prendre la décision de venir plutôt que de rester sur la touche pendant cette période.
Après la toute récente note de la Coface, le prix de vos services à la Tunisie seront revus à la hausse... N'est-ce pas là une charge supplémentaire pour le pays ?
Il est clair que lorsque le risque est plus élevé, le pays a plus de mal à trouver les financements, et les investisseurs demandent à être rémunérés d'une façon plus importante pour les risques qu'ils prennent. Notre rôle en tant que Miga est précisément de permettre à ces investissements de se faire à des conditions abordables. En tant que filiale de la Banque mondiale, nous pouvons prendre des risques que d'autres hésiteraient à prendre et nous pouvons surtout les prendre sur des durées beaucoup plus longues. Quand on parle d'investissements, on ne parle pas d'une durée de 2-3 ans mais d'une visibilité à 10-15 ans. La Miga assure les investisseurs sur des durées qui vont jusqu'à 20 ans.
En tant qu'institution multilatérale de garantie des investissements, vous avez sans doute un droit de regard sur les projets d'investissement. Quels sont aujourd'hui les projets prioritaires pour la Tunisie ?
La raison de notre visite est justement de discuter avec le gouvernement et de lui poser cette question et de savoir ce qui pour le gouvernement, est prioritaire en termes d'utilisation de l'instrument et où est- ce que les investisseurs devraient venir. Il me semble que l'on va trouver un certain nombre de domaines. Aujourd'hui, la création d'emplois est l'une des plus grandes préoccupations. Cette création va passer par de nouvelles entreprises, il s'agit aussi bien d'entreprises locales que de partenariat avec l'extérieur, ce qui peut apporter non seulement du financement mais aussi de la technologie. La Miga peut aider à accélérer la venue de ces investisseurs. Il ya aussi les investissements structurants : investissement dans l'électricité, dans les pipelines, dans le domaine des ports à l'instar du port de Radès, du port en eau profonde. Tous ces investissements demanderont des engagements à long terme .La présence de Miga dans d'autres pays a pu aider à la réalisation de grands projets d'investissement.
Avez-vous déjà identifié de grands investisseurs étrangers qui potentiellement, sont intéressés de venir en Tunisie ?
Le but de ma mission est de commencer, avec le pays, dans l'identification des besoins. Sur la base de cette identification, l'on pourra mieux focaliser le développement de nos activités. Cela étant, il y a beaucoup de groupes qui sont intéressés par l'investissement en Tunisie qui est un pool d'investissement. Il y a jusque-là relativement peu de partenariat public-privé et on pourrait imaginer que dans le futur ce partenariat ait une part plus grande des investissements structurants. Si cela se fait, Miga pourra réconforter les investisseurs que les engagements que l'Etat prend sur une longue durée seront respectés
Vous allez rencontrer de hauts responsables tunisiens, notamment les ministres de l'Equipement et de l'Industrie. De quoi il sera essentiellement question ?
Il me semble qu'il ya, aujourd'hui, une tension entre l'échéance à court terme et les investissements structurants à long terme. Bien entendu, il faut gérer le quotidien , il faut que les entreprises d'Etat soient restructurées, que des ouvertures se fassent dans le domaine réglementaire et dans l'amélioration du code de l'investissement. Seulement, il faudra aussi qu'on lance déjà et que l'on envisage des projets plus structurants qui permettront à l'économie de continuer à croître. Une économie qui croît à 2,7% ne suffit plus à générer des emplois. Si on veut une accélération de la croissance, ce sera grâce à des investissements nouveaux, des investissements dans les entreprises mais également dans les infrastructures qui permettront à l'économie de devenir encore plus compétitive.
Vous venez de rencontrer des banquiers, quelle a été leur perception de votre présence en Tunisie et quel est leur degré de perméabilité aux nouveaux projets d'investissements ?
Les banquiers étaient extrêmement intéressés par la présence de Miga. Il y a des banques qui voudraient participer au développement de la Tunisie et à la mise en place de grands projets dès qu'ils seront lancés. Ils ont toujours le souvenir du ferry que Miga a aidé à financer. A l'époque, la garantie de l'agence a permis d'augmenter les lignes accordées par la BNP et la Société générale pour le financement de ce ferry qui est le plus gros ferry de la Méditerranée et est un lien fondamental entre la Tunisie et l'Europe. C'est un exemple qui peut être réédité pour d'autres projets. Il n'y a aucune raison pour que les banques soient assez limitées sur leurs interventions qu'elles font aujourd'hui en Tunisie. Les banques peuvent augmenter leur exposition sur le pays. Les banques tunisiennes étaient également intéressées parce que certains de leurs clients voient les autres pays d'Afrique comme un vrai potentiel. La Miga n'est pas seulement un instrument pour aider les investisseurs à venir en Tunisie mais elle aide aussi les investisseurs tunisiens à aller à l'extérieur. Un pays comme le Maroc a fait appel à notre agence pour faire la conquête du continent africain. La Tunisie peut faire participer la Miga dans son effort de conquête de l'Afrique.


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