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Piqûre de rappel
La responsabilité de la Troïka dans ce qui nous arrive
Publié dans La Presse de Tunisie le 23 - 04 - 2014

Deux petites années de gestion désastreuse des trois partis au pouvoir ont eu l'effet d'un tsunami sur la Tunisie
Quel bonheur de voir des responsables parler sans langue de bois ! Depuis quelques jours, le gouvernement prépare l'opinion à des décisions douloureuses sur le plan économique et financier, pour faire face au lourd héritage laissé par la Troïka. Et lorsqu'on tient un langage de responsabilité, lorsqu'on s'adresse à l'opinion d'adulte à adulte, deux fois sur trois le message passe.
Le message consiste en quoi ? La volonté du gouvernement de passer par une loi de finances rectificative constitue une preuve à n'en plus douter que le budget 2014, comme les précédents budgets élaborés par la Troïka, était fictif et les recettes gonflées.
De fait, le nouveau budget, ne nous y trompons pas, va accroître la contribution des entreprises et des personnes physiques aux recettes de l'Etat. Cela se fera par une réduction des subventions sur différents produits tels que les carburants ou les produits alimentaires, et par le relèvement ou la création de nouvelles taxes.
Avec cette nouvelle approche, le nouveau gouvernement essaye de faire preuve d'une gestion raisonnable, compétente et transparente de la situation économique désastreuse. Ce qui fait apparaître, en creux, l'incompétence du précédent gouvernement qui a mené le pays à une situation inédite de son histoire récente : emprunter pour payer les salaires.
Manuel de survie
On dit que les peuples ont la mémoire courte. Voici un petit manuel de survie pour que l'on ne refasse pas les mêmes erreurs. Rappelons-nous la démission d'un homme honnête, Houcine Dimassi, qui expliquait à gorge déployée que les finances publiques allaient droit dans le mur. A contrario, rappelons-nous les propos rassurants d'un ministre des Finances, Elyes Fakhfakh, qui affirmait avec force arguments que tout allait bien dans le meilleur des mondes. L'économiste Moez Joudi, qui avait du talent pour expliquer au commun des mortels toutes les erreurs abyssales que commettait le gouvernement, et qui ne cessait d'alerter l'opinion sur les chiffres gonflés, a été, lui, blacklisté sur la chaîne tv nationale. Les médias qui attiraient l'attention sur le désastre économique étaient stigmatisés, insultés copieusement, jusqu'au plus haut niveau de l'Etat.
Est venu donc le temps de tirer cette inévitable conclusion : la Troïka a fait preuve de mauvaise foi. Certains diront de mensonges, d'autres parleront de falsification. Il est un fait, cependant, que les trois partis coalisés ont pu penser qu'ils ont quitté le pouvoir au bon moment, pour, en quelque sorte, refiler la patate chaude aux autres. Mais, dans tous les cas de figure, la Troïka doit rendre des comptes.
Bilan : mauvaise foi et chiffres faux
Il est difficile de dresser un bilan tant les échecs sont nombreux et trop longs à lister. Ils touchent tous les domaines et, bien entendu, le champ sécuritaire. En matière de gouvernance, par exemple, l'échec est patent. Ni transparence dans les marchés, ni reddition des comptes, ni sincérité de la communication économique et financière, ni neutralité de l'administration, ni même gestion correcte des services publics.
La gestion économique a été sous-estimée au profit d'une posture sentimentale faite d'incantations. « Nos amis du Golfe vont nous aider », n'a cessé de répéter Rached Ghannouchi. Géré au jour le jour, le pays était davantage identifié à une petite exploitation familiale qu'à un Etat qui a une histoire d'un demi-siècle dans la gestion des affaires. Résultat : les investisseurs en déficit de visibilité ont préféré temporiser. Les Tunisiens, eux aussi, ont préféré investir dans d'autres pays plutôt que chez eux.
La Tunisie s'est retrouvée dans une position de faiblesse telle qu'elle a eu du mal à emprunter et a fini par accepter un accord de stand by avec le FMI (ce qui signifie pas de décaissements avant des réformes).
Deux petites années de gestion désastreuse des trois partis au pouvoir ont eu l'effet d'un tsunami sur la Tunisie. Une course contre la montre s'était alors engagée pour sauver les finances publiques, permettre de payer les salaires et faire face aux échéances. Faute de quoi, le pays se retrouvait dans les moratoires internationaux.
Ainsi, sans s'en rendre compte, les Tunisiens sont passés vers une posture nouvelle : demander, insister, et presque quémander pour sauver les meubles. A lire les journaux, à écouter les responsables, les radios et les télés, le discours est presque partout le même : «Le chef du gouvernement est allé dans le Golfe solliciter l'aide des amis. On nous a donné, on nous a aidés, on va nous aider, on ne nous a pas aidés... ». Un discours sentimental et décalé.
L'aide n'existe pas
Faut-il rappeler que dans le champ des relations internationales, que ce soit dans le volet économique ou autres, l'aide n'existe pas ou si peu. Il s'agit soit de prêts à l'Etat, soit d'investissements.
Lorsqu'il s'agit de prêts, ils produisent un taux d'intérêt. Le grand ami d'Ennahdha, le Qatar, a prêté 500 millions de dollars à la Tunisie en 2012, à un taux de 3%, donc supérieur à ce que la Tunisie aurait pu obtenir ailleurs avec un dossier bien présenté et une meilleure politique.
Or, ce qui a rendu l'emprunt difficile, c'est l'accumulation d'erreurs de la part des deux gouvernements de la Troïka : incompétence manifeste, gestion au jour le jour, absence de visibilité et notamment de vision économique. Exemple pour simplifier : c'est exactement comme lorsqu'un individu endetté, qui gère mal ses revenus, qui est constamment à découvert, qui emprunte dès le 5 du mois, qui vit au-dessus de ses moyens, s'adresse à sa banque pour lui demander un prêt. Celle-ci, et c'est normal, va exiger de lui qu'il réduise son train de vie, et qu'il fasse preuve de rigueur de manière à être assurée de récupérer son dû.
Le second type de flux financiers est celui des investissements. Dans ce cas, si nous avions de la visibilité, une politique économique pertinente, une vision, nous n'aurions aucun mal à attirer les investisseurs. Seulement, comment voulez-vous que qui que ce soit vienne placer son argent dans un pays où les gouvernements tombent, où il y a tous les signes d'une mauvaise gouvernance, où il y a tant de légèreté à tous les étages de l'Etat, à commencer par le plus haut...
Pour rappel, maintenant. Le ministre des Finances de janvier à décembre 2011, Jaloul Ayed, avait reçu des promesses pour 20 milliards de dollars. De très nombreuses voix, populistes, s'étaient alors élevées pour condamner cet accord, qui n'est jamais entré en vigueur, au nom de la souveraineté de la Tunisie. Aujourd'hui, la Tunisie s'est retrouvée à quémander 100 millions par-ci, 500 millions par-là pour payer les salaires... !
In fine, la Tunisie reçue en héritage des deux gouvernements Jebali et Laârayedh est complètement décalée par rapport à la réalité économique et internationale. Au lieu de parler le langage des sentiments, les gouvernants auraient eu tout à gagner s'ils avaient été plus sérieux et professionnels, à parler le langage de l'intérêt et à ficeler leurs dossiers pour devenir crédibles. Mais que voulez-vous, la Troïka est passée par-là, ne l'oublions pas.


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