Toutes les misères et souffrances endurées par le ST seraient vaines s'il ne retenait pas les leçons C'est la saison de tous les paradoxes, de toutes les contradictions. L'espace de neuf mois, le club du Bardo était passé du chaud au froid et du froid au chaud, a serré les dents, rongé son frein avant de réussir l'objectif suprême, le maintien en Ligue 1. Puis de flirter avec un immense bonheur, participer à l'apothéose sous forme de finale de la Coupe de Tunisie. Dimanche dernier, les fans «rouge et vert» ont enduré une autre déception : une cruelle élimination au stade des demi-finales au bout du bout du suspense. Alex et consorts étaient à un penalty près de la finale, à un tir manqué par El Ouni dans la fameuse loterie. Mais, avec du recul, cette déception surmontée, tout le monde convient que le Stade revient vraiement de loin. C'était la cerise sur le gâteau, un bonus, un pur moment de bonheur. Les gars du Bardo ont pu rêver l'espace d'un après-midi, la coupe leur a donné de l'appétit, un exutoire après l'étouffant stress du championnat où l'équipe a longtemps marché au bord du gouffre, flirté avec le précipice. C'est la sortie du tunnel, et c'est déjà cela... Pas de gros regrets, tout de même. L'Etoile du Sahel n'a pas volé sa finale comme en témoigne sa mainmise sur la partie illustrée par les statistiques : 9 corners à zéro, dix tirs cadrés contre un seul, 58% de possession de la balle contre 42%. Les visiteurs ont dominé en long et en large les débats. N'eût été le talent de Hamdi Kassaraoui (trois arrêts décisifs dans la demi-heure disputée avant de se blesser tout seul : ligaments croisés et six mois d'indisponibilité) et de Lassaâd Hammami (deux parades déterminantes), le Stade ne serait pas allé jusqu'à l'incertaine loterie des tirs au but. «Marzouki à 40%» «Cette élimination laisse naturellement beaucoup d'amertume, mais il ne faut pas perdre pour autant de vue d'où nous venons, rappelle l'entraîneur Lassaâd Dridi. Toute la saison durant, l'effectif a pratiquement tourné avec treize joueurs. A titre d'exemple, j'ai dû aligner contre l'Etoile un Alaâ Marzouki à tout juste 40% de ses moyens. Tout le monde connaît en effet les limites du potentiel offensif. Nous avons de la sorte intelligemment géré un tel match difficile avec les moyens du bord. Mais au final, nous devons retenir les leçons de cette saison au parcours accidenté, poussif. Et bâtir sur les acquis, dont essentiellement, un nouvel état d'esprit, une âme tout à fait neuve. Les clubs ont déjà commencé à recruter pour la prochaine saison. Ils mettent en place les fondations de l'exercice 2014-2015», rappelle-t-il. L'œuvre de reconstruction doit commencer dès aujourd'hui d'autant que le chantier est immense. Elle touche pratiquement à toutes les composantes du club : technique, administrative, financière... Dridi : le Bahreïn ou le Stade ? C'est ainsi qu'au niveau technique, il faudra vite se prononcer clairement sur l'avenir de Lassaâd Dridi : va-t-il pouvoir continuer l'aventure du côté du Bardo ? «Le projet initié me passionne, martèle-t-il. L'offre officielle d'un club du Bahreïn me tente naturellement, mais je dois à la vérité de dire que si je devais choisir, c'est à mon club qu'ira ma préférence». Dridi a tiré le maximum d'un effectif trahissant nombre de lacunes. S'il est confirmé, il doit être associé à la campagne des recrutements. Qui mieux que l'entraîneur connaît ce qui manque au club et les postes prioritairement à pourvoir? Maintenant que la saison est finie, il est temps de concrétiser les intentions de recrutement afin d'éviter le retard accusé à ce niveau, la saison passée, notamment par suite de l'interdiction de recruter qui a frappé le club du Bardo l'été dernier. Il n'en reste pas moins vrai que l'œuvre la plus délicate concerne la restructuration et l'assainissement financier. œuvre colossale s'il en est, a fortiori dans le climat de suspicion nourri par un front du refus, une opposition qui tire sur tout ce qu'entreprend le bureau de Anouar Haddad. Lequel, sans prétendre répondre à tous les défis imaginables, a eu le mérite de sauver une situation catastrophique, notamment pour ce qui concerne l'avenir de l'équipe de football en Ligue 1. Haddad va poursuivre son mandat: sa menace de tirer sa révérence n'est plus qu'un souvenir. Il reste à aller au fond des choses, dans la transparence et à assurer au club des sources de financement stables. Et c'est là où se situe le tournant décisif qui attend, cet été, le légendaire club du Bardo.