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Des coupes budgétaires inévitables !
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 07 - 2014


Par Dr Rejeb HAJI
«Le budget perd de plus en plus son caractère de pure gestion pour devenir avant tout un acte de politique générale, celui dans lequel se reflètent immanquablement les tendances profondes du gouvernement». Habib Bourguiba (1er novembre 1932)
Dans un pays comme le nôtre, en perpétuel changement depuis trois ans, une poignée de politicards veut modifier l'Histoire alors qu'elle est comme un fleuve qui ne remonte jamais à sa source. Les gouvernements successifs de la révolution et les partis qui les soutiennent ont échoué face aux exigences de la jeunesse qui a été à l'origine du « printemps arabe ». Ils ne sont pas parvenus à régler des questions fondamentales en particulier le chômage. Ils n'ont pas su arrêter le déclin économique et la montée de la violence.
A l'état actuel, les partis politiques sont déchirés, les majorités à l'ANC sont instables et le sentiment qui prévaut dans le pays est un pessimisme béat. Malgré des améliorations, encore peu perceptibles, tout semble échapper au contrôle de l'Etat et à ses rouages. Comment ne pas s'inquiéter et ne pas faire le lien avec la situation des années soixante-dix où le gouvernement en accord avec les syndicats ont signé un contrat de progrès ? Ce contrat, même s'il a été rompu par les contractants, n'a-t-il pas offert au pays et à son élite une orientation et une philosophie d'action ? Au nom de quoi, empêcherait-on aujourd'hui de mobiliser toutes les forces productives de la nation pour investir et créer des richesses ? Comment se ressaisir alors que le terrorisme frappe de nouveau ?
Confronté aux problèmes complexes du redressement du pays, dans une société pluraliste, le système politique actuel est en déphasage du réel. Le refoulement des constituants, le peu d'affluence dans les réunions programmées ou encore les invectives sur les bancs de la Constituante sont des signaux alarmants. Le politique actuel ne répond plus aux exigences du présent. Il est rejeté par les citoyens qui n'ont plus confiance en leurs représentants. Ils leur reprochent de ne pas tenir parole, une fois au pouvoir. Va-t-on dans les prochaines consultations accroître la poussée vertigineuse de l'abstention et du vote protestataire, telle qu'elle s'est manifestée lors des dernières élections ? Le discours politique est absent de l'arène. Ces nouveaux en politique continuent à se chamailler dans les médias pour le paraître. Les discours qui consistent à défendre l'indéfendable c'est-à-dire l'échec patent des gouvernements précédents ne feront que discréditer encore plus la classe politique. En parlant du meilleur gouvernement, de la meilleure Constitution, de la meilleure loi électorale et je ne sais de quel autre meilleur à inventer, on ne fera qu'éloigner les électeurs qui eux jugent la réalité en face.
Au lieu de s'astreindre à limiter la hausse des prix, de s'attaquer au chômage, d'assurer la sécurité et de répondre aux interrogations des citoyens, les « politicards » continuent de plus belle à se considérer comme des hommes providentiels. Ils se trompent de siècle et les médias qui les soutiennent en portent une lourde responsabilité. Le pays se questionne sur lui-même : des interrogations autour de sa cohésion nationale, de son identité arabo-musulmane, de sa place dans cette mondialisation sans merci où priment les intérêts des nations sur les engagements moraux et les promesses sans lendemain, de cette nouvelle attaque et de ces nouveaux martyrs...Bref sur son devenir ? Cette crise qui perdure se manifeste par la course folle au pouvoir, le populisme à outrance dans des discours irréalistes et d'un autre temps. Tout cela aboutit à un déchirement où les idéologies sont à peine perceptibles mais des phénomènes nouveaux de stigmatisation des Tunisiens entre eux et par des haines tribales remontant au passé, voient de plus en plus le jour. La personnalisation des angoisses et des rancœurs se propage même dans les lieux de culte et de dévotion.
Quel « politique » parle aujourd'hui des problèmes du pays ? Qui propose des issues pour sortir de la crise ? Que signifie la démocratie politique dont les résultats sont voués à l'échec à l'avance ? La Tunisie actuelle n'a pas trouvé son chemin et la locomotive n'est pas sur les rails comme il se doit. Elle est confrontée sans arrêt à des périls. Aucune issue politique crédible à son malaise politique, économique, social et financier n'est perceptible. La perspective d'un homme providentiel n'est plus à défendre ni à imaginer. Que dire alors de ce président consensuel ? La seule voie passante serait de revenir au plus vite au peuple seul souverain de ses choix. La lutte pour le pouvoir a faussé la donne d'une union la plus large autour d'idéaux qui seraient le plus petit commun dénominateur de tous. Peut-être que cette nouvelle expérience de gouvernement de transition, formée de technocrates venus d'ailleurs, est annonciatrice d'une porte de sortie de la crise. Il est peu recommandable de la juger sur ces quelques mois de gouvernance. Tout le monde s'accorde à dire que l'héritage est lourd et semé d'embûches. A l'heure où l'on s'attend à une lettre de cadrage du budget 2015, on piétine encore sur une loi de finances rectificative du budget 2014. C'est dire le retard accumulé qui aura des conséquences plus douloureuses à supporter. Moins de fonctionnaires , moins de chargés de mission, moins d'ambassades, moins de frais de fonctionnement des institutions et donc moins de voyages, plus de rigueur dans la gestion des dépenses publiques, plus de contrôle de l'argent parallèle, plus de suivi du secteur financier, moins de jetons de présence, ni de salaires faramineux des dirigeants des grandes sociétés...Au total des milliards à économiser si le contrôle est pointu. Rien que les montants dépensés au cours des dernières élections par certaines formations politiques et qui restent injustifiés, devraient être restitués. A ce sujet, au lieu de faciliter l'accès au financement des prochaines campagnes électorales auprès des banques avec garantie de l'Etat pour le remboursement, en cas de dépassement des 3% des électeurs, on va recourir au budget de l'Etat qu'on a des difficultés à boucler. Au lieu de prendre des décisions en urgence, apparemment peu étudiées, comme celles concernant les voitures de fonction, la Cour des Comptes est outillée pour étudier la situation réelle de la fonction publique dans sa globalité et le parc automobile aurait été un volet de cette étude. C'est la fonction publique et ses cadres, faut-il le rappeler, qui ont sauvé la révolution. C'est sur eux que les gouvernants successifs se sont appuyés pour créer de l'emploi ! Sans étude d'impact, ces responsables ont fini par grossir les rangs de l'Administration et altérer son fonctionnement. Quant à la nouvelle gouvernance, le Premier ministre aurait pu en toute transparence charger la Cour des Comptes de l'évaluation de la fonction publique actuelle. Il lui aurait demandé de proposer des solutions pour les années à venir, en identifiant les enjeux majeurs. Après avoir audité tous ceux qui ont eu à intervenir dans la fonction publique, la Cour présenterait alors son rapport, à titre indicatif, dans un délai de cinq mois. Il aurait pu créer une haute autorité pour la transparence de la vie politique qui contrôlerait le patrimoine des politiques et le dépôt de la déclaration des ministres donnerait l'exemple à suivre.
Au moment où les crises se font de plus en plus nombreuses et où certains remettent tout sur le dos du modèle de développement suivi alors qu'ils sont incapables de proposer d'alternative, et que l'université avec ses économistes qui ont cédé leur rôle à des comptables est oubliée parce qu'elle n'a pas su s'adapter à la modernité et à se réformer. Elle aurait été le lieu de la recherche des solutions aux problèmes cruciaux de l'heure. Rappelons à ce sujet la Table ronde historique de G. Ford sur l'inflation où tous les plus grands universitaires américains ont participé sans distinction idéologique, comparée à notre démocratie économique fictive, sans références et vouée à l'échec, on est loin du compte ! Plus que jamais, il faut réformer le pays. Avec une main tendue, il faut trouver les solutions réalistes pour répondre aux vœux des martyrs. Notre révolution à tous a tracé la voie pour que notre pays soit tourné vers le progrès, tout en gardant sa culture, son authenticité et son originalité. Quelles que soient les solutions apportées aujourd'hui ou demain, tout le monde pourrait se réjouir et applaudir à la réussite d'une gouvernance transparente qui allie la parole à l'action, malgré le scepticisme des uns et l'optimisme des autres!
H.R.


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