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L'interdiction de la honte
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 07 - 2014


Par Seïfallah BLILI
Les massacres continuent à Gaza où la population fuit par dizaines de milliers afin d'échapper au génocide perpétré par l'armée israélienne, qui enfreint toutes les lois et conventions internationales, dont la plupart ont été élaborées après la guerre afin que des actes barbares tels que ceux commis par les nazis ne se reproduisent plus. Les instigateurs et rédacteurs de ces textes auraient, semble-t-il, omis de préciser que lesdites lois et conventions ne concernent pas les Arabes. En tout cas, nous sommes en droit de le penser, compte tenu de l'indifférence des grandes puissances qui nous servent leur sempiternelle langue de bois, alors qu'elles se sont toujours liguées en des temps record pour casser de l'Arabe, sous le couvert de résolutions onusiennes.
Rappelons l'Irak en 2003, la Libye, récemment, devenus des pays exsangues. Pays détruits et populations martyrisées au nom des «droits de l'Homme» et par la volonté de G.W. Bush et Nicolas Sarkozy. Rappelons également les discours humanistes du pseudo-philosophe Bernard-Henri Lévy ou encore les «poses» de Bernard Kouchner, qui ne manquait pas une seule occasion de s'afficher devant les caméras, un enfant soudanais ou somalien dans les bras. Où sont-ils ces chantres de la «liberté et du droit d'ingérence» ? Ces lâches se terrent aujourd'hui et orchestrent de leurs cachettes une campagne de propagande honteuse à la gloire de «Tsahal», ce monstre dont on nous vante les prouesses criminelles depuis trop longtemps. Les pouvoirs socialistes français successifs ont, depuis 1981, sous le couvert de la défense de la laïcité, biaisé le débat sur le conflit proche-oriental par leur politique d'allégeance à l'Etat sioniste. Pour preuve, la récente manifestation en soutien aux populations de Gaza interdite à Paris, sous prétexte du risque conséquent de voir le conflit israélo-palestinien importé en France par la communauté arabe qu'on traite de surcroît par un raccourci honteux d'antisémite. Les images des télés françaises ont montré et interviewé des participants à cette manif qui étaient de bons Français de «souche» et cadres de surcroît. Les images montrant l'assaut des CRS parisiens rappellent celles du 17 octobre 1961 avec leur lot de massacres d'Algériens perpétrés par la police du célébrissime préfet Maurice Papon. Des Arabes, braves ouvriers qu'on a fait venir pour reconstruire un pays dévasté par la guerre 39-45. Leur crime était d'avoir organisé une marche de soutien à l'indépendance de l'Algérie et qui partait des bidonvilles de Nanterre, se terminant au cœur de Paris où la mort les attendait.
Pourtant, en France, le droit de manifester est garanti par la Constitution. Tout le monde, tous les acteurs de la société civile, manifestent avec en prime le droit de déverser du fumier sur la voie publique ou de saccager des étals de fruits dans les grandes surfaces pour les agriculteurs, casser et incendier des édifices publics pour les pêcheurs, boucher les autoroutes et rouler à vitesse d'escargot paralysant l'activité économique pour les routiers, etc. Et le citoyen français s'en est trouvé à chaque fois contrarié, retardé et pénalisé, puisque les dégâts causés par ces débordements sont pris en charge par le contribuable, à travers ses impôts. Tout cela est légal et n'a jamais constitué un trouble à l'ordre public, ont toujours affirmé les autorités françaises.
Mais, dès lors qu'il s'agit de manifester pour protester et s'indigner des carnages perpétrés par l'armée israélienne contre des populations civiles innocentes et qui prennent la forme d'une épuration ethnique et d'un génocide, là, le gouvernement «du mariage pour tous» impose un niet catégorique. Motif invoqué: ça va porter atteinte à l'ordre public. L'Etat français dirigé par le premier président de la Ve République à avoir bradé l'indépendance de la politique étrangère française, juge, condamne et interdit une action avant qu'elle ne se produise. Dont acte, qu'à cela ne tienne, on aura tout vu avec les socialos.
A nous aujourd'hui d'en tirer les conséquences, à commencer par déclarer à messieurs François Hollande et Laurent Fabius nos réserves quant à la prochaine réunion des amis de la Tunisie sous l'égide de la France. «Si vos amis ne vous accompagnent pas jusqu'au bout, comment juger alors le commencement», déclarait un jour François Mitterrand. Mais il est vrai qu'il y a amitié et amitié : sincère ou hypocrite, intéressée ou désintéressée, équilibrée ou déséquilibrée, conjoncturelle ou durable, ponctuelle ou permanente, volontaire ou contrainte, loyale ou déloyale. Chacun peut ajouter ses alternatives...
Pour rappel, Bourguiba a toujours appliqué la réciprocité dans les rapports de la Tunisie avec l'étranger.
Le pouvoir socialiste français, par son interdiction de cette marche de protestation et des accusations qu'il porte à l'égard de ceux qui désapprouvent les crimes contre des populations assiégées et sans défense, se rend complice de la politique génocidaire d'Israël. Le pouvoir socialiste français tient un discours dangereux qui attise les tensions quand il accuse d'antisémitisme toute contestation de la barbarie israélienne. Ce discours nous est servi telle une litanie, relayé par des «intellectuels» de gauche, juifs pour la plupart et qui feignent d'ignorer que les Arabes de France qu'ils visent sont tout autant sémites. Ils feignent d'ignorer également que l'idéologie antisémite a ses racines en Europe depuis la nuit des temps et qu'elle est étrangère à la pensée et aux mœurs arabes. L'histoire témoigne de l'harmonie dans laquelle Arabes et Juifs ont coexisté des siècles durant dans toutes les contrées arabes, du Machreq au Maghreb, et l'Inquisition, les chassant d'Espagne, leur a permis de se retrouver une fois de plus côte à côte en pays d'Islam. N'est-ce pas là la parfaite illustration de la naturelle coexistence pacifique entre arabes et juifs ?


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