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Jusqu'au bout de ses rêves
Rencontre avec Mohamed Ali El Okbi
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2000

Avec un cœur qui ne vieillit pas, le père de l'Agora n'a pas dit son dernier mot... Un prochain retour à ses anciennes amours... Le cinéma
L'esprit vif, dynamique et doté d'un trop plein d'énergie, Mohamed Ali El Okbi ne fait pas du tout son âge... Sexagénaire, il doit son éternelle jeunesse à un seul moteur «son cœur». Il obéit à ses moindres fluctuations. Et un cœur, ça ne vieillit jamais. Assoiffé de savoir, le créateur de l'Agora a passé sa jeunesse en quête de connaissances : «Je n'ai fait qu'accumuler les diplômes», nous dit-il.
D'ailleurs, il a travaillé à un âge avancé. Des études de littérature, puis destination Paris à «l'Institut des hautes études de cinéma». Diplôme en poche, il part à la conquête de l'Amérique. Le rêve américain l'a mené à «l'American Institut» à Hollywood. Là, il a appris la réalisation et la direction des acteurs grâce à de grosses pointures du cinéma... Ensuite, retour à Tunis, où il a côtoyé de grands réalisateurs américains et français. Spielberg, Zefferelli, Jean Yanne... ont fait de lui leur premier assistant... Un travail, nous dit-il, qui m'a permis de rencontrer de grandes stars de l'époque, comme Liz Taylor, Ava Gardner, James Mason, Coluche et bien d'autres. Si le cinéma n'a plus aucun secret pour Mohamed Ali El Okbi, le monde de la culture, lui, l'a accueilli à bras ouverts. Il l'a découvert déjà tout petit «grâce à mon père, nous dit-il, grand avocat qui faisait partie de la Rachidia et qui finançait des événements culturels à Tunis. D'ailleurs, ajoute-t-il, il nous trimballait partout dans divers spectacles, même à l'opéra». Puis, notre homme de culture, enivré par le monde de l'art, a approché divers domaines, c'est un touche-à-tout... Chansons, écriture et, à une certaine période, il a même peint. Ensuite, c'est la consécration pour ses deux films Un ballon et des rêves, réalisé dans les années 80 et Les zazous de la vague, en 1992. Notre artiste a même fait ami-ami avec le domaine de la publicité. Obéissant ainsi à «un besoin de créer» qui ne le quittera plus jamais. «Après la révolution, nous dit-il, J'ai réalisé des films d'animation à travers des spots explicatifs du concept politique». Pour lui, l'artiste doit avoir son mot à dire : «Il ne peut être un simple spectateur»... Il est avant tout citoyen et doit faire sa révolution à sa manière... Par la suite, des films au profit de l'Unesco ont permis à Mohamed Ali El Okbi de découvrir «un autre visage de la femme rurale»... qui a son mot à dire sur le plan politique... Le 23 octobre, le père de l'Agora excelle, en créant trois plateaux télévisés sur El Watania pour couvrir les événements politiques et sociaux... «Le spectateur, nous dit-il, était informé surtout en direct». Mohamed Ali El Okbi ne fait jamais du surplace, il a touché à plusieurs domaines et reste encore sur sa faim. Ainsi, dit-il : «Il faut changer de métier tous les 10 ans, ça donne du peps». En 2010, il caresse le rêve de créer un espace culturel proche des gens, accessible, convivial et chaleureux. C'est ainsi que l'Agora a vu le jour. Un rêve devenu réalité. Café littéraire, où l'on bouquine, où des jeunes révisent leurs cours et où l'on peut rencontrer des musiciens. L'Espace est aussi doté d'une galerie d'exposition, ainsi que d'une salle de cinéma et de spectacle. Théâtre, cinéma, musique, conférences de haut niveau, signatures de livres, expositions. «A l'Agora, on est éclectique», nous dit Mohamed Ali El Okbi. «Tout est bon à prendre tant que c'est intéressant. Haro sur les stéréotypes... Et l'on n'est jamais rassasié», avoue-t-il.
Pour notre homme de culture, «ce genre d'espace de proximité devrait exister partout». Ainsi, précise-t-il : «Grâce à ce genre d'espace, la culture devient accessible à tous... En quelque sorte, elle se démocratise». Et puis, à petite échelle, rétorque-t-il, on résorbe le chômage. Puisque l'on crée de petits métiers... l'Agora commence à avoir une belle renommée outre-mer. Ainsi, en avril, l'espace accueille une grosse pointure de la musique mondiale, Christophe Frisch... Ce dernier s'inspire de la musique populaire qu'il mêle à des mélodies baroques.
Même un jazzman américain est prêt à venir donner un spectacle. L'espace est ouvert au beau... «Moi, nous dit Mohamed Ali El Okbi, la médiocrité m'exaspère, la bêtise m'offusque et la générosité me séduit... Lorsqu'on reçoit beaucoup d'amour en étant enfant, ajoute-t-il, on donne sans retenue et mon espace se distingue par sa générosité». Plus encore, le père de l'Agora est un féru de philosophie, «pour le moment, nous dit-il, je lis le Banquet de Platon... Une citation m'a interpellé... En parlant d'Eros, dieu de l'amour, l'un des personnages du roman a dit ‘‘l'être qui aime a plus honte devant l'aimé que devant son père ou sa mère...‘‘». Et il ajoute que les politiques devraient être les amants du peuple... Ainsi, ne pourront-ils plus lui faire du mal ni le dévaloriser. Et l'espace de l'Agora est l'amant de la culture. Fréquenté par toutes les générations, toutes classes confondues, ce lieu culturel est ouvert comme dans une rue. Il s'offre dans ses plus beaux atours... Un vieux taxiphone à l'entrée, un petit jardin, l'espace est partie intégrante du quartier et fait le bonheur des jeunes et des moins jeunes.
Mohamed Ali El Okbi n'a pas dit son dernier mot, il va renouer avec son premier amour, le cinéma, un scénario qu'il a écrit depuis deux ans.
Il s'agit d'une comédie musicale Les jeunes loups où il parle de classes sociales, d'opportunisme... «d'une vérité historique», nous dit-il, parsemée de chorégraphies et de chants... Mais son rêve le plus secret est de monter un spectacle où il sera le réalisateur et l'acteur «et pourquoi pas le spectateur»... Mohamed Ali El Okbi a toujours été à l'écoute de ses rêves... D'ailleurs, nous dit-il, c'est fou, mais la folie ne gère-t-elle pas le monde ? Et puis, si l'on ne rêve pas, on n'a plus de désir, donc on est mort.


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