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Lettre ouverte aux médias
Mesdames & Messieurs les journalistes,
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 05 - 2015


Par le Colonel ( r) Boubaker BENKRAIEM
Vous savez, comme nous tous, que le principal acquis de la révolution de la liberté et de la dignité et dont jouit, d'ores et déjà, le peuple tunisien est, sans conteste, la liberté d'expression. Et on entend, souvent dire, que vous, les journalistes, vous faites et défaites l'opinion publique mais ce qui est certain, c'est que vous avez le pouvoir de la mobiliser. Notre pays faisant face, depuis quelques années, à la nébuleuse terroriste, nous pensons sérieusement que vous êtes, forcément et au nom du patriotisme, dans une situation de complicité avec nos forces armées. C'est pourquoi, votre rôle dans la guerre ne se limite pas à informer, mais surtout, à sensibiliser, à défendre notre juste cause, à mobiliser le peuple et à dénoncer les vils desseins et activités terroristes. Possédant un certain pouvoir, votre rôle est capital dans cette guerre que le pays mène contre ces illuminés. Il vous arrive d'être critiqués pour votre façon de gérer les évènements, et c'est ainsi la liberté d'expression, et cependant vous bénéficiez d'une audience très importante qui dépasse, souvent, celle des politiques.
Quand vous êtes chargés de couvrir le combat que nous menons contre les terroristes, vous êtes triplement concernés :
a-d'abord, parce qu'il s'agit d'une question touchant à notre liberté, à notre choix de société, à notre modèle de vie, et à l'indépendance du pays,
b-ensuite, il s'agit de l'avenir et du devenir de notre pays,
c-enfin, ce combat est, essentiellement, mené par nos propres enfants, les forces de sécurité intérieure et l'armée nationale qui paient, jour après jour, un lourd tribut et infligent, à l'ennemi, des pertes sérieuses.
D'autre part, plusieurs types de motivations peuvent expliquer le surcroît d'intérêt que vous portez à ces opérations:
1-la soif de connaissance, le déroulement des opérations et de leur aboutissement,
2-la prise de conscience des conséquences des combats pour la communauté et le pays,
3-la volonté d'obtenir des nouvelles des proches et des connaissances parmi les combattants,
4-la communion avec l'élan patriotique.
C'est pourquoi, quand il vous arrive de couvrir un séminaire, une conférence ou des journées d'études se rapportant aux évènements des jebels Chaâmbi, Selloum, Ouargha ou toute autre opération, vous devez faire attention aux informations que vous rapportez à vos lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Les questions de combat étant assez complexes, il n'est pas donné à ceux qui n'ont pas effectué le service national à un niveau avancé, c'est-à-dire comme officier de réserve, de les comprendre pour en parler en connaissance de cause et d'une manière objective et explicite. En d'autres termes, vous devez vous renseigner sur votre interviewé ou informateur, sur sa crédibilité, sur son expérience dans le domaine en question et sur ses états de service, et ce, pour éviter les déclarations irresponsables et nuisibles au moral de nos troupes, ces Hommes qui se donnent, depuis déjà des années, jours et nuits, à veiller à la sécurité des Tunisiens et à combattre, avec courage, détermination et bravoure, les terroristes.
De telles déclarations irresponsables sont d'autant plus condamnables lorsqu'elles émanent de ceux qui se présentent comme étant « experts » en la matière ; en voici un exemple édifiant. Deux radios basées et émettant de Tunis ont rapporté, samedi 25 et dimanche 26 avril, les propos d'un officier retraité, propos recueillis lors d'un séminaire organisé par un institut d'histoire, institut pourtant connu pour être assez sérieux. Cet officier qui a quitté l'armée il y a près de quarante ans, et qui n'est certainement pas au courant des développements intervenus, depuis son départ, dans l'armée dans les différents domaines (formation, équipements, règlements, etc.), au lieu d'encourager nos hommes et leurs chefs, nos camarades, les officiers en activité qui ont accompli ces derniers temps un travail remarquable avec des résultats probants et au lieu de mettre en relief les sacrifices de ceux tombés au champ de bataille, cet officier a jugé plus opportun et plus intelligent de lancer des critiques acerbes vis-à-vis des chefs actuels, leur demandant, entre autres, de quitter leurs bureaux et d'aller sur le champ des opérations, insinuant de la sorte que nos soldats sont abandonnés à leur sort et font face aux criminels, seuls, sans commandement, sans soutien et sans appui. Ne voulant pas rentrer dans une polémique avec cet officier qui ignore tout de l'armée de 2015 qu'il a quittée depuis les années 70 du siècle dernier, étant, par ailleurs, de formation technique, il ne peut avoir l'expertise requise pour s'exprimer sur les opérations militaires type guerre asymétrique difficiles à déchiffrer déjà pour les vrais experts du métier. Il me semble qu'il ignore aussi que certains officiers encadrant leurs troupes sont tombés au champ d'honneur au Chaâmbi et ailleurs. Je le conseille, en conséquence, de ne parler que de choses qu'il maîtrise parfaitement d'une part et que, d'autre part, il doit être solidaire, du moins par esprit de corps, de ces camarades se trouvant, aujourd'hui même, sur le terrain et qui ont, certainement, rendu, au pays, plus de services que ni lui ni moi n'avions pu rendre. Ayant moi-même quitté l'armée quinze ans après lui, après avoir assumé de hautes responsabilités de commandement et d'état Major, je n'ai aucune prétention d'affirmer connaître les capacités réelles et actuelles de l'armée d'aujourd'hui mais dont j'apprécie les compétences de ses chefs et que je soutiens de toutes mes forces et en qui j'ai la confiance la plus totale.
Avant de recueillir en vue de les diffuser des avis pouvant avoir des répercussions sur le déroulement des opérations ou sur le moral des unités combattantes, ce moral qui est plus important que l'armement le plus sophistiqué, avec la possibilité de fournir, indirectement, à l'ennemi, de précieuses informations, nos respectables journalistes sont priés donc de bien s'assurer de la qualité de leurs invités et de leurs rapports avec le sujet traité, se renseigner sur leur (formation, leur expérience dans le commandement, leur crédibilité, etc.).
En dépit de l'effet de telles regrettables déclarations, je tiens à rassurer nos concitoyens quant à la valeur de leur armée et de leurs forces de sécurité intérieure, dont ils peuvent et doivent être fiers, ces forces qui méritent le soutien et l'appui de tous les Tunisiens ; nous devons tous être à leurs côtés, en tout temps et en tout lieu et, dans l'intérêt national, faire en sorte que nous soyons leurs yeux et leurs oreilles.
Aussi, s'agissant d'une période grave et historique pour notre pays nécessitant l'union de tous les Tunisiens et de questions touchant à la sécurité nationale et au moral de nos troupes, est-il demandé aux médias et à leurs vaillants journalistes de veiller à l'éthique journalistique et à la vérification de leurs sources. Il faut, pour ce faire, filtrer le flot grandissant d'informations, valider celles dignes d'être validées en leur apposant le sceau de la crédibilité. Dans pareille situation, le scoop et le buzz ne doivent, nullement, être recherchés, l'intérêt national prime. C'est ainsi que nos médias joueront, positivement, leur rôle de quatrième pouvoir, un rôle de contrôle et de critique mais toujours constructif.
Que le peuple tunisien soit certain que nos vaillants combattants remporteront la victoire. Que Dieu veille sur la Tunisie éternelle.
B.B.
*Ancien sous-chef d'Etat major de l'armée de terre, ancien commandant de la brigade saharienne, ancien auditeur de l'IDN ( 3e Promotion)


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