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Comment est tombé Lokman Abou Sakhr
Publié dans Leaders le 17 - 06 - 2015

Samedi 28 mars 2015, 22h. La légende du chef terroriste jihadiste algérien Lokman Abou Sakhr prit rapidement fin, dans les méandres d'une piste tortueuse de Sidi Yaïche, non loin de Gafsa. Le corps de l'ennemi public N°1 qui a jusqu'ici échappé, parfois à la dernière minute, aux filets des forces armées et sécuritaires des deux pays, criblé de balles, est éjecté de sa voiture Toyota, dans un silence total qui a suivi un échange de tirs nourris. Huit autres de ses complices étaient également abattus. Cette fois-ci, l'embuscade tendue dans le plus grand secret par les forces de l'Unité spéciale de la Garde nationale (Usgn), était la bonne : fatale!
La voiture était en flamme et les pompiers de la Protection civile avaient hâte d'éteindre le feu pour permettre à l'Usgn de s'assurer de l'identité des terroristes. La confirmation n'a pas tardé. Au Palais de Carthage, le président Béji Caïd Essebsi, resté en alerte, ne pouvait espérer meilleure prise, d'autant plus qu'elle survient quelques heures avant la grande marche du Bardo, dimanche matin, en présence de nombre de chefs d'Etat et de gouvernement, François Hollande en tête. Révélations en grande exclusivité sur un exploit digne d'être enseigné dans les écoles de guerre.
Lokman Abou Sakhr, très méfiant et ultra-prudent, ne se doutait de rien quand il était monté en voiture ce samedi soir pour se rendre sur les frontières avec la Libye, réceptionner des voitures à bord. Mais, dès que sa voiture a démarré, les éléments de l'Usgn le donnent déjà pour pris, mort ou vif. Depuis plus de six mois, des équipes ne vivaient que pour ce grand moment, s'y préparant de tout leur génie. La puissance du renseignement se trouvait conjuguée à la perspicacité de la stratégie. Au centre de commandement, tout était passé soigneusement au crible. Les analystes travaillent sans relâche, nuit et jour, examinant le moindre détail obtenu. Ecoute, traçage, internet, surveillance avec de multiples outils et de nombreuses sources sont à l'œuvre. Toutes les hypothèses sont étudiées en profondeur.
Un filon de renseignements, comme beaucoup d'autres reçus, laisse entendre un déplacement. Celui-ci est particulièrement pris au sérieux et tous les parcours possibles sont identifiés et explorés. Trois hypothèses sérieuses et des dates probables rapprochées sont retenues. La préparation commence. D'abord, la météo, les conditions climatiques sont importantes à prendre en considération. Puis, la reconnaissance de l'état des lieux et l'identification de tous les éléments significatifs, avec cartographie précise, repérage du terrain, prises de vue photo, etc. Et, enfin, l'ordre opérationnel à établir.
Conçu selon la formule que connaissent les spécialistes sous l'acronyme d'OSMELQ, ce plan porte sur l'orientation, n n n n n n la situation, la mission, l'exécution (étapes, administration, logistique, etc.), le commandement et la transmission. Cet ordre opérationnel est ouvert aux questions des éléments participants, mais une fois les réponses fournies, il devient exécutoire. Dans le secret absolu, tout était ficelé, et chaque détail traité. Samedi 28 mars aux aurores, près de 200 éléments de l'Usgn partaient du centre de commandement et de diverses autres bases en petits groupes. Pour ne pas éveiller les soupçons, ils étaient répartis en petits groupes, habillés en civil, et empruntaient divers modes de transport. Certains roulaient dans de petites voitures, d'autres dans des véhicules de transport rural ou encore des minibus anodins.
Tous ou presque sont jeunes, accompagnés de quelques aînés, très motivés, ne laissant rien transparaître sur leur visage. Sous leurs habits civils, ils dissimulent leurs armes et munitions. Le gros matériel, lui, était déjà acheminé par d'autres circuits. Tous commençaient à converger vers les lieux des parcours probables que devait emprunter Lokman Abou Sakhr dans la région de Gafsa.
Arrivés sur les lieux la nuit tombante, ils prenaient position, chacun à son poste et à sa tâche. Une station pylône d'opérateur téléphonique, préalablement identifiée, était à « traiter ». Son gardien recevait ce soir-là la visite d'un ami. Tous deux, à leur grande surprise, voient débarquer des hommes en civil qui commencent par leur prendre leurs téléphones mobiles, couper le fil d'une ligne fixe et leur demander de rester sous leur surveillance, sans quitter les lieux. Ils ne comprendront ce qui va se passer que plusieurs heures plus tard et réaliseront alors son importance.
Le signal arrive aux éléments de l'Usgn. Lokman Abou Sakhr est en route. L'itinéraire choisi se précise. Tout va alors se dérouler rapidement. Pour ne lui laisser aucune chance de fuite, trois embuscades à la fois lui sont tendues, rien que sur ce parcours. D'autres groupes de l'Usgn ont été laissés en alerte sur d'autres pistes, au cas où à la dernière minute, il s'aviserait de changer de parcours. Dans le silence de la nuit, la Toyota des terroristes avale la piste cahoteuse, soulevant une poussière de sable. Les hommes de l'Usgn la suivent de près. Chacun sait exactement ce qu'il doit faire. Rien n'est laissé à l'improvisation: qui tirera sur l'avant gauche de la voiture, l'avant droite, l'arrière, chaque portière ? Qui s'avancera et tirera sur chacun de ses occupants? Et que faudrait-il faire par la suite.
L'assaut est donné. L'effet de surprise est énorme. Prise sous un feu nourri, la voiture des terroristes commence à tanguer. Sakhr Abou Lokman et ses complices ripostent, essayant de se désengager. Le chauffeur n'y pourra rien. Le grand silence est soudainement ponctué par les échanges de tirs qui éclairent furtivement la nuit enveloppante. Les portes de l'enfer se sont ouvertes devant les terroristes. En quelques minutes, l'opération est bouclée, couronnée d'un éclatant succès. Quelques minutes qui résument en fait des mois et des mois de longue traque et de minutieuse préparation.
Le secret était si bien gardé que dans les salles d'opérations de la région, on croyait à de simples tirs de baroud, comme il en est de coutume. Personne ne soupçonnait une opération de cette envergure, encore moins une prise aussi exceptionnelle. Signée, Usgn!
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