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Slaheddine Sellami: Le weekend le plus long
Publié dans Leaders le 11 - 01 - 2016

Décidemment le mois de Janvier en Tunisie est un mois chaud,d'ailleurs, du jamais vu, 23° un 10 janvier, c'est peut être un signe du destin. Au-delà de cette chaleur, cette fin de semaine a été politiquement chaude, deux rassemblements d'un même parti à 150 km l'un de l'autre et qui vont obligatoirement changer le paysage politique en Tunisie avec un grand gagnant le parti islamiste. Ces évènements ont montré que malheureusement, ce parti est le parti le mieux structuré, le plus discipliné et le seul à avoir une stratégie à court à moyen et à long terme. La présence de Rached Ghannouchi à l'ouverture des travaux de ce congrès est logique puisqu'il s'agit d'un parti allié et ami, d'ailleurs son discours a été parfait. Les Nidaistes qui n'ont pas apprécié cette présence, surtout lorsqu'il a été acclamé ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes, ils ont cautionné cette alliance, ils ont même exclus leurs camarades qui étaient contre cette alliance contre nature.
Au-delà de ce fait divers, il y a un certain nombre de remarques et de conclusions à faire:
1- La Tunisie a malgré tout changé et une certaine résistance est apparue contre toute forme de mainmise
2- Personne au Nida n'est dépositaire d'une patente et personne ne dispose d'un chèque en blanc signé par les militants, pas même son fondateur le président de la République
3- La grande réussite du meeting de Mohsen Marzouk montre qu'il s'agit d'une personnalité politique avec laquelle il faudra compter , qu'il n' y a pas que BCE pour entrainer derrière lui un aussi grand nombre de militants et que la grande majorité des militants croient en un projet qui exclue toute alliance avec les islamistes , car de l'avis de tous , ce qui s'est passé la veille à Sousse a contribué d'une manière certaine à mobiliser un grand nombre d'indécis.
4- l'alliance des partis dits démocrates avec Ennahdha leur porte préjudice et ce quelle que soit la forme,Ettakattol, le CPR et aujourd'hui Nida en est la preuve. Ce parti islamiste qui a profité de son expérience, de son implantation et surtout de l'expérience de tous les partis islamistes du monde musulman en particulier la Turquie et l'Iran, joue sur du velours et applique la politique des lièvres connus de tous les coureurs de fond, qui consiste à utiliser des coureurs moyens qui font la course en tête puis s'écartent. A la fin du parcours c'est le favori qui met le turbo et gagne la course après avoir usé tous ses concurrents ; ettakattol , le CPR et bientôt Nida ont joué ce rôle. Yaura-t-il d'autres lièvres à l'avenir ? Car le moment venu ce parti va essayer de gouverner seul et d'une main de fer la Tunisie sous le régime de la république islamique ou sous le régime du califat.
5- Ce qui s'est passé ce weekend à Sousse a montré qu'en moins d'une année BCE a pulvérisé tous les records en installant son fils à la tête de son parti, ainsi ce qui était une simple rumeur voire une anecdote a pu se réaliser. Cependant l'histoire n'est pas terminée car les démissions vont se poursuivre, les divisions vont continuer à déchirer ce qui en reste de ce parti et le fils finira par hériter d'une coquille vide. Personne n'ose imaginer que ces jeunes et moins jeunes loups aux dents très longues vont accepter ce leadership. Le parti islamiste va essayer de le soutenir pendant quelques temps mais ils vont par la suite le lâcher.
6- le plus grave c'est que les tunisiens et en particulier les jeunes ont perdu toute confiance dans les partis politiques et dans la grande majorité des hommes politiques comme le montrent tous les sondages d'opinion, trop de promesses non tenues. Ils ont compris que pour ces partis les électeurs sont de simples voix qui n'ont d'importance qu'en période pré-électorale. Ils se tournent vers eux le moment venu promettent monts et merveilles puis oublient jusqu'à leur existence, même les récents mea culpa de certains n'est que de la poudre aux yeux.
7- tous les débats ne sont pas du tout des débats d'idées ni de projets,ennahdha n'a pas réalisé 1% de son programme après deux ans de pouvoir et Nida n'a pas appliqué une seule ligne de son programme électoral de près de trois cent pages. La grande majorité des hommes et des femmes politiques actuels sont des opportunistes qui cherchent le profit immédiat et rapide. Heureusement qu'il existe encore quelques personnalités honnêtes malheureusement souvent marginalisés.
8- tout ce qu'on a reproché à l'ancien régime est en train de se reproduire avec de nouveaux acteurs : népotisme, corruption, enrichissement illégal,favoritisme, liens familiaux en politique et ce aussi bien sous la Troïka que sous le quartet. Même la mafia qui entourait la famille sous l'ancien régime reprend du service
9- les partis dits progressistes n'ont toujours pas compris qu'ils n'ont plus aucun poids dans la société et qu'en dehors d'une union sacrée de tous les progressistes et d'un renouvellement de la classe politique ils vont tout simplement disparaître
10- Pour le moment seule la société civile qui a montré sa maturité a été capable de maintenir le pays à peine debout. On est loin pour le moment de pouvoir voler.
11- Le grand perdant dans tout cela reste le peuple et en particulier les couches les plus faibles qui ne comprennent rien à toutes ces manigances qui ne l'intéressent pas d'ailleurs. Pour elles une seule réalité,son quotidien a changé mais dans le mauvais sens.
12- La Tunisie joue en ce moment son avenir et l'avenir des générations futures et qu'un retour vers la dictature et le régime du parti unique (qui risque cette fois ci d'être un parti théocratique) est non seulement possible mais même probable. Assisterons-nous à un sursaut salvateur de ses intellectuels , de ses hommes politiques qui ont montré leur capacité à gérer les affaires de l'état sans tromper dans les magouilles et l'affairisme et de sa société civile pour sauver le minimum de ce qui reste comme héritage de plusieurs décennies de labeur et de plusieurs générations de bâtisseurs d'un état civil et moderne ? Ou bien verrons-nous de nouveau apparaître des Mustapha Khaznadar ou des Mahmoud Ben Ayed qui ont offert le pays aux puissances étrangères?


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