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Retirer les billets de banque et les remplacer: Qui veut perdre des milliards?
Publié dans Leaders le 06 - 10 - 2016

Qui est derrière cette forte campagne médiatique appelant à retirer les billets de banque existants et à les remplacer par d'autres nouveaux billets?
Des «patriotes révolutionnaires sincèrement soucieux de coincer les contrebandiers et d'assécher l'argent sale» ? Des intermédiaires pouvant tirer profit des coûts de fabrication et d'acheminement de nouveaux billets ? Des revendeurs de machines de comptage de billets alléchés par le volume du parc (de plusieurs milliers d'unités) à moderniser en fonction des spécifications nouvelles ? Ou des lanceurs d'alerte en mal d'inspiration ? «Des ignares!», murmure amèrement un ancien banquier qui connaît bien les vrais détails d'une pareille opération.
Est-elle indispensable, actuellement, pour la Tunisie? La réponse est, d'emblée, catégoriquement non. Mais essayons d'examiner dans cette série d'articles la question en profondeur et dans le détail.
Quand est-il nécessaire de procéder au retrait de billets de banque en circulation et à l'impression de nouvelles coupures et avec quels avantages réels ? Combien cela coûte ? Quels délais cela peut prendre ? Et comment se déroulera toute l'opération?
Jusque-là, la Banque centrale de Tunisie, emmurée dans son silence habituel, n'est pas intervenue publiquement pour mettre fin à cette campagne d'influence, bien enflammée dans les médias et les réseaux sociaux. Elle a cependant accepté de répondre aux questions de Leaders. Pour la première fois, elle a ouvert ses portes, ses coffres et ses comptes à nos journalistes et photographe. Voyage au cœur d'un univers exceptionnel, fortement stratégique, hautement sécurisé.
Cela fait bientôt 170 ans que la Tunisie a connu son premier billet de banque, que le Bey Ahmed 1er avait fait imprimer en 1847 à Dar al-mal, à Beb Jedid. Le protectorat français en a fait des siens et c'est la Banque centrale de Tunisie, à peine entrée en fonction le 3 novembre 1958 au lendemain de l'indépendance, qui restaurera la souveraineté monétaire du pays. Sous Bourguiba, pas moins de dix émissions seront effectuées entre 1958 et 1986. Neuf autres suivront jusqu'en 2008, soit dix-neuf au total. La révolution fera passer à la déchiqueteuse les billets directement liés au régime déchu. Il aura fallu faire imprimer dans l'urgence, pour les remplacer, pas moins de 700 millions de billets. Coût total, frais connexes compris: 87 millions de dinars, soit en moyenne 125 millimes le billet, rien qu'en impression.
Lourde, onéreuse et sans garantie
La circulation fiduciaire qui a presque doublé depuis la révolution est actuellement de l'ordre de 10.2 milliards de dinars dont 9.9 milliards en billets de banque. Retirer tant de billets est une opération très lourde, trop onéreuse, et sans justification impérative, affirment les spécialistes.
• Lourde, car il s'agit de procéder au ramassage, à la vérification, au comptage et à la destruction. Le ramassage suppose toute une logistique sécurisée de transport des fonds et de stockage sous haute surveillance. La destruction commence d'ailleurs chez l'imprimeur à l'étranger, auprès de qui il faudrait dépêcher des équipes chargées de s'assurer de la destruction matérielle et numérique de tous les éléments ayant servi à la fabrication des billets en question. En Tunisie, la chaîne démarre avec la reconnaissance et la vérification manuelle de chaque billet par deux agents et un superviseur...
• Lourde aussi, puisqu'il s'agit de procéder au design (sur concours), à la validation (par le gouvernement et les députés), à la passation du marché (sur consultation internationale élargie) et espérer une première livraison au mieux dans six mois, sinon une année...
• Trop onéreuse, à plus d'un titre. Sur chaque nouvelle commande, les règles prudentielles imposent que 35% des billets reçus soient gardés en réserve et le reste mis en circulation. A peine donc imprimées après la révolution, plus du tiers des nouvelles coupures qui n'ont guère servi jusque-là seront détruites : une perte sèche de 30 millions de DT rien que pour ces lots non utilisés et un total de 87 millions de DT au total.
• Trop onéreuse aussi, lorsqu'on sait qu'avec la dépréciation du dinar par rapport à l'euro, l'augmentation des prix de fabrication et de transport, il faudrait compter pas moins de 120 à 140 millions de dinars pour procéder au renouvellement des billets. On est loin des 30 millions de dinars avancés par les plus optimistes et martelés dans leurs interviews largement médiatisées.
Sans justification ni garantie impératives, ce renouvellement ne promet aucun impact bénéfique, comme l'a souligné l'ancien gouverneur de la Banque centrale, Mustapha Kamel Nabli, relayé par son prédécesseur, dans une autre époque, Taoufik Baccar.
S'il devrait y avoir une thésaurisation significative, elle porterait sur les grosses coupures de 50 D, ce qui est plus pratique. Or, la traçabilité de ces billets en circulation assurée par les services de la BCT ne révèle aucun écart important. Quant à la lutte contre les paiements cash pour masquer des transactions en noir, ou la circulation de l'argent sale, il y a des moyens beaucoup plus efficaces à employer qu'une démonétisation des billets en circulation et leur remplacement. Que faire si les retraits s'avèrent inefficaces? Recommencer encore une, voire deux fois ? A quel prix ?
D'autres modalités plus utiles
A la Banque centrale, la position est claire : pas de retrait. Mais promouvoir la bancarisation, le télépaiement et d'autres modalités plus judicieuses. Mais aussi appliquer la loi quant aux montants plafonnés de paiement en cash, lutter contre la fraude fiscale, la contrebande, le marché parallèle, le terrorisme, le trafic d'armes et de stupéfiants, etc.
Une question taboue que personne ne veut évoquer : l'argent politique. Comment faire face à tout ce financement extérieur occulte qui profite à des partis politiques, médias, ONG, et autres ? L'approche des nouvelles échéances électorales (municipales en 2017-2018, puis législatives et présidentielle en 2019) ne fera qu'attiser ces flux toxiques.
Dossier établi par
Néjiba Belkadi et Taoufik Habaieb
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