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Quatre leçons majeures de l'élection présidentielle de ce 15 septembre en Tunisie
Publié dans Leaders le 15 - 09 - 2019

La Tunisie n'a pas été épargnée par ce qui se passe désormais à travers le monde, plus particulièrement tout proche de nous en Europe. Montée de l'antisystème, fin des machines électorales traditionnelle, puissance des positions clairement affirmées sur les lignes de clivage déterminantes : c'est ce qui a fait gagner les deux premiers, Kais Saied et Nabil Karoui. Et hisser un candidat perdu par les radars, comme Safi Said, non loin des Top 5. C'est ce qui a, aussi, fait tomber tant d'autres, le chef du gouvernement, Youssef Chahed pourtant donné favori par ses fans, ou Abdelkarim Zbidi, qui s'en est pris en dernière minute, poussé par ses amis qui rêvaient pour lui d'un destin national, sans une structure huilée et puissante. Un indice majeur à prendre également en considération : l'islam politique qui, pour la première fois postule à la magistrature suprême, n'arrive pas à porter son candidat à Carthage, pour une série de facteurs à analyser en profondeur.
L'antisystème a pris en Tunisie, avec réelle ampleur, peu soupçonnée jusqu'à ces dernières semaines, différentes formes allant du vote de classe, à celui du rejet de tous les dirigeants, actuels et anciens, ou encore, de la remise en cause totale des politiques publiques, des partis, et des institutions. Ce rejet général, sanctionnant leur échec, reste à la demande d'une offre convaincante, incarnée par un candidat crédible.
Les machines électorales classiques et les partis qui les déploient, se sont presque toutes enrayés. Les grands meetings, boostés par les fans emmenés en fortes flottes de bus, et des shows musicaux, n'auront enthousiasmé que leurs organisateurs, induisant leur candidat dans la fausse bulle de la victoire. Les exemples de cette obsolescence sont fournis par Ennahdha, enraciné depuis plus de 40 ans, et qui n'a fait que dupliquer les machines héritées du Néo-Destour, malgré leur fractionnement, Tahya Tounès qui a promis en montée en puissance fulgurante, Al Badil, sans cesse relancé, par le contenu de son think tank. La démonstration du contraire est affichée par Kais Saied, et un degré moindre, Nabil Karoui, mais aussi Safi Said. Il faut dire que Karoui avait commencé à convertir son association Khalil Tounès en un parti structuré, Qalb Tounès et fédérer leur attribution au tour de son propre non. Emprisonné, il n'avait pas eu le temps d'aller jusqu'au bout de cette entreprise. Sans lui, l'appareil qu'il voulait déployer n'a pas eu toute la puissance escomptée, il est cependant parvenu à l'imposer au deuxième tour.
La position nette et crédible en clivage puissant aura été l'atout majeur des gagnants et la torpille fatale pour les perdants. Youssef Chahed en paye fortement le prix ( avec Mehdi Jomaa et d'autres aussi.) Malgré la multiplicité de ses prises de parole, en meetings et dans les médias, Chahed n'a pu imposer une position suffisamment claire et déterminée et surtout très clivante et crédible sur des questions clefs. Même s'il réitère ses réalisations et multiplie les effets d'annonce, sa voix bien audible se perd dans la confusion de la manière dont il est perçu. Entre l'image voulue de « un jeune, rompu aux affaires de l'Etat, connaissant parfaitement le pays, les dossiers et les solutions », et celle perçue d'un « fonceur droit vers Carthage, autosuffisant et très sûr de lui, arrogant », le décalage a été profond. Sans que ses stratèges ne s'en aperçoivent à temps, malgré tous les signaux d'alerte. Qu'il s'agisse de la lutte contre la malversation, la résorption du chômage, la compression de la flambée des prix, le rééquilibrage des finances publiques et la réduction des déficits, ou encore de la réforme de la santé, des transports et de l'école, il n'en convainc pas les électeurs. Rattrapé, en plus, par son bilan de gouvernement, il laissera des plumes, avec comme unique réconfort un rebond tant espéré lors des législatives du 6 octobre prochain.
Dernière ligne d'analyse qui n'a pas encore livré tous ses indices ce dimanche soir : le degré d'ancrage de l'islam politique en Tunisie. Le candidat d'Ennahadha, Abdelfettah Mourou, co-fondateur avec Rached Ghannouchi du Mouvement de la Tendance Islamique (MTI), arrive bien troisième position, derrière Saied et Karoui. Mais, avec pas moins de 8 points d'écart par rapport au premier et 4.5 points d'écart, derrière Karoui. « Un grand trou », commentent les analystes, mais « l'islam politique était en embuscade » comme le prédisait la presse internationale tout au long de la semaine dernière. Ennahdha a-t-elle mis tout son poids pour porter son candidat à Carthage ? Ghannouchi en a donné en public toutes les confirmations. Le secret des urnes gardera le silence. Avec Mourou, l'islam politique était à deux pas de Carthage. Ceux qui avaient caressé ce rêve ont dû en déchanter.
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