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Ahmed Ben Hamouda : Lecture sectaire et vivre ensemble...!
Publié dans Leaders le 02 - 07 - 2022

L'épilogue qui aura lieu le 25 Juillet prochain, jour de la fête de la République, ne va pas générer pour les tunisiens un toit commun pour un vivre ensemble apaisé.
Comment alors garder intact notre moral de peuple aspirant aux lumières et à la vie ?
Je l'ai écrit et maintes fois répété, « Il fallait qu'un jour un changement advienne et qu'il soit finalisé par celui qui en a les moyens institutionnels, notamment ceux de l'Etat ».
Etant bon peuple, j'ai fait partie en ce 25 Juillet 2021 de ceux qui pensaient qu'il fallait que le pays sorte de cette chape de plomb, de l'indigne corset institutionnel enfilé, de l'esprit partisan et sectaire appuyé à sa droite et à sa gauche par ce que le pays comptait de cyniques, de revanchards, de cupides, de malfrats et de voyous. Ce coup d'arrêt apporté à une farce de jeu politique était favorablement perçu par l'opinion qui, jusque là, reprochait à ceux qui étaient en place de n'avoir pas respecté l'émotionnel du pays, d'avoir désabusé son espérance et d'avoir trahi ses attentes. En ayant eu l'audace d'un tel acte attendu, le Président, a laissé entrevoir l'espoir de restaurer la confiance en des profils politiques espérés plus propres et plus soucieux du peuple. Il s'est du coup trouvé au front, tenu à des actions, redevable de performance et comptable des réussites et des échecs de ses décisions.
Nous avons vécu depuis ce jour là un clair obscur politique qui vient de se dissiper de façon nette par ce projet de constitution qui sera soumis à référendum dans 24 jours.
Le président est depuis hier, porteur d'un projet d'une cité improbable, dont il laisse cette fois-ci clairement entrevoir la maquette. On a eu droit un moment, à la farfelue ébauche d'un compagnon doctrinaire rêveur et lénifiant, pour enfin se rassurer que le président n'en garde que la partie « le peuple veut », avec option évidente pour l'illusion iranienne d'islamisme à relents passéistes!
Légitimement, deux questions s'imposent: comment un Président censé nous représenter peut-il être aussi loin d'une posture nationale rassurante et respectueuse de notre ADN de Tunisiens ? Comment escompter la réussite d'une posture 17 décembre fantasmée comme symbole d'une révolution bénie, alors qu'on a un peuple longtemps bercé par sa Tunisianité, « une certaine douceur de vivre » , un peuple accommodé à son identitaire composite, assumant les marqueurs variés de son histoire passée et récente et unitairement fragile pour être exposé aux démons du déchirement et des divisions ?
Sans épiloguer, j'admets que les résonances des dates soient importantes mais sincèrement, comment en espérer pour cette constitution une gouvernance de lumière ?
D'abord, qui empêcherait le Président d'imposer un premier Ministre et des ministres dont l'effacement obligé ne permettrait aucun projet alternatif et personnel ? Qui se saisirait de la cherté des produits de base, de la précarisation des situations, du déclassement de notre enseignement, de notre formation professionnelle, de notre industrie et de notre agriculture ?
Lorsque au niveau du Président de tous les Tunisiens, on stigmatise, on se voit dans un clan et on se déclare ouvertement ennemi de tous ceux qui ne pensent pas pareil, il n'y aura pas pour le pays d'avancée apaisée et la lucidité de la gouvernance se perdra fatalement !
Comment se sentir rassuré alors que Le projet de constitution affirme le droit pour le président de la république, quel qu'il soit , d'être derrière tout et qu'il y a risque, si la déraison assiège sa pensée, qu'il fasse vivre au pays les soubresauts mégalomanes de ses chimères et ses dérives de démagogue populiste ? !
A mes amis qui espèrent au temps, je dis qu'il y aura, à n'en point douter, une plèbe préparée et conditionnée pour dire oui à ce projet de constitution !!! Le Président fera passer et engager en vertu de l'article 138 et dés le lendemain du référendum, la gouvernance dont lui et ses alliés directs et indirects rêvent…
Je leur rappelle aussi que le Président aura l'appui des votants en masse qui refusaient aux dernières élections présidentielles un profil de mafieux et qui lui ont préféré, sous l'instigation de la mouvance islamiste, un oiseau rare inexpérimenté, perçu malléable et de même fibre qu'elle. Nous ne devons pas oublier ce détail, même si notre bonté/naïveté de peuple non politisé nous pousse, nous aussi, à des croyances chimériques !
Cette constitution, est un coup de poignard dans le dos donné par nos vaillants et si illustres juristes. Nous avons pensé un moment excuser leur « centrisme », le fait qu'à chaque fort moment que nous autres patriotes fantasmons de notre libération, ils occupent le devant de la scène et nous volent notre espérance !
Désormais le jeu est clair.
Face à des comploteurs organisés et forts en saccage, l'urgence d'agir, de riposter et de nous extirper du piège est le minimum qu'en tant que patriotes, nous devrions oser. Lorsqu'il est aux premières loges des victimes, un peuple trahi doit puiser en lui-même les moyens, la méthode, l'organisation et les ressources pour s'opposer à l'adversité.
Je l'espère pour mon pays; Il faut taire nos différences, nous soutenir et créer les conditions favorables à notre cause et nous montrer capables de faire face aux soubresauts de la conjoncture. Ce serait grave qu'on n'y pare pas par une action coordonnée et qu'on replonge dans les divisions et les courtes vues.
Lorsqu'il y a danger sur les repères, notre unité devient nécessaire. Voilà que le projet qui a usurpé notre espérance prend le chemin de l'imposition référendaire ! Sous couvert de liberté et de démocratie, voilà qu'il y a diktat sur nos valeurs, nos perceptions, nos mœurs et nos rites.
Le citoyen va bientôt se trouver sous emprise, enlisé sous les interstices de la domination et du contrôle des excités d'une obédience étrangère à cette Ifriqya islamisée et arabisée. Sachant que le caractère séculier de la société tunisienne est trop lointain, des excités revanchards pensent que le moment est venu de pérenniser de façon exclusive le marqueur arabo-islamique. Ils veulent constitutionnellement capitaliser sur cette réalité historique; que depuis quatorze siècles, le marquage de la religion musulmane et de l'arabité est en Tunisie constant, en oubliant qu'il n'a jamais été exclusif et que notre richesse réside dans nos brassages, notre histoire « composite » et notre ouverture séculaire sur le patrimoine humain et l'univers monde.
C'est aussi de ce côté-là qu'il faut envisager notre projet de vivre ensemble et de nous frayer une place dans le concert des nations.
Nous avons laissé aux démagogues et aux populistes le débat sur ce qui fait notre spécificité et notre universalité et sur un projet à sens qui nous rassemble…Nous avons également sous-pesé le poids du leadership et voulu croire à une gouvernance, légale et institutionnelle, désincarnée et impersonnelle… !
Nous avons alors laissé la porte ouverte à tous les clivés, les excités et les revanchards. Ils en ont profité pour imposer au corps social entier ce que bon leur semble, avec la complicité et la malveillance de ceux parmi-nous qui se fantasmaient un destin. A croire que par la volonté d'une frange d'activistes, cette ère rêvée de liberté et de lumière n'a pas de choix autre que celui d'imposer un pendant religieux, vidé de sa substance, racketté par des fous et du coup lourd de servitudes !
De plus, pendant cette transition, le modèle sociétal de la première période postindépendance a été visé et attaqué. Des politiques malveillants ont agi impunément pour en miner les assises et en brouiller les repères. L'impression donnée est qu'avec la complicité de militants de droits de l'homme, dont certains étaient sincères, le pays a eu une lecture de la démocratie, concoctée et sous surveillance d'une mouvance qui parce qu'un moment majoritaire par les urnes et parce que brandissant une lecture sectaire de l'Islam et mobilisant en bleu la toile, se croyait l'être aussi dans l'esprit et l'émotion du peuple !!!...
Cette lecture nous a fait et nous fera vivre une expérience amère et tout compte fait peu reluisante de nous-mêmes et de notre rapport au monde et à la vie Elle a désabusé le pays au point de haïr ceux qui la représentaient ; la mouvance islamiste certes, mais aussi tous ceux qui ont participé à la farce, les élites internes complices, les excités du formalisme juridique, mais aussi et parfois injustement les quelques sincères démocrates !...Elle a aussi poussé à la répulsion de tous ceux qui en externe défendaient le formalisme démocratique ; les activistes, les agences d'aide et les financiers prêteurs , mais aussi les lobbys, les revanchards et anciennement ennemis du pays…Elle a enfin déçu ceux de nos amis occidentaux leurrés par la dynamique d'un printemps dépeint selon les œillères de leur propre vivre ensemble…
Peu importe que certains se réjouissent provisoirement de pouvoir squatter la gouvernance de ce pays ! Il faut que ceux qui leur prêtent main, sous prétexte de démocratie ou de réalisme politique reviennent à plus de décence.
Les adeptes peuvent lustrer l'infâme décor, le maquiller et le replâtrer, rien n'y fera parce qu'une âme sombre ne peut durablement inspirer confiance ! En s'en tenant à ce jour à une position de juriste clivé, le président et c'est là notre malheur, assombrit lui aussi le futur et laisse se développer une vision chimérique du vivre ensemble !


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