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No sex and the city
Publié dans Le Temps le 09 - 09 - 2017

Convaincue que «les droits sexuels font partie des droits humains», la romancière franco-marocaine Leila Slimani, prix Goncourt 2016, montre dans un livre de témoignages combien cette reconnaissance d'une sexualité libre est toujours un combat pour les Marocaines.
Sexe et mensonges - La vie sexuelle au Maroc» (Les Arènes), en librairie mercredi, est publié alors qu'il y a moins de trois semaines, la diffusion d'une vidéo montrant une agression sexuelle collective d'une effroyable violence à l'encontre d'une jeune femme dans un bus à Casablanca a ému de nombreux Marocains.
En lisant les témoignages de femmes marocaines recueillis par Leila Slimani qui, avant d'être romancière, a été journaliste pour Jeune Afrique, il apparaît que l'affaire de Casablanca est loin d'être un cas isolé. «Le hasard a voulu que ma première fois soit un viol, par trois hommes, quand j'avais 15 ans», confie ainsi Zhor, une jeune femme de 28 ans, originaire de Rabat que l'on retrouve dans le roman graphique Paroles d'honneur (Les Arènes BD), publié parallèlement à Sexe et mensonges avec la dessinatrice Laetitia Coryn. Nour, une trentenaire d'Agadir, se souvient qu'un cousin lui faisait «des attouchements» quand elle avait 5 ans. F., une prostituée, raconte son calvaire, Malika, médecin célibataire, âgée de 40 ans, décrit son avortement (illégal au Maroc sauf en cas de viol, de malformations graves ou d'inceste) et Mouna dit la difficulté d'être lesbienne au Maroc.
Dans un pays qui se veut, selon les discours officiels, chantre d'un islam tolérant et où les femmes n'ont pas l'obligation de porter le voile, les Marocaines subissent fréquemment insultes, remarques désobligeantes et autres agressions sexistes dans les espaces publics, rappelle avec force l'essai de l'écrivaine.
«Homosexuels, femmes adultères purgent des peines de prison bien réelles»
«Homosexuels, femmes adultères purgent des peines de prison bien réelles» au Maroc, s'indigne Leila Slimani. «Les femmes doivent retrouver le moyen de peser sur une culture qui est l'otage des religieux et du patriarcat», demande la romancière féministe dont les livres sont librement publiés au Maroc. «Si l'on s'en tient à la loi telle qu'elle existe et à la morale telle qu'elle est transmise, il faudrait considérer que tous les célibataires du Maroc sont vierges. Que tous les jeunes gens et toutes les jeunes femmes, qui représentent plus de la moitié de la population, n'ont jamais eu de relations sexuelles», pointe l'auteure de Chanson douce et Dans le jardin de l'ogre. «Les concubins, les homosexuel(le)s, les prostitué(e)s, tous ces gens n'existeraient pas», relève-t-elle avec une ironie amère.
De fait, Leila Slimani dénonce l'hypocrisie et «la culture institutionnalisée du mensonge» de la société marocaine où «l'honneur passe avant tout». «Ceux qui détiennent l'autorité, gouvernants, parents, professeurs, font le même discours : ‘Faites ce que vous voulez, mais faites-le en cachette'». Quant à l'islam, Leila Slimani refuse d'en faire la cause principale des difficultés rencontrées par les Marocaines pour vivre pleinement leur sexualité.
Certes, souligne la romancière, «les sociétés musulmanes sont construites autour de tabous que sont la fornication, l'homosexualité, la maternité célibataire, l'avortement et la prostitution». Régulièrement vilipendée par les islamistes qui l'accusent d'être «vendue à l'Occident», elle rappelle également les «propos totalement burlesques» de prédicateurs islamistes affirmant pour l'un que l'islam autorise l'acte sexuel sur un cadavre... à condition que ce cadavre soit celui de l'épouse ou d'un autre qui a interdit aux musulmanes de pratiquer le vélo au prétexte que la selle «suscite chez la femme une excitation sexuelle».
Mais, souligne en substance, la romancière, la misogynie est universellement partagée. Leila Slimani rappelle ainsi que l'article du code pénal marocain réprimant les relations homosexuelles «est la copie exacte» de l'ancien article du code pénal français abrogé seulement en 1982. «Je réfute absolument l'idée que l'identité, la religion ou quelque héritage historique que ce soit dépossède des individus de droits qui sont universels et inaliénables», insiste l'écrivaine.
*Sexe et mensonges, La vie sexuelle au Maroc, Leila Slimani, Arènes éditions, 192 pages, sorti depuis le 6 septembre 2017, 17 euros.
(*) Sex and the City ou Sexe à New York est une série télévisée américaine créée par Darren Star et diffusée pour la première fois le 6 juin 1998 ...
Sexe et mensonges : Le livre-événement de la rentrée
Sexe et mensonges, c'est la parole, forte et sincère, d'une jeunesse marocaine bâillonnée dans un monde arabe où le sexe se consomme pourtant comme une marchandise. Les femmes que Leila Slimani a rencontrées lui ont confié sans fard ni tabou leur vie sexuelle, entre soumission et transgression. Car au Maroc, la loi punit et proscrit toute forme de relation sexuelles hors mariage, tout comme l'homosexualité et la prostitution. Dans cette société fondée sur l'hypocrisie, la jeune fille et la femme n'ont qu'une alternative : vierge ou épouse. Sexe et mensonges est une confrontation essentielle avec les démons intimes du Maroc et un appel vibrant à la liberté universelle d'être, d'aimer et de désirer. Leila Slimani est l'auteure de deux romans plébiscités par la critique et les lecteurs : Dans le jardin de l'ogre, traduit dans une dizaine de langues et Chanson douce, chez Gallimard, prix Goncourt 2016, immense succès traduit dans une trentaine de langues.


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