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Insectes de fer et de verre soufflé
Publié dans Le Temps le 04 - 12 - 2018

Surprenante, la collection d'insectes sculptés par Insaf Saada est une incursion dans le monde des abeilles doublée d'une nouvelle aventure plastique. A découvrir jusqu'au 13 décembre, une trentaine de pièces d'anthologie dans un décor pensé pour cet événement précis
Du côté de Musk and Amber Gallery, on ne fait pas les choses à moitié! En effet, pour accueillir la nouvelle collection de l'artiste Insaf Saada, l'agencement de l'espace a été complètement remanié, redistribué pour donner plus d'éclat aux oeuvres.
L'art du détail et la mise en contexte
En effet, les oeuvres de Saada sont distribués sur deux espaces différents. Elles sont en effet placées sur des commodes et des guéridons et entourées de pièces signées du designer italien Fornassetti. La grande salle d'exposition rehausse ainsi en les intégrant dans un décor moderne les sculptures métalliques de Saada également mises en harmonie avec des éléments signés par Glass Italia ou créées pr le designer français Ecart. Touche subtile: des livres et albums sur les insectes sont également placés dans cette salle aux volumes impressionnants.
Le corps de la collection est pour sa part présentée dans un espace à part, sur des socles au milieu desquels trône une reine des abeilles. Des papillons dorés et quelques fourmis sont présentes au milieu de toutes les abeilles. L'artiste utilise plusieurs matériaux qui vont du bois et du verre soufflé au fil de fer et compose des sculptures dont la dorure sublime les formes et les autres couleurs.
L'écrivaine Elsa Despiney introduit la nouvelle collection avec un texte majeur, plein d'à propos et allant vers la quintessence de ces sculptures. Cette présentation ouvre les yeux du visiteur sur les enjeux de cette exposition et souligne aussi le soin qui est mis par la galerie pour assurer la cohérence et le succès de l'exposition. Un autre point mérite d'être mentionné qui concerne les prix des oeuvres exposées qui, malgré la notoriété d'Insaf Saada, ne sont pas artificiellement gonflés mais répondent à la logique actuelle du marché de l'art ainsi qu'à la démarche de la galerie.
Un texte majeur d'Elsa Despiney
Pour décrire et décrypter ce bestiaire pas comme les autres, Despiney écrit : "Imaginons un monde sans insectes. Sans mouches qui tourbillonnent au visage. Sans cohortes de fourmis qui filent droit, affairées. Sans bourdonnements d'abeilles au cœur des fleurs, offertes. Sans papillons aux ailes déployées, si légers. Sans eux la nature serait tout autre et nous aussi."
Et c'est vrai que les insectes que Saada offre à notre regard invitent d'abord à noter leur présence discrète ou bien leur essor aérien ou encore la modestie de leur taille.
Dans cette exposition, les insectes sont partout. Ce sont des mouches, des fourmis, des papillons et surtout des abeilles. De fait, Saada investit de nouveau un univers qu'elle avait abordé par le passé mais cette fois-ci, elle nous invite à observer, à nous saisir de ces structures intrigantes.
En ce sens, Despiney poursuit : "Et regardons au plus près…Préciosité de l'oeil avec ses multiples facettes semblables à celles d'un diamant, délicatesse des pattes, qui semblent un fil si fragile, géométrie des ailes aux nervures subtiles, l'incroyable légèreté de l'être!"
"Ce monde, cette nature, poursuit-elle, accompagnent Insaf Saada depuis longtemps. Les couleurs terre, les matériaux naturels, ce besoin essentiel de revenir à l'essence des choses sont le fil conducteur de l'œuvre de cette artiste. Son trait ne s'embarrasse pas de fioritures mais note sur la toile vierge le seul signe du passage de l'artiste ou d'une de ces petites bêtes qu'elle a apprivoisées". Et ici, ce sont justement ces êtres minuscules qui sont sublimés.
Entre la permanence du métal et la liberté des ailes
Ici elle confronte la rigidité du métal avec la légèreté d'un papillon, d'un bourdon, d'une mouche, d'une libellule ou d'une abeille. Ils se posent délicatement sur une table où, à leur toucher, le bois devient métal. Ils couvrent le mur, ailes ouvertes, ces papillons d'un noir satiné et profond dans lequel notre regard plonge pour y trouver d'autres couleurs. La reine trône au centre, le bourdon s'envole et les fourmis s'égarent. Grâce à une grande maîtrise technique, Insaf Saada simplifie les formes, nous offre l'essentiel et, de ce métal froid, lourd, émerge comme par magie tout un monde habité par de charmantes créatures qui nous semblent soudain indispensable. »
On ne peut mieux dire et, dans sa ruche, la reine des abeilles ne pourra qu'adhérer à ces propos qui éclairent la démarche d'une artiste pas comme les autres, une quêteuse d'univers nouveaux et de formes aériennes, entre légèreté des formes et fascination du métal.


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