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La Tunisie est-t-elle encore gouvernable !?
Publié dans Le Temps le 19 - 05 - 2020

On vit, depuis quelques temps dans un pays dont les forces politiques sont en train de se déchirer à tous les niveaux. Des députés qui se chamaillent ou qui s'attaquent au Président de la République, au gouvernement et aux journalistes. Un président qui s'en va -t- en guerre là où on l'attend le moins, une coalition gouvernementale qui se déchire, des partis qui se disloquent et s'attaquent ! Ce pays est-il encore gouvernable ?
A l'assemblée comme sur les plateaux ou aux micros des radios, le spectacle est devenu récurrent. Pas un jour qui passe sans son lot d'incidents (pour ne pas dire scandales). Le citoyen lambda, qui subit le confinement depuis mi-mars, avec son lot de stress et de peur, est rassasié des écarts de ses députés, de ses ministres, et de ses politiques qui s'entredéchirent à longueur de journée. Il finit par ne plus voir que ces cotés-là de la politique qu'il commence à vomir.
Des députés incontrôlables
C'est devenu la série la plus commentée et partagée, celle des députés qui se disputent. Ils ont même une chaine publique rien que pour ça (Watania 2). A chaque plénière et à chaque commission c'est la pagaille. Abir Moussi (PDL) provoque par tous les moyens dont elle maitrise l'art, les nahdhaouis ou leurs alliés de la Coalition Al Karama qui l'insultent, elle répond du tic au tac et hop ! on arrête la séance et on continue le spectacle devant les caméras qui s'en délectent !
Les députés étant payé à temps plein ces « petits rounds » ne leur suffisent plus. Il faut qu'ils se déchainent dans les radios et sur les plateaux de télé en s'engueulant par tous les noms et en engueulant les journalistes, les autres invités, le monde entier et même les citoyens de Mars.
Il est rarement question dans ces épisodes de programme, de politique ou de quelque chose qui concerne les citoyens. Souvent, on se crée une polémique à partir de presque rien et en rajoute une couche de scandale, des grossièretés et des « noms d'oiseaux » à volonté.
Le Président à l'attaque
Le président Kaïs Saïed, comme citoyen et comme premier magistrat du pays, suit ce scandaleux spectacle comme il suit de près aussi ce qui se trame dans « les chambres obscures » comme il les nomme ! Il attaque des fois, avec son style grandiloquent mais incisif ses dépassements qui débordent même de lignes de conduite qui doivent être respectées par les représentants du peuple. A Kébili d'abord, il n'y est pas allé de main morte en déclarant :« La vérité, c'est lorsque le peuple est capable de s'exprimer librement. C'est quand il a la possibilité de retirer sa confiance à celui qui l'a trahie ». Le président parlait de l'amendement de l'article 45 du règlement interne de l'ARP voulant que tout député qui démissionne de son parti perd automatiquement son siège. En professeur de droit, droit dans ses bottes, il explique : « Si le député était responsable face à ses électeurs et que ces derniers pouvaient lui retirer leur confiance, le Parlement n'aurait pas eu besoin de cet amendement qui constitue une grave violation de la constitution. C'est une maladie constitutionnelle, plus grave que la pandémie du Covid-19 ». Evidement ça n'a pas plu à tout le monde et les réponses sont venus d'Ennahdha et de la Coalition El Karama qui menacent, de retirer la confiance au président (sic !). Kais Saïed est revenue sur ces déclarations à Nabeul devant les militaires pour nuancer ses propos et pour réitérer son attachement à légitimité mais le mal est fait !
Gouvernement pas en reste !
Devant les déchirements chroniques des partis de la coalition au pouvoir, Ilyes Fakhfakh a réuni les chefs des partis coalisés pour un Iftar de réconciliation la semaine dernière. Peine perdue, malgré le nouveau texte d'accord publié après la réunion, il parait que ça a claché dur entre Zouheir Maghzaoui et Rached Ghannouchi au point que Mohamed Abbou a joué au pompier pour éteindre le feu ! Si ceci est l'état des relations entre les partis au pouvoir, les autres ne sont guère mieux lotis. Qalb Tounes s'échine à dynamiter la coalition, le PDL s'accommode bien de son rôle de trouble-fête à coup de sit-in ridicules et de photos et slogans brandis pour l'amusement de la galerie, les micmacs s'intensifient autour d'un soi-disant nouveau bloc parlementaire lié à Fakhfakh dans un remake ridicule de ce qu'à fait Yousef Chahed l'année passée.
Cette galerie, caractéristique des régimes parlementaires et surtout des démocraties naissantes, était prévisible et les spécialistes l'avaient prédit. La situation se corse avec un paysage médiatique débridé, sans autorégulation ni traditions de traitement de l'information pluraliste et démocratique, désorienté entre manque de rigueur, manque de bons journalistes et jeu d'intérêts croisés entre politiques et lobbies de divers natures, ce qui n'aide guère à y voir plus clair !
L'impression que le citoyen voit croitre dans l'opinion publique de pays ingouvernable, ne fait que renfoncer encore plus le désintérêt de la chose publique et de la politique en général. Ceci fait le lit évidement de courants populistes, nihilistes et autres qui se répandent, aider en cela par le miroir déformant des réseaux sociaux et des diverses marginalités qui pullulent.


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