Kairouan : la compétition robotique Technobot v4.0 rassemble les talents de la robotique tunisienne    Forum Chawki Gaddes pour les droits numériques - Journée d'étude sur la protection des données personnelles : Mercredi 28 janvier 2026, faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis    Les judokas Tunisiens remportent 5 médailles dont 2 en or à l'Open international seniors de judo à Casablanca    LG Electronics repense l'expérience de la laverie en résidence universitaire avec Laundry Lounge    Qui remportera le concours des meilleures initiatives innovantes et entrepreneuriales UTM-Innov    Tunisie : la nouvelle facturation électronique va-t-elle bloquer les artisans et PME ?    Combien coûte le kilo de mouton aujourd'hui ?    Drame au Mexique : 11 victimes d'une attaque armée    France : vers l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans    Vents violents dépassant 100 km/h frappent la Tunisie    Temps dangereux : trois gouvernorats en vigilance orange    Tempête hivernale historique : plus de 847 000 foyers privés d'électricité aux Etats-Unis    Tout ce que vous devez savoir sur le marché automobile en Tunisie    Décès d'une star du football, Mahfoudh Benzarti : une carrière singulière    Tunisie vs Kenya : à quelle heure et comment suivre le match en direct sur Watania 2    JPT 2026 : Le secteur de la parapharmacie en Tunisie passe à l'offensive    Inondations : Kaïs Saïed appelle à des mesures concrètes et à une mobilisation nationale    Vagues géantes à Nabeul : des vestiges antiques dévoilés après les tempêtes    Les cacahuètes: plaisir gourmand et potentiel intéressant    Baker Ben Fredj revient avec l'exposition 'Le Reste' à la galerie Archivart après 20 ans d'absence    Kais Saied reçoit l'ambassadrice de Pologne à l'occasion de la fin de sa mission en Tunisie    Volley : tous les matchs reportés ce week-end à cause du mauvais temps    Deepfakes et contenus IA : YouTube renforce ses outils de détection    La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania dans la short-list finale des Oscars 2026    The Tunisian Stambeli Collective invite le jazzman autrichien Nikolaus Holler pour un concert unique à Carthage    Météo en Tunisie : averses isolées, températures stables    Clubs et arbitres : Tout ce qu'il faut savoir sur le processus électoral de la FTF    Intempéries : fermeture temporaire du Palais Ennejma Ezzahra    Justice : trois ans et demi de prison pour Borhan Bsaies et Mourad Zeghidi    Document – Le discours-évènement du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : privilégier les valeurs, face à la domination    La Cité des sciences à Tunis organise une soirée astronomique dédiée aux 'planètes géantes'    Météo en Tunisie : temps passagèrement nuageux, pluies éparses l'après-midi    Cinq ans après son décès : Moncer Rouissi, son héritage, sa vision (Album photos)    Tahar Bekri: Saule majeur    Penser le futur par le passé: Carthage antique et le boomerang colonial dans la géopolitique du Groenland    Quand la terre change de souveraineté : histoire longue des ventes de territoires, de l'Empire romain au Groenland    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Bien plus que du soleil : Pourquoi les expatriés succombent au charme de la Tunisie    Le grand couturier italien Valentino s'éteint à 93 ans, une légende de la mode disparaît    Professeur Amor Toumi: Père de la pharmacie et du médicament en Tunisie    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Match Maroc vs Sénégal : où regarder la finale de la CAN Maroc 2025 du 18 janvier ?    Khadija Taoufik Moalla: Mourad Wahba, le philosophe qui voulait réconcilier raison, foi et humanité    USA: La suspension de la délivrance de visas affecte-t-elle un visa en cours de validité et s'applique-t-elle aux visas de tourisme ? Voici la réponse    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les obus éclipsent la peur du coronavirus
Publié dans Le Temps le 21 - 10 - 2020

Accroupi dans son abri souterrain, le long de la ligne de front avec le Nagorny Karabakh, Aïden Chakhverdiïev attrape deux courges mûres qui gisaient sous une chaise: son "meilleur remède" contre le coronavirus.
"Elles ont poussé dans notre jardin. Tu les tranches et tu les saupoudres de sucre, tu les laisses une semaine-dix jours, puis tu les manges. C'est très bon pour la santé", assure cet habitant de 54 ans de la ville de Terter, en Azerbaïdjan, située à proximité des combats avec les séparatistes arméniens soutenus par Erevan.
A Terter, touchée à de nombreuses reprises par les tirs, comme dans d'autres villes et villages des deux côtés du front, la peur de la pandémie n'a pas disparue, mais les obus qui tombent sont un danger bien plus immédiat.
Les hostilités dans cette région montagneuse du Caucase, disputée depuis des décennies, ont repris le 27 septembre, faisant des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés.
L'Organisation mondiale de la Santé s'est inquiétée que le conflit ne réduise en miette des systèmes de santé déjà sous pression en Arménie et en Azerbaïdjan, et accélère la diffusion du virus dans la région.
"Comme nous l'avons dit à de nombreuses reprises, le Covid-19 ne respecte pas les frontières", a lancé la semaine dernière le porte-parole de l'organisation, Tarik Jasarevic.
L'Azerbaïdjan, qui enregistrait moins de 150 nouveaux cas quotidiens de la maladie entre début septembre et mi-octobre, en recense désormais plus de 600.
Le président Ilham Aliev a ordonné en réponse la fermeture du métro de la capitale, Bakou, et celle de toutes les écoles et universités pour une durée de deux semaines.
Les familles vivant dans les caves de Terter tentent elles aussi de se prémunir contre le virus, mais leurs moyens sont maigres et les recettes maison, passées de génération en génération, sont encore hautement respectées. Et cela bien que la courge ne soit pas un remède miracle contre le nouveau coronavirus.
"On a peur du coronavirus, on a peur des combats. On tente de survivre entre les deux", résume Vafadar Aliev, l'un des habitants, en déjeunant dans une cave où se sont rassemblés d'autres locaux.
Une équipe a pu accéder à Terter, située à proximité du front, grâce à un accès accordé par le gouvernement azerbaïdjanais.
Le port du masque et le respect de la distanciation sociale restent une préoccupation secondaire lorsque les gens se retrouvent avec leur maison détruite et des vivres qui s'épuisent.
Les habitants des caves de Terter ne se rendent dans leurs appartements -- aux murs explosés par les roquettes ou jonchés de débris, pour la plupart -- que pour se laver ou réchauffer de la nourriture. Ils retournent en vitesse sous terre ensuite dans leur refuge équipés de matelas et couvertures.
Leurs contacts avec le monde extérieur se limitent aux visites des services d'aide du gouvernement et à quelques proches venus des villages avoisinants pour donner un coup de main.
La menace d'un malade infectant tous les autres habitants de la cave est toutefois élevé. Les abris n'ont pas d'eau courante et l'hygiène est limitée à l'usage périodique de désinfectant.
"Lorsque c'est possible, on essaie de garder cet endroit propre. On fait ce qu'on peut", explique Roustam Aliev en regardant la pile de bouteilles d'eau et de jus vides qui s'amoncellent.
Deux pots rouillés sont posés à même le sol en ciment et quelques vêtements sont attachés à un tuyau au plafond.
Selon des bilans fournis par les deux camps, 60 civils azerbaïdjanais et 36 civils arméniens ont été tués dans les bombardements.
"Le virus, c'est secondaire. Toute notre attention est portée sur la guerre", résume Khidgueran Alrakhova, la seule femme à habiter la cave. Son voisin, Rasoul Aliev, acquiesce: "On essaie d'éviter de se faire tuer par les Arméniens".


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.