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...Mais on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs
Urbanisation : Naissance d'une mégapole
Publié dans Le Temps le 22 - 01 - 2008

Simple prévision évoquée, un certain temps, dans les années 1970 et 1980 comme hypothèse de travail pour la planification des projets de développement, la transformation de la métropole de Tunis en une mégapole allant jusqu'à englober les villes de Bizerte, Nabeul et Zaghouan, est en cours de réalisation, passant du domaine de la projection au domaine du concret, sous l'impulsion d'une expansion urbaine dévorante.
Ce passage se trouve, même, à un stade avancé et quoique son évocation ait disparu des discours, il n'est pas nécessaire d'être un grand expert pour le confirmer. Tout le monde en a conscience et chacun peut constater, aisément, son accomplissement, au fil des jours, en prenant soin de se déplacer, ici et là.
Partout, de tous les côtés de la ville de Tunis et dans toutes les directions, sur des dizaines de kilomètres de son ancien centre, le sol a été, entièrement, phagocyté et reconverti en une ruche grouillante de constructions compactes de tous types et à divers usages.
Toute la banlieue nord de la Capitale est complètement urbanisée. Sur la région côtière, entre Tunis et le Cap Gammarth, via la Marsa, il n'y a plus un seul mètre carré de terrain nu à bâtir, à telle enseigne que la municipalité du Kram a dû grignoter un morceau de son parc urbain pour y édifier le nouvel hôtel de ville.
Aux abords de la route rapide reliant Tunis et la Marsa, dans le prolongement de la nouvelle ville construite sur les berges du lac nord de Tunis, à Ain Zaghouan, Sidi Daoud, La Soukra , Bahr el Azreg, des dizaines de chantiers de construction, armés de bulldozers et de grues gigantesques, achevaient de transformer le peu de terrains et de terres agricoles ''sacrifiées'' qui y restaient en immeubles en verre et béton, vendus, ensuite, à plus de mille dinars le mètre carré couvert.
Du côté du Sud Est, en longeant l'autoroute Tunis - Msaken, dans la direction du Cap Bon, la jonction est déjà faite avec l'agglomération de Nabeul, de sorte que le fil des constructions entre Tunis et Nabeul est continu et va, sans cesse, en s'élargissant et en se densifiant, vers le Sud Ouest, à l'intérieur des terres, à cause de la barrière physique constituée, à l'Est, par la mer, comme le montre le projet touristique de Yasmine Hammamet.
Il en va , de même, du côté du Sud Ouest entre Tunis et Zaghouan, de sorte que toutes les terres agricoles situées dans cette vaste région , se trouvent, aujourd'hui, enserrées, comme un grand jardin, entre une ceinture de constructions compactes née de cette fusion des agglomérations de Tunis, Nabeul et Zaghouan, et qui doivent, encore, leur existence intacte, uniquement, grâce à la protection juridique dont bénéficient les terres agricoles.
Une même urbanisation plus systématique du sol vierge se poursuit, depuis près de trente ans, du côté Nord, dans la direction de Bizerte, illustrée , entre autres, par l'éclosion des nouvelles Cités résidentielles d'El Menzah, El Manar, des grands projets touristiques des cotes de Carthage, à Gammarth, l'occupation totale de la zone de Raoued, et les nombreuses extensions et excroissances urbaines venues se greffer sur les corps des anciennes villes du Bardo et de l'Ariana, et qui s'allongent, sans cesse, jusqu'à toucher, aujourd'hui, pratiquement, la proche banlieue de la ville de Bizerte.
Et, dans cette partie, également, les terres agricoles, autrefois limites stables des villes, se trouvent enserrées par une ceinture de constructions compactes, menaçant, en permanence, leur existence.

Grandeur et misère d'une œuvre humaine
Les effets immédiats de cette transformation se sont, vite, fait sentir, à travers la raréfaction des réserves foncières à laquelle toutes les communes des zones signalées sont, aujourd'hui, confrontées et dont la conséquence attendue a été l'envolée des prix de l'immobilier sous toutes ses formes.
Plusieurs usines, initialement installées à l'écart des centres urbains, à cause de la spécificité de leur production, comme les usines à caractère chimique, sont, maintenant, complètement, entourées de constructions et leurs directeurs ne savent pas comment les transférer en des lieux plus sécurisés.
Pour les mêmes raisons, des promoteurs économiques nationaux et étrangers, désireux de procéder à l'extension de leurs entreprises, sur place, ont été dans l'impossibilité de le faire et dû reconsidérer, autrement, leurs projets.
Mais, cette occupation très précoce des lieux les plus prometteurs du pays, en quelques décades, en l'espace de la carrière productive d'un homme, soulève l'épineux problème du logement des nouvelles générations en cours de formation et dont une bonne partie, libérée du cocon familial, commence à réclamer sa part.
Avec la flambée des prix de l'immobilier qui a privé et prive, encore, l'actuelle génération des citoyens actifs, de la chance d'accéder à la propriété du logement, malgré l'abondance relative de l'offre, viendra s'ajouter la pénurie quasi-totale dans des périmètres d'étendue énorme.
A cet égard, nous avons pu rencontrer, dans la banlieue nord de Tunis, de nombreux citoyens d'âge adulte, qui se plaignent d'avoir été ''des victimes de ce courant dévastateur, en assistant à cette gigantesque urbanisation, sans avoir eu la possibilité d'en profiter, comme le commandent la justice et le droit.''
Cependant, malgré ces imperfections propres à toute œuvre humaine, la perspective ne manque pas de grandeur, en contribuant à la valorisation des différents projets de développement, dans tous les domaines économique, commercial, urbain, éducatif, scientifique et culturel.
Placés dans un tel cadre, tous les projets deviennent des actions ''rentables'' et d'avenir, à l'instar des grands projets de port en eau profonde et du grand aéroport moderne qui seront construits, un peu plus au sud, près d'Enfidha, aux abords immédiats de cette mégapole naissante.


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