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Les abattoirs iraient à contre-courant de la mise à niveau du secteur...Le poulet vif bat de l'aile.
Crise de la volaille à Sfax
Publié dans Le Temps le 06 - 06 - 2008

S'achemine-t-on vers une crise dans le secteur du commerce de la volaille ? C'est du moins ce que laissent entendre les vendeurs de poulet vif, les intermédiaires et surtout les éleveurs.
Les injonctions de fermeture des boutiques pour les premiers, le chômage forcé pour les deuxièmes cités et la difficulté d'écouler leurs produits pour les troisièmes constituent d'après les intéressés les symptômes d'une crise dans laquelle va plonger toute la chaîne, avec toutes les conséquences prévisibles, dont notamment le tarissement des sources de revenus, l'incapacité de rembourser les crédits et le chômage pour les uns et pour les autres. A la Chambre syndicale des Commerçants de Volaille, c'est pourtant un autre son de cloche : Les réticences injustifiées des vendeurs de poulet vif à adhérer au programme de mise à niveau sont à l'origine des difficultés vécues par le secteur.
Ce qu'il conviendrait de comprendre, justement, ce sont les raisons de ces réticences. Il y a lieu, en effet, de s'interroger sur les raisons qui poussent ces commerçants à refuser les avantages de la mise à niveau, surtout en dépit des mesures incitatives, des opportunités de crédits et de tous les avantages liés à l'adhésion au programme de mise à niveau à travers l'application des dispositions du cahier des charges destiné à moderniser le secteur. La réponse, est à trouver dans les témoignages suivants :

Abdessalem, commerçant de poulet vif :
« Auparavant, nous étions fournis en poulets par un intermédiaire.
Tout était dans l'ordre. Les problèmes n'ont surgi que lorsque les abattoirs se sont chargés de nous approvisionner en marchandises. Vu leur statut de concurrents par rapport aux commerçants, vu aussi leur capacité d'abattage très limitée, ces abattoirs s'abstiennent de nous fournir du poulet à la moindre pénurie. Ils nous prennent en otages et tiennent compte, en premier lieu, de leurs propres intérêts. Il est vrai que deux investisseurs ont reçu l'agrément d'ouvrir des abattoirs. Mais en attendant qu'ils soient opérationnels, on demande au moins, à bénéficier d'une prorogation adéquate des délais de mise à niveau. Or, nous faisons actuellement l'objet de pressions, sous forme de décisions de fermeture de nos locaux, ce qui nous porte sérieusement préjudice et pourrait nous acculer à abandonner définitivement notre activité ou du moins à congédier nos employés pour alléger les frais, avec toutes les répercussions prévisibles aussi bien pour ces derniers que pour nous-mêmes, par exemple en matière de démêlés, y compris avec la justice. Notre commerce est notre source de revenus. Il fait vivre nos familles et celles de nos employés. Nous demandons à ce que l'on en tienne compte ».

Mohamed A. commerçant de poulet abattu : « Faciliter l'implantation d'abattoirs de petite taille »
« Cela fait 35 ans que je suis dans le métier. Nous avons toujours fait l'abattage, dans un local affecté à cet effet et subissions régulièrement des contrôles inopinés par les services d'hygiène. Mais maintenant que l'opération doit être confiée à des abattoirs, ces derniers ne nous servent pas en priorité. Ils s'empressent de privilégier d'autres clients plus intéressants comme les hôtels et nous sommes toujours à leur merci. Conclusion : il est indispensable de faciliter l'implantation d'abattoirs de petite taille qui exigent des investissements raisonnables soit de l'ordre d'un milliard. En effet, l'étude réalisée par un investisseur de mes connaissances a révélé que la construction d'un abattoir coûte dans les quatre milliards. D'autre part, l'Onas a exigé l'importation d'une machine pour l'incinération des déchets, d'une valeur de 1,5 milliards, opération coûteuse et qui demande des délais de livraison trop étirés. Il est plus sensé donc de faire preuve de plus de souplesse vis-à-vis des investisseurs, et en attendant, nous autoriser à poursuivre notre activité comme précédemment. »

Mongi, éleveur : « Beaucoup de peine à écouler notre marchandise »
« Nous trouvons beaucoup de peine à écouler notre marchandise et de surcroît, les abattoirs n'acceptent pas le poulet dont le poids dépasse les 1,800 kg étant donné que le poulet, dit « léger », répond mieux aux besoins des rôtisseries. Et quand on sait que le poussin est actuellement en période de croissance dans les poulaillers, l'on est en droit de s'inquiéter concernant la marchandise que nous allons bientôt avoir sur les bras et surtout sur l'avenir de notre activité. D'autant plus, d'ailleurs, qu'il nous est désormais interdit de vendre les pondeuses dites de « réforme » aux clients dans les marchés hebdomadaires ou autres.
Je voudrais rappeler par la même occasion la situation des anciens intermédiaires qui sont acculés au chômage. C'est le même sort qui nous attend, à moins de nous autoriser à exercer notre commerce comme précédemment, sinon, ce serait la banqueroute pour tout circuit ».

Néjib, éleveur : « Les abattoirs, préfèrent commercialiser leur propre produit »
« Je voudrais d'abord évoquer la réduction continue de notre marge bénéficiaire à cause de la hausse inversement proportionnelle des coûts de l'aliment et du prix du poulet. A titre d'exemple, lorsque la tonne d'aliment coûtait 350 d , le poulet était écoulé à raison de 2 à 2,5 d le kg. Par contre actuellement, la tonne vaut 650 d alors que le prix du kg de poulet plafonne à 2 d. Même chose pour le poussin, acheté actuellement auprès des couvoirs à 680 millimes l'unité alors qu'il coûtait uniquement 550 millimes.
De plus, les abattoirs, préfèrent commercialiser leur propre produit au lieu de s'approvisionner auprès de nous, éleveurs. Quand on sait que le client se détourne du poulet abattu, l'on peut mesurer notre désarroi qui s'explique aussi par l'accumulation des dettes. Nous croulons , et c'est le cas de le dire sous leur poids. Je voudrais également soulever la question de l'hygiène pour dire : comment les services de santé osent-ils évoquer le manque d'hygiène alors qu'en pleine crise de grippe aviaire, ils ne cessaient de répéter qu'il n'y avait aucun risque car le virus est neutralisé sous l'effet de la chaleur. S'il y a toujours eu des problèmes, c'est du côté du poulet abattu qu'il a fallu toujours les chercher et non pas du côté du poulet vif.
Aux dernières nouvelles, les couvoirs viennent de consentir un rabais concernant le prix du poussin sans pour autant susciter une hausse de la demande auprès des éleveurs, à cause des décisions de fermeture des locaux de commerce, d'autant plus que la capacité d'abattage, par trop réduite, des abattoirs les empêche de travailler pour le compte des commerçants. C'est le cercle vicieux qui conduit les usines de fabrication d'aliments à tourner au ralenti. Pour vous donner une idée de la situation, sachez qu'une coopérative vient tout récemment de procéder à la destruction de 6000 poussins en l'espace de trois jours et ça risque de continuer, à moins qu'on s'empresse de débloquer la situation. »

Hédi Chabchoub, président de la Chambre Syndicale des Commerçants de poulet, à Sfax : « Il est grand temps d'appliquer la loi à tout le monde »
« Il est à rappeler que la promulgation du cahier des charges remonte à 1995 ce qui fait que les commerçants n'ont pas été pris au dépourvu, d'autant plus que ces dernières années ils ont fait l'objet d'une campagne soutenue de sensibilisation. Par ailleurs, notre pays s'est résolument et irréversiblement engagé sur la voie de la mise à niveau. Il est donc grand temps d'appliquer la loi à tout le monde. Je voudrais aussi apporter les précisions suivantes :
Les abattoirs sont disposés à répondre à la demande des commerçants et au cas où ils se déroberaient à leurs engagements, les intéressés n'ont qu'à s'adresser à la chambre pour leur trouver la solution adéquate. Même s'il est vrai que des pénuries peuvent se produire, elles ne seraient que conjoncturelles et brèves. D'ailleurs, le Ministère du Commerce a toujours réagi avec la célérité et l'efficacité requises pour remédier à la situation. Et, Dieu merci, il n'y a aucun signe de pénuries actuellement.
Le consommateur tunisien, contrairement à ce qu'avancent ces irréductibles,est soucieux de sa santé. Il préfère le poulet abattu en raison des garanties qu'il offre du point de vue hygiène. Quant au prétexte des clients qui tournent le dos au poulet d'abattage, je dirais qu'il suffit d'éliminer le commerce du poulet vif pour voir le consommateur changer d'habitude.
Pour sa part,l'alibi de la mauvaise qualité ne tient pas la route car le contrôle est strict et sans faille à toutes les étapes. La marchandise livrée par les abattoirs est immanquablement accompagnée d'un certificat de célébrité qui en atteste la bonne qualité. Si la qualité est mauvaise, c'est que l'abattage s'est fait dans des abattoirs clandestins. Et puis, la qualité dépend aussi des conditions de conservation. Si les normes de réfrigération ne sont pas respectées, il est normal que la marchandise devienne impropre à la consommation.
Concernant l'agenda de remboursement des crédits, nous sommes les premiers à nous étonner de la volte-face de la BTS, en dépit de toutes les assurances qui nous ont été données. Nous oeuvrons actuellement à ce qu'on procède à la révision d'un tel agenda, préjudiciable aux bénéficiaires des crédits. C'est ce qui explique les difficultés de remboursement.
Par ailleurs, contrairement à ce qui a été avancé, la marge bénéficiaire, variant entre 08 et 31 % pour l'ensemble de la gamme des articles commercialisés, est largement suffisante. Un simple calcul fait sur la base des bénéfices réalisés pour une quantité minimale d'articles de poulet abattu, contre 30 poulets vifs vendus en une journée, nous révèle que ces bénéfices s'élèvent respectivement à 21 d et 6 d. Il est vrai qu'on peut rétorquer que j'ai omis les 30 d gagnés grâce à l'opération de déplumage, d'éviscération et de lavage, mais là, il s'agit d'un service et non pas de bénéfices réalisés dans le cadre d'une opération commerciale. ». Que dire, à la fin, sinon que les conditions de mise en oeuvre du cahier des charges ne semblent pas bien réunies. L'application de l'article 24 achoppe , en effet , sur au moins deux pierres : la première concerne la capacité trop réduite des abattoirs et la seconde a trait à l'agenda de remboursement. Commençons d'abord par éliminer tous les obstacles pour créer les conditions adéquates à la mise en œuvre de la mise à niveau. Quant aux préférences du client, on verra ce que cela donnera.


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