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Les tenues correctes et propres de plus en plus rares
Métiers
Publié dans Le Temps le 01 - 02 - 2009

Il y a des métiers que vous aimeriez exercer juste pour pouvoir porter les uniformes ou les tenues qui y sont exigées. Quelle jeune fille n'a pas rêvé de revêtir un jour l'uniforme de l'hôtesse d'une grande compagnie aérienne. Celui des stewards fascine toujours les jeunes garçons tout comme les uniformes des agents de la garde nationale.
L'élégance et la classe de certaines tenues de travail sont propres parfois à vous faire oublier le degré de pénibilité d'une profession et le faible salaire perçu en contrepartie des sacrifices qu'elle demande.
L'image de marque d'un pays tient entre autres à la façon dont s'habillent les travailleurs de certains secteurs vitaux et communs de l'économie et des services. Un touriste qui remarque que tous les employés de son hôtel ont des tenues très correctes, que le chauffeur de taxi qui le promène en ville n'a pas encore sur lui la chemise ou le pantalon de la saison estivale passée, que les garçons des cafés où il se prélasse ne portent pas des restes de tabliers noirs de saleté, que les boulangers, les bouchers, les marchands de légumes et de fruits, les épiciers, les garagistes, les menuisiers, les parfumeurs, les caissières des magasins, les facteurs, les traiteurs, les électriciens et bien d'autres travailleurs tiennent pour un devoir sacré le port et l'entretien de leurs vêtements de travail, ce touriste-là aimera à coup sûr le pays en question et voudra toujours y revenir et y amener ses compatriotes.

10 ou 20 taches de graisse !
Chez nous, les métiers qui ne badinent pas avec cette exigence civique et hygiénique sont de plus en plus rares. Il vous suffit par exemple de faire un tour dans n'importe quel marché de n'importe quelle ville pour constater que sur l'ensemble des marchands qu'il compte, le un dixième seulement a une tenue de travail sur lui et une deuxième de rechange. Quant à leur propreté, il ne faut pas être trop exigeant : si le nombre des taches n'a pas dépassé un certain seuil, c'est déjà bien comme ça ! Les contrôleurs sanitaires eux-mêmes ne veulent plus chipoter là-dessus car pour eux d'autres exigences sont prioritaires. Et puis n'est-ce pas excessif de fermer un commerce pour 10 ou 20 taches de graisse ou de sang sur un tablier !
Les grandes surfaces engagent parfois des agents de sécurité qu'ils habillent comme des mannequins, mais à l'intérieur du magasin, les vendeuses et les caissières portent des tabliers à la couture médiocre et inélégante ; de plus et comme pour assombrir le tableau, les filles ne remettent pas les boutons que leurs tenues ont perdus, ni n'en cachent les coins effilochés.

Froissé et grotesque
Dans le service public, seules quelques catégories professionnelles sont très à cheval sur la question des vêtements de travail : l'image de l'enseignant en blanc écrivant sur un tableau noir relève désormais des contes livresques. L'infirmière porte certes une blouse mais pas toujours le calot qui va avec. Les tenues de travail de certains techniciens ne semblent pas passer très souvent à la buanderie. L'autre jour, nous reçûmes des agents des Télécom pour installer une ligne téléphonique et il n'était pas nécessaire d'avoir l'œil pour remarquer la crasse de plusieurs jours sur leurs habits professionnels. Les portiers et les agents d'accueil dans un grand nombre de nos administrations ne mettent plus de tenues spécifiques, ou bien s'affublent d'un costume grotesque et complètement froissé !
Les propriétaires d'entreprises commerciales ou industrielles ne renouvellent pas tous les ans les tenues de travail de leurs employés ni ne compensent cet « oubli » par des primes symboliques. Or cela se faisait couramment à l'époque où les ouvriers tenaient à ce droit. Aujourd'hui, ni eux ni les inspecteurs du travail n'y font plus attention. Quand on n'a pas la certitude de garder son poste, n'est-ce pas faire un caprice que de chicaner pour si peu de chose !

Payer plus pour un détail en moins !
Venons-en aux tabliers des écoliers et des collégiennes. Au primaire, on se fait de plus en plus permissif quant à la couleur du tablier. Il fut un temps, en effet, où l'on exigeait la même couleur pour tous les élèves si bien que sur le marché, cette couleur s'épuisait en peu de temps obligeant certains parents à en faire la commande dans une autre ville où à effectuer eux-mêmes le déplacement !
Les commerçants sautent chaque année sur l'aubaine pour proposer des tabliers presque transparents et de petite taille à plus de 20 et de 30 dinars. Un motif supplémentaire et le prix est majoré de dix dinars, une fermeture éclair originale et c'est une autre augmentation qu'il faut payer. Le comble c'est quand il faut payer plus pour un détail de moins : les tabliers sans manches coûtent plus cher, quand ils sont plus courts c'est aussi le cas, sans col c'est 5 dinars de plus, ainsi de suite.
Ces tabliers dont on doit acheter au moins une paire sont cousus pour ne pas durer ; leur durée de vie n'excèdera pas plus d'un semestre quoi que vous fassiez. Le rafistolage est un recours inévitable pour terminer l'année. Il faut rappeler aussi que même dans le cas où le tablier est conservé dans un état satisfaisant, vous serez amené la rentrée d'après à en acheter un neuf, parce que monsieur votre fils et mademoiselle votre fille refusent catégoriquement d'aller à l'école avec les affaires de l'année précédente.
Concernant l'un des objectifs premiers pour lesquels cette tradition du tablier fut instituée, à savoir l'élimination des disparités sociales entre les élèves, plus personne ne semble s'en souvenir, puisque les plus aisés s'entêtent toujours, à propos des tabliers et des fournitures scolaires, à rendre ostensible leur standing élevé et donc à narguer les plus démunis ! C'est sans doute la raison pour laquelle les larcins entre écoliers de la même classe et de la même école persistent ou se multiplient!

Vivement la délivrance !
Au collège, les garçons ont un « privilège » sur les filles : ils sont depuis près de dix ans exempts de tabliers. C'est déjà une incohérence pour ne pas parler de discrimination. Les filles, elles, ne rechignent pas au port du tablier en classe ; seulement elles le dissimulent parfois sous un autre vêtement plus ample et plus long. Sinon, elles s'évertuent à en acheter des modèles qui n'ont presque plus rien à voir avec la façon d'un tablier ordinaire, de sorte que l'habit acheté ait l'apparence d'un chemisier ou d'un tee- shirt, en tout cas qu'il ressemble à tout sauf à un tablier ! C'est que d'une certaine manière, cette tradition dérange plus qu'elle ne discipline les collégiennes. Les parents s'y soumettent plus que leurs filles et quelquefois, le manquement de celles-ci à ce règlement oblige les pères et les mères à subir à leur place et sans protestation, les sermons des directeurs de collège. Pour les adolescentes concernées, c'est vivement le lycée, synonyme de délivrance !


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