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Au nom de la compassion envers les malades
Mœurs et (mauvaises) coutumes....
Publié dans Le Temps le 08 - 05 - 2009

Les Tunisiens sont connus pour leur compassion. Nous ne sommes point insensibles aux malheurs touchant nos proches. A la moindre alerte, au moindre pépin et toute la famille, les parents par alliance, les voisins, les vielles connaissances, les collègues, les camarades d'enfance de débarquer dare dare pour manifester leurs soutien et réconfort.
Nous disions dans l'absolu car dans la réalité, dans le quotidien, l'affaire tourne au calvaire, au drame pour ces sinistrés déjà lourdement handicapés par la maladie. Nous voulons bien sûr parler de l'affluence record de visiteurs ayant eu vent de l'alitement, de l'indisposition de telle ou telle personne.
Que le malade soit hospitalisé à l'hôpital, dans un service de réanimation ou gardant tout simplement la maison, la donne ne change pas pour autant.

La foire aux puces dans les hôpitaux
Avant, les visites des malades dans les hôpitaux étaient tolérées de 14h à 15h. Mais attention, l'accès n'était autorisé qu'en exhibant patte blanche, soit un laisser-passer délivré par l'administration à seulement
deux parents du malade à son admission.
Pour l'heure, faites un tour dans les services de nos différents milieux hospitaliers même en dehors des heures de visites et vous serez sidérés de voir les civils sillonnant les couloirs ou carrément au chevet des malades.
Tenter de vous décrire l'agitation extrême, le tumulte, la cacophonie qui y règnent à partir de 14h est des plus illusoires tellement la situation est chaotique et la confusion extrême. Appels tonitruants inter étages ; courses effrénées à la recherche du parent hospitalisé ; mères en pleurs ayant égaré le petit dernier dans la bousculade ; disputes quasi fréquentes avec les infirmiers accablés de tous les maux du retard de rétablissement d'un patient ne recouvrant pas rapidement sa bonne santé ; altercations avec les ouvrières faisant remarquer à toute la smala qu'on ne doit pas jeter par terre les pots vides de yaourt, les flacons utilisés d'eau minérale, les papiers d'emballage des sandwiches et autres gâteaux à 150 millimes la pièce achetés du marchand attablé devant le portail principal et faisant des efforts surhumains pour parvenir à concilier entre la braderie de ses douceurs et ses gesticulations désordonnées et incessantes dans sa lutte implacable à chasser les mouches agglutinées sur les friandises.
Autour du lit du malade, des dizaines de personnes à lui pomper son oxygène, à squatter son espace vital. Et chacun d'y aller avec sa petite histoire sans omettre de gaver le pauvre individu de toutes sortes d'aliments, fruits gâtés, préparations culinaires spécialement conçues pour l'occasion, couscous même...
Evidemment, les prescriptions médicales en diététique volent en éclats, prennent pour leur grade dans ce gavage forcé. Ni régimes sans
sel, hypocaloriques, hypo protidiques, diabétiques, ne tiennent la route et les bilans le lendemain grimpent allègrement affolant médecins et laborantins.

Qu'en est-il des cliniques ?
Vous pensez que dans les cliniques les choses se présentent sous de meilleurs auspices ? Absolument pas ! Peut-être qu'au chapitre bruits et tapages enregistre-t-on un léger mieux, mais pour le reste elles n'en sont pas mieux loties et c'est pratiquement du copier coller. Les visiteurs étant en principe tolérés de 10 à 22h, mais en réalité cet horaire n'est valide que sur les affichages. Vers 13h, un décor des plus classiques se plante; un ballet de plats préparés à domicile outre pizzas, sandwiches, boissons gazeuses, etc. le tout amené aux chambres par les proches parents pour des accompagnants n'ayant rien à faire de leurs journées et venus les passer dans les douillettes chambres bien au chaud ou se prélassant au frais au gré des saisons. Les plus culottés ne se gênant guère de commander à la cuisine par le biais du téléphone interne suppléments de repas, cafés, eau minérale, etc.
Malade isolé en réanimation dans une unité de soins intensifs ? Qu'à cela ne tienne, une blouse blanche " mise " gracieusement par les responsables du service à la disposition des visiteurs et le hallali d'avoir quand même lieu en toute " sécurité " !

Le calvaire des alités à la maison
Mais la plus grande catastrophe survient quand d'aventure le malade est alité chez lui. La nouvelle se répandant comme une traînée de poudre, et tous de débarquer sans crier gare. Un petit sac contenant quelques dessous de rechange et le tour est joué pour des vacances à l'œil, gratis. Le tableau est des plus ahurissants, choquants. Dans une pièce contiguë, l'alité gisant sur un lit étroit, et tout autour, fauteuils, bancs, chaises, tabourets, sont pris d'assaut et même son fauteuil roulant n'est pas épargné pour autant dans la foulée.
Un collège de personnes d'une lourdeur suffocante et pour le malade et pour la proche famille devant préparer à manger à toute la smala avec chacun ses désirs et préférences culinaires, servir le thé la journée durant en plus de l'assistance à porter au malade si jamais le temps le permet.
Imaginez un instant un malade souffrant le martyre mais très conscient et d'une lucidité parfaite, se sentant épié, jaugé, scruté, observé, dévisagé par une multitude de regards inquisiteurs, faussement larmoyants, à l'implorer presque de passer rapidement l'arme à gauche pour les libérer à vaquer à leurs affaires. Tout ce beau monde respirant dans une pièce tellement confinée que ses vitres finissent par s'embuer. La raréfaction de l'oxygène est inéluctable et c'est le malade qui en pâtit en premier lieu avec suffocation par manque d'air.
Volet gestes gauches à mettre à leur actif, la panoplie des maladresses est des plus riches, des plus saugrenues.
L'un prenant le livre saint et se mettant à psalmodier des versets à haute voix massacrant au passage tout ce qu'il lit ; l'autre égouttant du miel entre les lèvres du malade (manœuvre classiquement réservée aux agonisants du côté de chez nous) ; une tierce personne lui pliant les doigts de la main droite à l'exception de l'index en guise de la reconnaissance de l'unicité de Dieu ; une tabagique invétérée mais craignant de perdre sa place aux premières loges si jamais elle sort fumer sa cigarette dehors, d'allumer en toute effronterie la sienne en prenant soin de regarder pensivement le plafond pour fuir les regards désapprobateurs ; mais l'inélégance la plus inouïe consiste en cette sempiternelle question posée de temps en temps au malade : " chkoun ena ? " me reconnais-tu ?
La réponse idoine et juste de ce dernier car parfaitement clairvoyant et lucide, déclenche une hilarité générale s'abattant sur tous les présents, se félicitant, se congratulant et tombant dans les bras les uns des autres pour l'exploit réussi par l'infortuné malade d'avoir réussi la gageure( ?) de reconnaître l'un des leurs.

Le médecin à la rescousse
En désespoir de cause, et pour tenter de soustraire leur parent de ce calvaire continuel, le parent le plus proche finit par faire appel au médecin de famille non pas pour réajuster la thérapie, mais avec la recommandation pathétique de frapper sur la table et d'exiger que le malade reste seul dans la chambre avec seulement une unique personne à le surveiller.
Approche que la famille n'ose adopter au risque de mécontenter et d'encourir le courroux des présents.

Pour plus de tact, de doigté !
Retenir que les malades ont grandement besoin de quiétude, de repos et que ces visites ne font que les perturber et les indisposer. Mais que les choses soient claires, nous n'appelons guère à les boycotter et à les
ignorer avec superbe, mais des visites vraiment en coup de vent juste pour les réconforter et leur remonter le moral sans s'incruster pour l'éternité à leur chevet sont préconisées et à la limite leur seraient salutaires.


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