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Quelle plus-value ?
Dossier : Entraîneurs étrangers
Publié dans Le Temps le 25 - 05 - 2009


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Mahmoud Bacha (D.T.N) : « Encourager nos techniciens »
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Lotfi Rhim (USMO) : « La compétence n'a pas de nationalité »
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De Morais (ex-EST) : « J'ai eu toujours du respect pour le joueur tunisien »
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Fethi Laabidi (CSHL) : « Je suis pour les techniciens étrangers de haut niveau »
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Mohamed Kouki (EGSG) : «Pourquoi leur accorder carte blanche?»
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Larbi Zouaoui (CAB) : "Un problème d'adaptation surtout".
Nul n'est prophète chez soi. Un adage collant comme un gant à une frange bien déterminée animant vaillamment notre sport roi, entendre les entraîneurs tunisiens.
Nos clubs et plus précisément leur premier responsable rechignent a enrôler un technicien jeune piaffant d'impatience pour se mettre sous les feux de la rampe et crever l'écran par son travail méticuleux, son sérieux et fatalement ses très bons résultats. Les exemples ne manquent point : les Fethi Laabidi, Lotfi Rhim, Jalel Kadri, Kais Yacoubi, Mohamed et Nabil Kouki, Maher Kanzari, Lotfi Jbara, Khaled Ben Sassi, Chiheb Ellili et bien d'autres sont l'illustration parfaite, vivante de ce que nous avançons.
Seulement, à chaque intersaison et même en plein exercice, des techniciens étrangers débarquent chez nous et prennent les commandes de nos écuries sans crier gare. Le président en ayant décidé de la sorte, tout le monde dans le giron du club d'acclamer le nouveau messie synonyme de renouveau, de révolution du système de jeu, de discipline rigoureuse, de changement des mentalités, de passage du groupe à un pallier supérieur...de consécrations.
Le plus beau dans l'affaire, c'est que ce technicien ne s'amène pas tout seul chez nous. Il exige en sus que l'adjoint, le préparateur physique et pourquoi pas le garde matériel soient du même pays que lui. L'argument massue selon lui est tout trouvé : complémentarité dans la répartition des taches. Il va sans dire que l'on se plie sans discuter à ses doléances histoire de lui favoriser un terrain propice pour qu'il nous éclabousse de ses lumières.
Volet rémunération et avantages financiers, les montants qu'il perçoit " régulièrement " ainsi que ses assistants sont de très loin supérieurs à ce que touchent nos compatriotes, quand d'aventure les caisses moribondes le permettent. Aucune commune mesure avec ce que perçoit à titre d'exemple le smigard Fethi Laabidi (CSHL) de son employeur Mongi Bhar .
Le plus clair des nôtres possédant une liasse de chèques de garanties se révélant en bois le jour où, excédés par une attente interminable, ils les présentent aux banques. Il ne passe pas une semaine sans que les médias ne nous informent des plaintes déposées pour non paiement par des entraîneurs. La commission des litiges et du contentieux du BF est pratiquement la plus sollicitée à longueur d'année par rapport à ses pairs.
Sur le plan comptable, et exception faite de quelques grosses pointures ayant exercé chez nous à l'instar des Fabio, Kristic, Nagy, Pasmandi, Amarildo, Piechnizeck, De Castel et de quelques autres d'une rareté affligeante, l'apport de ces étrangers a été limite. Et là nous ne nous permettrions nullement de juger leur compétence mais seulement leur impact à améliorer le rendement, le capital points des équipes.
Leur mentalité étant différente de celle de nos joueurs, de nos dirigeants, de nos sphères sportives, il leur est donc difficile de s'adapter et de s'acclimater dans nos murs. D'où leur échec annoncé à plus ou moins longue échéance.
Quels apport et évolution pour notre paysage footballistique amènent-ils ? Pourquoi ne réussissent-ils que rarement du coté de chez nous ? Habitués à traiter chez eux avec de véritables professionnels, parviennent-ils à cerner le profil de nos " pro ? " seulement volet finances mais encore amateurs chapitre hygiène de vie, comportement ? S'agit-il d'un problème de langue les handicapant lourdement dans l'accomplissement de leur dure tâche ? en débarquant, ne barrent-ils pas d'une manière ou d'une autre le chemin du succès devant nos jeunes entraîneurs pétris de qualités et moisissant dans l'oubli, l'indifférence, la nécessité ? Le fait que les lauréats cette année soient des tunisiens du cru, n'est pas un cinglant démenti à tous ceux qui courent les étrangers ignorant avec superbe la bonne graine poussant juste sous leur nez, éclaboussant les entêtés d'une classe insolente ?
Nous avons abordé le sujet avec une pléiade de nos techniciens non sans solliciter de toute évidence la nouvelle vague parmi eux. Dossier.

Mahmoud Bacha (D.T.N) : « Encourager nos techniciens »
Citez-moi quels sont ceux qui exercent actuellement chez nous comme étrangers ; Personne !
Abdelhak Ben Chikha est un cas à part, il a joué chez nous, entraîné depuis des années sous nos cieux donc il ne peut plus être considéré comme étranger du moment que nos deux pays sont mitoyens et frères.
Les autres n'ont fait que défiler avec des résultats médiocres précipitant leur départ logique. Aucune trace tangible, patente de leurs passages, le néant.
Mais en contre partie, nous nous targuons de posséder une belle brochette fort prometteuse de jeunes talents pétris de qualités et attendant avec impatience qu'on daigne leur donner leurs chances.
Avec l'aval du président de la FTF, la DTN va organiser à leur endroit des journées de formation mensuellement pour consolider leurs connaissances avec des conférences et des cours dispensés par des sommités mondiales en la matière. Les conditions de participation sont les suivantes : être âgé de moins de 40 ans, titulaire du 3ème degré et appartenir aux staffs techniques de la ligue (1). La finalité de l'affaire, obtenir des techniciens hautement performants et en mesure ultérieurement de prendre en mains nos équipes nationales avec réussite.

Lotfi Rhim (USMO) : « La compétence n'a pas de nationalité »
Je pense que vous soulevez là un faux problème en ce sens que la compétence selon moi n'a pas de nationalité. Dans ces conditions, pourquoi tolérer que les nôtres s'exilent au Khalij pour y entraîner ?
Il faut tout simplement assurer le bon choix du technicien qui sied le mieux au profil du groupe et le laisser travailler dans la quiétude. Ne pas le recruter uniquement pour les victoires, mais pour le long terme. Les 14 clubs en lice ne pouvant tous être champions! D'où cette vague de remerciements incompréhensibles après deux revers successifs. Une attitude très répandue au Khalij et qui, malheureusement, fait tache d'huile et frappe désormais de plein fouet notre compétition. Et c'est vraiment regrettable.
Ne pas se focaliser uniquement sur le blond aux yeux bleus car dans nos murs, nous disposons d'une panoplie très fournie de techniciens à la valeur certaine.
Ne pas condamner par la même un entraîneur pour son jeune age, un préjugé excessivement courant chez nous hélas.

De Morais (ex-EST) : « J'ai eu toujours du respect pour le joueur tunisien »
Nous sommes dans l'ère de la mondialisation, de l'ouverture. Il est donc normal voire impératif que le métier d'entraîneur entre dans ce cadre. Nous autres, en débarquant chez vous, amenons avec nous d'autres habitudes, un nouveau style de jeu, d'autres variantes, une vision futuriste, une approche enrichissante pour le football local en lui ouvrant de nouveaux horizons.
Je n'adhère nullement à la sérénade partout ressassée évoquant le problème de mentalité du tunisien ne s'adaptant point avec nous. Les joueurs comprennent parfaitement nos messages et y sont grandement réceptifs. Evoquer pareille carence, rimerait tout simplement à dénigrer leurs intelligence et aptitudes. Ce qui est complètement erroné du reste.
Dans ces conditions, comment expliquer leur réussite quand ils leur arrive de jouer à l'étranger ?
Ceux qui se proclament de pareils raisonnements sont en erreur. Le joueur tunisien selon mon vécu parmi vous est discipliné, suit une bonne hygiène de vie et applique à la lettre les consignes et les schémas tactiques qui lui sont dictés. J'ai toujours eu du respect pour lui et nos rapports quoique amicaux ont été empreints de beaucoup de sérieux et de confiance mutuelle.

Fethi Laabidi (CSHL) : « Je suis pour les techniciens étrangers de haut niveau »
Sincèrement, je suis pour un technicien étranger de haut niveau se prévalant d'un CV bien fourni et amenant dans son escarcelle une nouvelle approche, une méthodologie avant-gardiste, un système de jeu d'appoint. Pareille attitude ne peut être que grandement bénéfique pour nos joueurs mais également pour nous autres jeunes techniciens nous permettant d'apprendre et d'élargir nos horizons en les côtoyant. Mais jetez un sommaire coup d'œil autour de vous, exception faite de Ben Chikha qui termine son bail avec le CA et sans citer de noms, où sont passés les autres étrangers qui ont inondé la scène sportive en début de saison ? Tous priés de regagner leurs pénates pour insuffisance de résultats. Chemin faisant, que d'argent gaspillé, de temps perdu, de points perdus, de joueurs peu ou pas correctement entraînés et par ricochet, bien sûr, de valeureux techniciens locaux voués au chômage !
En un mot, ils ne sont point parvenus à appliquer chez nous le football dans le sens de l'activité. Quelques bribes de bons résultats résultant d'exploits individuels. Aucun " plus " volet travail de base, jeu collectif.

Mohamed Kouki (EGSG) : «Pourquoi leur accorder carte blanche?»
Ce qui rend l'affaire compliquée avec le plus clair des étrangers, c'est l'attitude de nos responsables à leur endroit. Non seulement ils leur accordent un chèque en blanc, un blanc seing dans la gestion du groupe, mais en plus, ils les gâtent avec des attentions tellement exagérées que les autres finissent par les prendre pour de la faiblesse. Exception faite de quelques rares cas ayant vraiment apporté le plus à notre football, tout le reste n'a débarqué chez nous que pour faire de la figuration, du tourisme.
Que nos responsables nous accordent le 1/10 des avantages qu'ils octroient allègrement aux étrangers et vous verrez ce dont mes collègues et moi sommes capables de faire.
Ils doivent bien évidemment avoir confiance en nos moyens et surtout faire preuve de patience à notre égard conditions sine qua none nous permettant de nous aguerrir et de fourbir nos armes.

Larbi Zouaoui (CAB) : "Un problème d'adaptation surtout".
Tout d'abord je voudrais préciser que ce que je vais avancer ne touche en rien la valeur foncière, la compétence de mes collègues étrangers.
Seulement, je pense que d'entrée de jeu, ils sont desservis par une difficulté d'adaptation. Ils débarquent dans un milieu qu'ils ne connaissaient pas avec des traditions et des us dont ils ne maîtrisaient point les rouages, les automatismes. Voilà le fond du problème.
Le tunisien par contre domine souvent son sujet, connait sur le bout des doigts comment se comportent nos joueurs, leur mode de vie, leur façon de réfléchir, comment les atteindre aux fins fonds d'eux-mêmes. Le meilleur exemple nous vient de l'Espérance. Un groupe métamorphosé, une rotation de 180° juste quelques petits jours après l'avènement de Faouzi Benzarti. Vous convenez qu'en un laps de temps aussi réduit, la baguette magique de Faouzi a surtout touché psychologiquement le mental du groupe. Il a tout simplement trouvé le vocable idoine pour leur faire passer son message de tunisien à tunisien.
L'effet inverse a été enregistré à Sousse par Rohr.
Le métier d'entraîneur étant universel, c'est l'adaptation dans le nouveau milieu qui fait que les uns réussissent et que les autres calent.


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