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Spécialité en voie disparition
Métiers : Festival international des fibres végétales de Nabeul
Publié dans Le Temps le 05 - 06 - 2009

La ville de Nabeul est connue par la fabrication des nattes et des paniers à base de jonc. Le métier des nattiers est devenu le symbole phare de cette cité des Potiers non seulement par l'ampleur des impressions laissées auprès des visiteurs et leurs pellicules photographiques mais aussi par l'adhésion immédiate de la communauté locale qui essaie de sauvegarder cette tradition et la perpétuer.
Il suffit de faire une tournée dans les vieux quartiers de la ville et notamment la cité du Rebat pour admirer les bottes de jonc, vert, bordeaux, bleu éparpillées le long des trottoirs et les nattiers en train de trier et de tisser le jonc. Aujourd'hui cette spécialité est menacée de disparition. Le nombre d'artisans nattiers ne cesse de diminuer et pour perpétuer cette tradition, l'association Néapolis Ceram organise la 4ème session du festival des nattes et des fibres végétales du 3 au 6 juin avec la collaboration du gouvernorat de Nabeul, l'Office national de l'artisanat, la fédération nationale de l'Artisanat, l'Unesco, la FAO, l'institut culturel italien et l'institut français de coopération.
Une histoire d'amour s'est établie entre les Nabeuliens et la natte depuis belle lurette. L'ouverture de ce festival vendredi a été une fête pour les habitants de Nabeul, une occasion de démontrer leur attachement à cette manifestation, la seule qui vient chaque été secouer la léthargie culturelle de cette ville balnéaire. Ce festival représente ainsi le patrimoine de Nabeul qui a concocté un programme alléchant et varié malgré les moyens très limités. Le festival a permis aux hôtes de Nabeul de visiter des expositions. La première porte sur de pièces anciennes et la seconde a trait à la vente d'articles en fibres végétales de l'artisanat tunisien. Des ateliers d'expérimentation et d'initiation pour les jeunes ont été animés par de grands spécialistes, une manière de les initier aux nouveaux motifs. Ce festival a permis à plusieurs artisans, chercheurs, experts et universitaires de présenter des communications sur les nattes et la fibre végétale.

La fibre végétale: vecteur de développement durable
La Tunisie présente une mosaïque de paysages et de milieux diversifiés en allant de l'extrême Nord à l'extrême Sud. " La flore comme l'a précisé Mustapha Touyi ingénieur chef à la direction étude et diversification de la production agricole comprend 2200 espèces végétales. Parmi ces espèces végétales on trouve des différentes plantes à fibres : les plantes spontanées (l'alfa, le jonc) les plantes cultivées (le palmier dattier, le kenaf, l'osier, le coton, le lin) Les perspectives futures d'utilisation des fibres végétales dans la vie de la population sont très vastes. Cultiver le lin c'est " servir " les voitures. En effet, les industriels des voitures cherchent à remplacer les matériaux de fabrication actuelle par des fibres végétales économiques en énergie. La valeur ajoutée de ces fibres végétales est grande notamment sur le plan écologique. Les industriels sont convaincus que dans le futur proche, le végétal aura conquis le monde industriel. Pour produire une tonne d'acier, il faut dépenser 60 fois plus d'énergie que pour produire la même quantité de bois et 1000 fois plus pour produire une tonne de titane. Le calcul est vite fait d'autant plus que les fibres de lin sont totalement dégradables. Il suffit de replanter la même quantité de plantes pour avoir un équilibre. Le développement et l'utilsation des fibres végétales se présentent comme une alternative de lutte contre les changements climatiques et d'assurance du développement durable. Sur le plan culturel, cette activité permet de valoriser notre patrimoine et notre savoir-faire ancestral et surtout offrir à notre tourisme des produits naturels, biodégradables attractifs capables de générer des ressources complémentaires pour la Tunisie. D'où la promotion de l'artisanat et des métiers d'art et la création de l'emploi pour les jeunes " Ainsi la fibre végétale est un vecteur de développement durable et comme l'a souligné Fatma Samet du ministère du commerce et de l'artisanat " Les écosystèmes constituent des expériences éprouvées et vivantes de développement durable autant qu'un gisement d'expertise inégalable. Elles font partie d'un patrimoine méditerranéen commun au même titre que d'autres réalisations aujourd'hui soigneusement sauvegardées. Ainsi on doit valoriser les fibres végétales naturelles et préserver certains métiers d'artisanat en voie d'extinction notamment dans les palmeraies tunisiennes, identifier et diffuser des connaissances et des technologies traditionnelles appropriées qui encouragent la gestion durable dans ces écosystèmes en insistant sur l'association agriculture-artisanat "

Une activité menacée par l'industrie
Les métiers des fibres végétales ne cessent de se développer. C'est le cas comme l'a expliqué le géographe Naim Ghali " le tissage des nattes à Nabeul, la tresse des couffins et des paniers en palmier nain à Menzel Horr et Somaa. Les cours d'eau, les lagunes, les barrages et les montagnes offrent par exemple au Cap Bon une bonne quantité de joncs et de palmiers nains transformés en nattes de différentes formes, corbeilles, couffins, tapis et autres produits décoratifs destinés aux clients tunisiens et aux touristes. L'artisanat des nattes et des couffins représente un axe de développement assez important pour une population qui continue à préserver ces métiers dans des zones urbaines et rurales. La commercialisation des produits finis se heurte à plusieurs difficultés notamment la concurrence des produits manufacturés essentiellement les fibres industrielles et la plastique. Les enjeux du secteur des fibres végétales sont multiples. Il suffit de préserver le patrimoine naturel et culturel, valoriser la flore et garantir l'emploi et les revenus pour les artisans. Plusieurs problèmes menacent les artisans. Le refus des jeunes de s'investir dans ce secteur, la faiblesse des revenus, la concurrence des produits industriels, le manque des matières premières, le coût élevé de la production, autant de facteurs qui nuisent à cette activité et nécessitent l'élaboration d'études stratégiques susceptibles de l'aider à dépasser cette crise durable " Sauvegarder le savoir-faire dans les métiers des fibres végétales exige ainsi la collecte des savoir-faire et des techniques auprès des artisans en exercice pour élaborer des outils et dispositifs de formation permettant l'enseignement des métiers et le développement des compétences.


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