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Trop peu pour un pays maritime
9 kilos de poisson par an et par personne
Publié dans Le Temps le 26 - 09 - 2009

Comme les professionnels et les citoyens informés le savent assurément, la traditionnelle période des vacances d'été de trois mois (juillet, août et septembre) a été décrétée une période de repos biologique et d'arrêt complet des activités de pêche dans la zone du golfe de Gabès surexploitée jusqu'à l'épuisement.
Aussi, à l'instar des autres domaines, la fin de septembre marque, cette année, la reprise des activités de pêche dans cette pêcherie tunisienne convoitée, au terme de la période du repos biologique, observée en réalité, depuis 2006, et prolongée, désormais, à trois mois, au lieu de deux auparavant (juillet et août), dans le cadre d'un train de mesures tendant à développer la production nationale de poissons, notamment à travers la promotion et l'encouragement de l'aquaculture et de la pisciculture. Mais, la filière de l'aquaculture réussira - t-elle à banaliser les poissons en Tunisie, comme l'a fait l'aviculture industrielle pour la viande de poulet ?
Pour beaucoup et à supposer que cette banalisation du poisson se réalise, elle ne serait pas pour demain, le programme de relance n'étant qu'à ses début. Les décisions signalées ont été adoptées en décembre 2008, alors que les activités de pisciculture ont commencé à se développer, sérieusement en Tunisie, à partir de 2006 et 2007 avec le lancement de projets d'aquaculture modernes à l'initiative de promoteurs privés, dont l'élevage et l'engraissement des poissons dans des cages flottantes, en eau de mer.
Aussi, avec la mesure relative à la prolongation de la période du repos biologique dans le golfe de Gabès, il a été décidé de faire bénéficier les projets d'aquaculture et de pisciculture des avantages financiers prévus dans le Code d'incitation aux investissements, d'exonérer les intrants des droits de douane et de la TVA, pendant que l'Etat prend en charge 40% des frais des études techniques avec un plafond fixé à 40 mille dinars. La station de pisciculture de Boumhel a été reconvertie, en même temps, en un centre technique dans le domaine.

100 mille tonnes pour l'ensemble de la population
En effet, les pêcheries tunisiennes du golfe de Gabès où opère l'active flottille rattachée au port de Sfax, représentent le tiers de la production nationale de poissons estimée à 100 mille tonnes par an.
La consommation moyenne de poissons en Tunisie est de 9 kg par personne et par an, soit pratiquement 100 mille tonnes pour l'ensemble de la population ( plus de 10 millions d'habitants). Et bien que cette part ou ration annuelle de 9 kg de poissons par personne et par an soit faible pour un pays maritime comme la Tunisie, il ne s'agit, encore, que d'une moyenne statistique qui ne reflète pas la distribution réelle de la consommation de poissons, à vrai dire concentrée, en tenant compte de la grande part prise par le secteur touristique et de la restauration, et la cherté des poissons dans le marché local qui les rend de moins en moins accessibles aux bourses moyennes et aux familles à revenus faibles.
Au même moment, une bonne partie de la production nationale de poissons est exportée à l'étranger, car les exportations des poissons viendraient en deuxième position, en terme de valeur, dans l'ensemble des exportations tunisiennes de produits agro - alimentaires, après celles de l'huile d'olive.
Plus de 90 % des pêcheurs et armateurs concernés par la période du repos biologique dans le golfe de Gabès dont ceux de Sfax, ont adhéré à cette mesure, moyennant une aide financière publique, alors qu'ils pouvaient poursuivre leurs activités de pêche dans les zones et les pêcheries tunisiennes du Nord du pays qui ne sont pas concernées par le repos biologique et qui seraient sous - exploitées ou insuffisamment exploitées, selon les études faites dans ce sens. Les pêcheurs et les spécialistes ne sont pas d'accord, en effet, sur l'estimation exacte des ressources halieutiques de la Tunisie.
Dans ces conditions, des citoyens et des commentateurs informés disent douter du rôle de l'aquaculture et de la pisciculture dans la solution de la question relative à la consommation des poissons en Tunisie. Selon eux, elles pourraient contribuer à augmenter la production mais non pas à banaliser les poissons et la consommation des poissons, comme l'a fait l'aviculture industrielle pour la viande de poulet.
Le programme du gouvernement vise à porter à 50 mille tonnes la part de l'aquaculture dans la production des poissons en Tunisie, durant la période à venir, alors que ces procédés n'ont pas encore connu l'extension ambitionnée.

Spécialisation dans les espèces nobles
Toutefois, l'évolution prise par l'aquaculture et la pisciculture, en Tunisie, fait peser le doute sur la contribution réelle de cette filière à la banalisation de la consommation des poissons, quand même elle arriverait à atteindre la part qui lui est assignée dans la production nationale de poissons.
L'aquaculture en Tunisie s'est spécialisée dans l'élevage et l'engraissement des espèces nobles de poissons, principalement les crevettes , le loup, la daurade, le thon, dont les prix resteront élevés quelle que soit l'offre. L'aquaculture est également coûteuse et il n'est pas évident qu'elle soit plus avantageuse sur ce point, puisque les équipements sont importés ainsi que les alevins ou petits poissons destinés à l'élevage et à l'engraissement, et les aliments concentrés pour les nourrir, outre qu'elle nécessite un personnel spécialisé et qualifié. D'ailleurs, les autorités comptent sur les diplômés de l'enseignement supérieur qualifiés pour s'orienter vers cette profession.
Apparemment sensibles à cet aspect, les spécialistes et experts de l'Institut national de sciences et techniques de la mer (INSTM) préconisent des solutions plus populaires, principalement l'encouragement et la promotion de la pêche des petits poissons pélagiques ( sardines, sardinelles, anchois, maquereaux, bogues et chinchards). Le train de mesures signalé va d'ailleurs dans ce sens, en recommandant le renforcement du parc utilisé pour la pêche des poissons bleus.
D'après ces experts, la Tunisie possèderait de grandes potentialités en petits poissons pélagiques qui ne sont pas bien exploitées. Le potentiel tunisien en petits poissons pélagiques est estimé à 100 mille tonnes par an, contre une production annuelle avoisinant les 50 mille tonnes. Il faudrait, à cet effet, mettre au point des chaluts adaptés aux pêcheries tunisiennes et pouvant accéder à des zones éloignées.
Les mêmes spécialistes préconisent l'encouragement de l'élevage et de la reproduction des poissons dans les barrages et les lacs, notamment les sandres et les mulets, espèces de poissons à croissance rapide et à chair estimée.

Inquiétude bénéfique
Cependant, au-delà de ces motivations que certains trouveraient un peu charnelles puisqu'il s'agit d'alimentation et de nourriture, l'inquiétude face à la raréfaction des ressources halieutiques, en Tunisie et un peu partout dans le monde, a servi, indirectement et de façon efficace, la cause de l'environnement et du développement durable à l'échelle nationale, régionale et internationale.
En Tunisie, un projet visant à installer des récifs artificiels dans le golfe de Gabès a été lancé avec succès et doit se poursuivre durant cinq ans, dans le cadre da la coopération tuniso - japonaise. Il contribuera au renouvellement continu de la faune marine et à la préservation du couvert végétal marin dans cette zone, ce qui favorisera la reproduction continue de certaines espèces de fond comme les rougets, le pageot et le sole.
A l'échelle régionale, des démarches sont entreprises en vue d'unifier la période du repos biologique dans toute la région méditerranéenne.
Sur le plan international, 91 pays dont la Tunisie sont parvenus récemment, à un accord, à l'initiative de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), afin de conclure un traité visant à lutter contre la pêche illicite et prohibée, en interdisant aux navires recourant à de telles pratiques l'accès à leurs ports.
En août dernier, des navires de pêche égyptiens ont été pris en flagrant délit de pêche illicite dans les eaux territoriales tunisiennes, au large de Sfax, soit durant la période de repos biologique, de sorte que l'infraction est double.
D'ailleurs, la stratégie tunisienne tendant à développer la pêche et la production nationale de poissons prévoit l'encouragement de la création de sociétés de pêche mixtes avec les pays frères et amis pour une exploitation commune et mutuellement profitable des ressources halieutiques disponibles, dans le respect des règlements et des exigences de l'environnement et du développement durable.


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