Voici le lien pour acheter votre timbre de voyage électronique pour les Tunisiens    Facturation électronique obligatoire : le ministère rassure les PME tunisiennes pour éviter les blocages    Pourquoi les Tunisiens paient-ils seulement à la livraison ?    Attention : dépenser trop peut être un trouble ou une maladie mentale    Alerte santé : le ''trend du verre de thé'' peut provoquer de graves complications    Bourses d'études en Chine : le programme de bourses conjointes UNESCO/République populaire de Chine-Grande Muraille 2026-2027 lancé    Pour la deuxième année consécutive, la STAR confirme son leadership avec le label « Elu Marque de l'Année »    La série Reno15 lancée par OPPO : redéfinir la boîte à outils créatifs nouvelle génération avec une caméra selfie ultra grand-angle de 50MP    Baisse du nombre de Tunisiens détachés à l'étranger en 2025    Chine défie Trump face aux menaces contre l'Iran    Et si Bourguiba n'avait pas aboli les habous ?    Météo en Tunisie : ciel peu nuageux, températures stables    La Poste tunisienne facilite vos envois d'argent vers l'étranger    Habib Touhami: Le développement à l'ombre de la démographie    Trump sanctionne les pays commerçant avec l'Iran... quelles sont ces nations?    Kaïs Saïed appelle à la flexibilité dans l'application de la facturation électronique    Ooredoo Tunisie élue marque de l'année pour la deuxième année consécutive    La photographie et la peinture: deux écritures de la lumière    Pour faciliter votre quotidien : ouverture du bureau administratif rapide à Zahrouni    LG présente sa gamme LG gram 2026 avec un design ultra-léger et des capacités IA avancées    Le derby parisien se répète à nouveau ....    Algérie–Nigeria : la CAF ouvre une enquête suite aux violences    La startup Colibris lance un projet pilote de collecte des vêtements usagés en Tunisie    Le film LILY de Zoubeir Jlassi sacré grand vainqueur au One Billion Followers Summit à Dubai (vidéo)    Récital de piano du virtuose Robert Lehrbaumer au Théâtre de l'Opéra de Tunis    Météo en Tunisie : températures stables, ciel peu nuageux    Trump investit 10 milliards à Riyad : un projet colossal de luxe et de prestige    La cannelle: Un condiment au parfum envoûtant et un remède ancestral    Galerie d'art: Artémis rouvre!    Le Président de la République reçoit le rapport annuel de la Cour des comptes (Vidéo)    Le Maroc élimine le Cameroun et attend le vainqueur d'Algérie–Nigeria en demi-finale de la CAN    Instalingo : les auditions se poursuivent devant la Cour d'appel    America First 2026: Le Mémorandum qui redessine l'échiquier mondial    Biens, mariage, divorce : ce que chaque couple tunisien doit savoir    Ridha Behi: Et si les JCC étaient, plus que jamais, le miroir de notre société?    La banane: saveurs, bienfaits, secrets et petites histoires    Lancement du programme d'aide à la publication Abdelwahab Meddeb 2026 par l'IFT    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    Mathilde Panot (LFI) : « La France doit impérativement refuser d'être le vassal des Etats-Unis »    Liban : l'armée israélienne frappe des cibles dans le sud et l'est du pays    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    CHAN 2024 : avec 3 tunisiens, la liste des arbitres retenus dévoilée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les tentations du diable
Démarrage des examens de la session principale dans nos établissements universitaires
Publié dans Le Temps le 12 - 05 - 2010

Les examens de la session principale ont commencé cette semaine dans la plupart de nos établissements universitaires. L'heure est presque partout aux bilans annuels ou semestriels et ce sont les épreuves écrites qui ouvrent le bal.
Or, qui dit examen écrit dit surveillance des candidats, une tâche contraignante pour beaucoup d'enseignants qui mettent néanmoins beaucoup, parfois même trop de zèle à l'accomplir. Pour justifier cette intransigeance, ils invoquent le souci de garantir la crédibilité des diplômes délivrés ou tout simplement la nécessité de se conformer aux consignes administratives peu tolérantes face aux fraudes et aux tentatives de fraude. D'ailleurs sur les murs des salles et ceux des couloirs, les affichettes se comptent par centaines qui mettent en garde les étudiants contre la tentation défendue et leur rappellent les sanctions sévères encourues par chaque contrevenant. Cependant et pour faire tomber un peu les masques en ce qui concerne l'interdiction qui frappe les pratiques frauduleuses des élèves et des étudiants, nous avons sur un ton plutôt badin demandé à une vingtaine de professeurs du secondaire et du supérieur s'ils n'ont jamais eu recours à la tricherie lorsqu'ils étaient eux-mêmes élèves et étudiants. Une seule enseignante a juré n'avoir jamais été tentée par le copiage. Les autres ont, tous, reconnu avoir une fois au moins essayé de déjouer la vigilance de leurs surveillants.
Souvenirs de tricheurs
L'un d'eux raconte que pour surmonter ses trous de mémoire devant les questions de cours, il préparait toujours une fausse copie contenant les bonnes réponses. « Les définitions en sciences naturelles, en physique, en chimie et même en éducation religieuse ou civique, ce n'était pas vraiment mon fort. Sans les gribouillis préparés à la maison, je n'en serais jamais sorti. » L'autre se rappelle qu'à l'Université, il a par deux fois reluqué la copie d'un camarade. Un troisième avoue avoir prétexté d'un pressant besoin naturel pour, une fois aux toilettes, jeter un coup d'œil sur un petit carnet de notes prévu pour de pareilles situations de blocage. Quelqu'un nous rapporta sa mésaventure avec un professeur de mathématiques français qui l'a surpris en train de lire sur sa calculette quelques règles géométriques. Une jeune doctorante s'est pour sa part remémoré les soirées passées avec son père à préparer d'irréprochables développements en prévision des devoirs d'expression écrite à passer le lendemain en classe. Nos interlocuteurs ne cachent pas non plus qu'ils sont plus d'une fois venus au secours d'un camarade « en détresse » : celui-ci a soufflé la bonne réponse à son voisin ; celui-là a passé sa copie à la camarade de derrière ; tel autre a laissé traîner son brouillon sous le pupitre d'à côté. Il leur est arrivé à tous d'être épinglés par leurs professeurs : quelquefois, ils ont bénéficié de la clémence de ces derniers ; mais le plus souvent ils ont payé relativement cher la fraude commise. « Une fois, raconte B., j'ai refilé toutes mes réponses à un camarade ; mon professeur s'en est aperçu et au lieu de nous en punir tous les deux, il m'attribua à moi seul un zéro. Le jour de la remise des copies, mon complice obtint 14 sur 20 ! ».
Plagiaires éhontés
Ces tricheurs « repentis » affirment qu'une fois leurs diplômes finaux en main, ils n'ont plus récidivé. Mais nous avons appris de la bouche de certains enseignants chargés de surveiller les épreuves du CAPES que les tentatives de fraude sont légion là aussi. Les étudiants du 3ème cycle ne s'interdisent rien non plus. Un jour, on en a attrapé deux alors qu'ils copiaient les réponses préalablement écrites au crayon sur leur pupitre. A l'oral d'un concours professionnel, une professeure fut confondue pendant qu'elle copiait son exposé sur un livre qu'elle tenait entre ses jambes. Certains inspecteurs du secondaire rapportent par ailleurs plusieurs cas de plagiat intégral ou partiel dans les rapports (ou cahiers) de stage que les enseignants leur remettent. Ils nous apprennent aussi que bon nombre de stagiaires s'en remettent à des « nègres » pour rédiger leurs mémoires. Les thèses de 3ème cycle ne sont pas non plus exemptes d'extraits plagiés. Pire encore, les plagiaires sont parfois des candidats au grade de maîtres de conférences !
Charité bien ordonnée…
En fait, il en va de la triche comme de bien d'autres pratiques moralement déconseillées ou franchement répréhensibles : le mensonge par exemple, ou la grossièreté, le tabagisme, la négligence vestimentaire, les imprudences hygiéniques etc. Ceux qui décrètent les sanctions contre de tels « délits » ou inconvenances, les ont eux-mêmes commis un jour. Faut-il pour autant tout autoriser au nom de cette faillibilité générale ? Bien sûr que non. Mais parallèlement aux leçons de bonne conduite que l'on prodigue aux jeunes générations, il importe de rappeler à leurs objecteurs de conscience que « charité bien ordonnée commence (toujours) par soi-même » !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.