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L'abattage : attention aux charlatans
Les métiers occasionnels de la Fête du Sacrifice
Publié dans Le Temps le 16 - 11 - 2010

• Le flambage des têtes : un argent d'appoint pour les adolescents fauchés! - Aujourd'hui, tous les Tunisiens célèbrent l'Aïd el Kébir et accomplissent les rites qui accompagnent la Fête du Sacrifice. Jusqu'à un peu plus tard que midi, les foyers sont occupés par l'abattage des moutons et les différentes étapes qui succèdent à cette opération. A Tunis, le centre-ville peine le matin à retrouver une quelconque animation.
En revanche, la Médina et les quartiers qui ceinturent la capitale connaissent dès les premières heures du jour, une activité croissante. Après la mosquée, on retrouve d'abord quelques voisins, amis et proches au café ou devant chez eux. Ensuite, on laisse les enfants promener une dernière fois le mouton de l'Aïd et jouer avec lui aux sons des incantations et prières enregistrées depuis les Lieux Saints en Arabie Saoudite, sinon sur des airs ancestraux célébrant le rite du Sacrifice et « honorant » le bélier aux cornes bien persuasives qui cependant sera tantôt égorgé dignement et sans douleur par le boucher « Ammar » ! Ainsi disent les paroles de la chanson la plus diffusée sous nos yeux le jour de l'Aïd el kébir. Mais qu'en est-il en réalité du déroulement de l'abattage dans les maisons et les cités ? Trouve-t-on toujours le bon boucher pour égorger, écorcher et dépecer l'animal sacrifié ? Que coûte l'opération ? Y respecte-t-on à la lettre l'esprit du Sacrifice et ses modalités ? Comment éviter de tomber sur des non-initiés qui vous charcutent effroyablement le mouton et sa carcasse ? La Fête du Sacrifice n'est-elle pas une manne du Ciel pour les apprentis bouchers de tous bords ? Même les écoliers et les collégiens en tirent quelque argent de poche puisqu'ils se transforment à l'occasion en « flambeurs » de têtes ovines et allument leurs petits bûchers à tous les coins de rue!
Badreddine BEN HENDA
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Ahmed Bouhass et Fethi Toumi (bouchers) : « N'est pas égorgeur qui veut ! »
« Il faut se méfier des égorgeurs de saison : non seulement, ils risquent de mutiler votre bête mais en plus, ils s'y connaissent rarement en maladies animales. Et ils préviennent rarement leurs clients des cas suspects de kystes hydatiques. Ce qui compte pour eux, c'est la somme d'argent et les parties du mouton que vous leur donnez. Le vrai boucher est celui qui vous remet une carcasse bonne à consommer et abattue dans les règles de l'art. Si vous voulez distinguer le professionnel du charlatan, comparez le temps que chacun consacre aux différentes étapes de l'abattage. Les apprentis y mettent jusqu'à une heure. Quant à nous, nous achevons toute l'opération en 15 minutes (NDLR : Et Fethi Toumi l'a confirmé sous nos yeux !). D'autre part, les non-initiés sont incapables d'égorger et d'écorcher un bœuf. Pour nous, comme pour certains paysans expérimentés, c'est un jeu d'enfant ! »
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Hassen Ben Mabrouk (boucher): « La solution idéale contre les charlatans ! »
« Il existe une solution pour barrer la route aux charlatans : confier toute l'opération au boucher du coin ! Celui-ci réceptionnera l'animal vivant et vous remet un reçu. A votre retour, le jour même bien entendu, il vous le remet convenablement et sainement découpé. Si vous voulez que l'opération se déroule en votre présence, il doit y consentir. Mais nos concitoyens veulent tous que l'abattage ait lieu chez eux, les uns croyant que c'est une sainte recommandation, les autres par superstition. Dans une boucherie, on vous abat complètement jusqu'à 120 moutons en deux heures, si l'on s'y met à plusieurs dans chaque local. En ce qui concerne le flambage des têtes de moutons, c'est une opération facile et il n'y a pas de mal à ce que des adolescents s'en chargent. Il faut les comprendre : ça leur rapporte un peu d'argent susceptible de satisfaire quelques uns de leurs menus besoins »
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Adnène Bousnina (fonctionnaire) : « Toute l'opération chez moi ! »
« Je m'y connais en abattage de moutons depuis l'âge de quinze ans. C'est en suivant les leçons de mon père et des adultes de la famille que m'y suis très tôt aguerri. On peut me faire confiance aussi en dépeçage des carcasses et dans le diagnostic des maladies. Je conseille à tous les Tunisiens d'apprendre eux-mêmes l'abattage du mouton ou de le confier à un vrai connaisseur de votre entourage. Personnellement, je me méfie des apprentis bouchers de l'Aïd. Pour le flambage, on s'y occupe à la maison et jamais ailleurs. Autrefois, il y avait le « fournaq » à qui on remettait les têtes à brûler ; mais maintenant, je préfère que cela se passe chez moi ! ».
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Fayçal (chauffeur de taxi) : « Garantir un abattage correct ! »
« C'est moi-même qui égorge le mouton de l'Aïd, j'ai appris cela de mon père et je compte y initier mon fils qui est là devant vous. Je tiens à ce qu'il en soit ainsi parce qu'avec les bouchers de rue, je ne garantis pas que le rite soit respecté. Un égorgeur de dernière heure ne sait pas quels versets du Coran lire avant l'abattage, il ne saura pas non plus orienter la tête du mouton vers la Mecque, comme le veut la Chariâa islamique ; qui me dit d'autre part que c'est un vrai pratiquant, qu'il a fait sa prière de l'Aid ? Et puis comment faire confiance à un étranger et l'introduire chez soi »


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