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« Il ne faut pas que les partis surfent sur la vague pacifique de cette Révolution »
Me Majid Bouden, opposant résident en France
Publié dans Le Temps le 22 - 01 - 2011

« Les fonds transférés à l'étranger par Ben Ali et les siens sont évalués à 50 milliards de dollars »
« La révolution du jasmin », révolution citoyenne opérée sans calculs idéologiques par des Tunisiens venus par milliers battre le pavé le 14 janvier, exprimant leur volonté viscérale d'une vie digne et libre…Et depuis, des pêcheurs en eaux troubles, sont venus faire la politique de la terre brûlée en semant la terreur dans les cœurs et les esprits, d'autres ont cherché plutôt à surfer sur la vague pour voler aux Tunisiens leur révolution.
Comment nos intellectuels établis à l'Etranger voient cette étape cruciale de notre histoire de Tunisiens? C'est ce qu'on a tenté de savoir en sollicitant l'avis du Maître Majid Bouden, un opposant résident en France.
Le Temps : Madame Michèle Alliot-Marie a été vivement critiquée pour avoir proposée une aide policière au régime de Ben Ali. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Maître Bouden : C'est une faute politique. Beaucoup de personnes de gauche ou de droite complaisantes avec le régime de Ben Ali se sont retrouvées barricadées. Tout le monde sait que les chiffres avancés sur les succès économiques de la Tunisie sont maquillés. Ben Ali a mis sa main sur 90% des produits de l'économie. Les fonds transférés à l'étranger sont évalués à 50 milliards de dollars. Des sommes suffisantes pour continuer à déstabiliser le pays. Mohamed Ghannouchi a la possibilité de lancer des actions internationales pour récupérer les fonds dérobés. Il doit limoger le gouverneur de la banque centrale qui a laissé faire des opérations anormales. La dernière en date a été opérée le 5 janvier. Le gouverneur de la banque centrale n'est soumis à aucun contrôle sauf aux ordres du chef de l'Etat!
Que pensez-vous du gouvernement d'union nationale. Est-ce que le ‘'casting'' est raté ?
A mon sens les jeunes et les représentants de la société civile ont été exclus de ce gouvernement. Il ne peut pas comporter des personnes qui ont profité de l'ancien système. Par rapport au gouvernement, je crois qu'il nous faut un gouvernement de transition plutôt qu'un gouvernement d'union nationale. Cela suppose la participation de technocrates qui n'ont jamais fait partie du système de Ben Ali. Idem pour le RCD et les autres partis. Ce gouvernement a pour mission d'assurer la sécurité et l'approvisionnement du pays, de lancer les procédures et récupérer les fonds de Ben Ali et de ses proches à l'étranger et d'organiser un débat pour instaurer une nouvelle constitution et assurer les fondamentaux pour créer un système de pouvoir et de contre pouvoir. Sa mission est au final, d'organiser des élections, car la démocratie ne se réduit pas à des élections. Celles-ci viennent en dernier lieu dans un processus démocratique. Il s'agit, bien entendu de prendre les mesures provisoires pour régler tous les abus.
A-t-on volé aux Tunisiens leur révolution ?
Cette révolution a été faite notamment par des jeunes qui représentent 40% de la population. Il ne faut pas que des partis surfent sur la vague pacifique de cette révolution. Dans une étape de construction, il ne faut pas que des partis de l'extrême droite ou de l'extrême gauche ressurgissent. Aucun parti finalement n'est préparé pour intégrer la vie politique. Ils n'ont même pas les moyens financiers pour ce faire. Il faut aussi sortir de cette course des intérêts pour s'asseoir sur les mêmes sièges que ceux du système Ben Ali. Les jeunes peuvent se constituer en comités de quartiers pour élire leurs représentants pour devenir leur interlocuteur dans les institutions. Par ailleurs, il faut procéder à la refonte du système des institutions, refaire la liste électorale faite par Ben Ali en faisant participer toutes les forces politiques. Il faut organiser les élections par une commission indépendante exécutive. Une deuxième commission doit être mise sous contrôle des Etats-Unis. Pour ce faire il faut mettre de côté les maux du passé, car il ne s'agit aucunement de l'interférence des étrangers dans nos affaires intérieures. On ne va pas abandonner notre souveraineté en procédant de la sorte. La souveraineté est un terme que des dictateurs utilisent comme alibi pour justifier leurs mauvaises pratiques…
Qu'est-ce que vous proposez en contrepartie ?
Le régime présidentiel ne peut que fabriquer des dictateurs. Il ne peut être efficace que quand il est conforté par des institutions qui peuvent contrebalancer le pouvoir, autrement il y aura des dérives. Le régime présidentiel n'a fonctionné qu'aux USA, même pas en France. A Haïti, au Zimbabwe et en Côte d'Ivoire on avait des présidents irréprochables transformés en cours de temps en dictateurs. On ne peut pas faire confiance aujourd'hui à un seul libérateur. Le seul régime adapté au tiers monde est le régime parlementaire qui permet d'exprimer les différentes sensibilités. Il faut organiser ainsi, des élections à deux tours pour former des coalitions stables là où il y a une majorité et une minorité.
Pour le chantier de la justice, je crois que celle-ci devrait constituer un pouvoir indépendant et non pas rester sous la coupe de l'exécutif. Le procureur représente un ordre public. Il est au même titre que les avocats qui défendent les particuliers et là il ne doit pas influencer les tribunaux dans leurs décisions. Les tribunaux doivent être chapeautés par la cours de cassation qui contrôle l'application de la loi par tous les tribunaux inférieurs et non pas par les procureurs qui doivent quitter le Palais de la justice pour une autre structure, à part. L'administration de la justice doit être faite par le juge à qui on doit donner une immunité par rapport au pouvoir public pour empêcher les actes de corruption.
Quelles sont vos doléances ?
Nous avons demandé la restitution de la banque ABCI, dont j'ai été actionnaire, en trouvant un arrangement à l'amiable. La société anglo-néerlandaise ABCI investments a acheté, en effet, le contrôle de la banque franco-tunisienne, la BFT en 1982, laquelle a été vidée des ses actifs… Ben Ali a voulu prendre le contrôle de la BFT par la force et a lancé une série d'actions judiciaires contre l'ABCI et a imposé un contrat de cession pour transférer la propriété de l'ABCI à la STB gérée par l'un de ses proches. Il a engagé une série de procédures pénales pour condamner les dirigeants de la banque.
Pour l'heure, on demande à ce qu'on annule les condamnations pénales afin que les citoyens expatriés puissent rentrer librement en Tunisie. On espère également la suppression des condamnations civiles contre la banque ABCI ainsi que la compensation des dommages subis par ses dirigeants en saisissant les biens de Ben Ali et de ses proches. Ce n'est pas au peuple de payer les fraudes de l'ancien président.


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