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« Manque de moyens » pour les uns ; « allons-y doucement » pour les autres
Santé - le nœud gordien d'un différend sur la mise à niveau d'un secteur
Publié dans Le Temps le 02 - 06 - 2007

Les revendications dans le secteur public de la santé ne se limitent pas aux hospitalo-universitaires, le personnel ouvrier et para-médical a, lui aussi, ses propres réclamations.
D'ailleurs, le mot d'ordre de grève lancé par la Fédération syndicale de la santé, en plus de celui des médecins et pharmaciens hospitalo-universitaires pour les soins non urgents, démontre qu'un malaise général caractérise la relation entre les partenaires sociaux dans ce secteur stratégique. Les revendications de la fédération de la santé portent sur l'amélioration des indemnités spécifiques non tributaires du salaire, de l'accession à la gratuité des soins pour le personnel de santé, de la mise à niveau du secteur public de la santé et de l'institution d'un statut général unique spécifique au personnel de la santé publique. Les négociations se poursuivent depuis plus d'une année. Elles ont, déjà, permis l'ajournement de la grève du 11 janvier dernier, seulement, elles n'ont pas réussi à éviter la dernière grève. Et au de-là des spéculations sur le taux de suivi de ce mouvement, il est nécessaire de comprendre les fondements de chaque position et l'argumentaire de chacun. Il faut aussi écouter l'opinion des citoyens qui ont affaire avec les établissements publics de la santé et leurs attentes pour un tel secteur.

Source du ministère de la Santé publique : « Il n'y a pas de baguette magique. »

Face aux diverses doléances touchant au secteur public de la santé, Naceur Masrouki, attaché de cabinet auprès du ministre de la Santé publique explique : « Il y a deux volets de doléances. D'une part, il faut rappeler que l'augmentation de l'indemnité spécifique est en cours de réalisation annuellement dans le cadre de la révision des salaires. D'ailleurs, l'UGTT s'est engagée à ne pas faire de revendications qui aient des conséquences financières durant cette application qui se prolonge sur trois années. Donc, il faut que l'UGTT respecte ses engagements. D'autre part, et concernant les réclamations se rapportant à l'accès gratuit aux soins, le ministère rappelle qu'il n'a jamais remis en cause ce principe. D'ailleurs, il attend la réponse de la fédération syndicale sur le projet de révision des textes qu'il lui a transmis. Pour ce qui est d'un cadre réglementaire unique pour le personnel de la santé publique, le ministère rappelle que ce personnel a certes des spécificités mais celles-ci ne peuvent justifier sa sortie du cadre général réglementaire de la fonction publique. Des textes peuvent toutefois organiser les situations particulières. Le ministère rappelle que les revendications à propos des concours de promotion professionnelle, la mutation des agents, les techniciens supérieurs chargés de l'enseignement et la régularisation de la situation des contractuels et des occasionnels ont été satisfaites. Les procédures de ces divers accords sont déjà en cours. Quant à la mise à niveau du secteur public de la santé, la fédération syndicale est en connaissance de cause des divers programmes qui sont en cours d'application. Nous rappelons que c'est un processus continu : d'abord, une rationalisation de la gestion courante des ressources humaines et matérielles, ensuite, l'instauration d'une nouvelle culture du travail et, enfin, l'achat de matériel pour renforcer et moderniser les structures existantes. A la fin, le ministère insiste sur la responsabilité et le civisme pour gérer la relation entre les parties occupant la scène hospitalière. Il n'est pas acceptable qu'on ferme les portes des hôpitaux ou qu'on refuse d'assurer un service minimum au profit des patients qui ont fait de longs déplacements et qui attendent leurs rendez-vous depuis des mois. Le ministère a respecté la liberté syndicale mais quelques cas d'empêchement de la liberté de travail ont été enregistrés de la part des grévistes. C'est une atteinte au Droit du travail. »


Source de la fédération syndicale de la santé : « L'amélioration de nos conditions de travail se réalise à travers la mise à niveau des EPS»

Le Secrétaire général de la fédération syndicale de la santé, Kacem Afaya, explique : « Tout le monde est conscient des difficultés vécues par le secteur public de la santé. Les nouvelles approches de gestion ont certes donné une autonomie relative aux hôpitaux mais, elles ne lui ont pas accordé les moyens financiers pour réussir. Du coup, le matériel, médical ou mécanique, qui tombe en panne ne trouve plus de fonds pour le réparer. Les citoyens, et nous même, en sont les victimes. Nous réclamons depuis longtemps déjà la mise à niveau du secteur. Au rythme voulu par l'administration, nous ne faisons qu'accumuler le retard par rapport aux normes internationales. D'ailleurs, nous avons été poussés à la grève. L'administration ne fait que prolonger les promesses. Nous avons déjà ajourné le mot d'ordre de grève du 11 janvier dernier pour donner du temps aux négociations. Mais, les propositions n'ont pas évolué. Nous avons alors appelé à une grève limitée aux soins non urgents. Nous voulons sensibiliser à la détérioration de nos conditions de travail. La mise à niveau du secteur public de la santé est une urgence. D'ailleurs, tout le personnel a répondu favorablement à l'appel. Moins de 100 employés ont travaillé en dehors de ceux qui ne sont pas touchés par la grève. Ce soutien du personnel nous conforte dans notre objectif de dialogue constructif et responsable. Il faudrait toutefois de la souplesse et de l'objectivité de la part de l'administration pour parvenir à un consensus favorable à tous.»
Du côté des citoyens : « Nous peinons face à la panne continue du matériel et au mauvais comportement de certains agents »
Les citoyens demeurent l'objectif principal de la mise à niveau du secteur public de la santé. Il vise l'amélioration de leur accès aux prestations sanitaires. Afef (30 ans) explique les aspirations des citoyens : « Il y a deux grands axes : d'une part, il y a une carence évidente dans l'entretien du matériel médical, mécanique et roulant. Il est vraiment rare qu'il n'y ait pas un scanner, un radio, voire un échographe en panne à chacune de mes visites à l'hôpital et elles se comptent sur le bout des doigts. Ceci affecte la qualité du diagnostic et entraîne des déplacements à d'autres hôpitaux pour l'exploration. En plus, les ambulances et les ascenceurs restent longtemps en panne avant de se faire réparer. Pourtant, ils ont leurs fonctions respectives et ils contribuent à la qualité de la prise-en charge du malade. Un ascenseur en panne oblige un malade asthmatique à faire, parfois, quatre étages pour une quelconque exploration. Vous imaginez les conséquences de cet effort ! L'absence d'une ambulance peut aussi entraîner des complications pour un malade, ou un accidenté. D'autre part, certains employés nécessitent des cycles de formation en matière de communication. L'œuvre médicale est d'abord une relation basée sur le respect et la confiance. Donc, le personnel doit être patient et comprendre les réactions, même abusives, des malades comme une émanation de leurs souffrances. Le personnel médical a été toujours apparenté aux anges. Donc, ils sont appelés à remplir cette mission noble dans le respect de cet être humain qu'est le malade. Que finissent donc les cris et les réprimandes à haute voix ! Certes, une bonne partie du personnel médical est consciencieuse mais, cette minorité, en mal d'esprit angélique, nuit à la bonne marche de l'hôpital public. »


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