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Jamaâ El Fath : ça «commerce»
Publié dans Le Temps le 01 - 02 - 2012

Le ministère des Affaires religieuses : pas de bâton… toujours la carotte
Le 17 février, réunion de sensibilisation avec les diverses tendances islamistes
Un espace approprié à l'avenue de Carthage abritera bientôt les commerçants illicites entourant «Jamaâ» El Fath.
Enquête de Larbi DEROUICHE - Que se passe-t-il donc à « Jamaâ » El Fath ? Ce célèbre temple de la prière et de recueillement est reconverti depuis un bon bout de temps singulièrement, en espace commercial à grand mouvement. A la limite de la clôture et tout à fait dedans, s'alignent allègrement les étals des marchands. Ce qui y diffère des marchandises d'ailleurs, c'est que les vêtements ici exposés « baignent » tous dans la piété.
Ça « baigne, donc, dans l'huile » et… ça coule de source. Et tout le beau monde de barbus, y est respectueux de la sainte géographie et de son sacro-saint statut.
Des vêtements mixtes long jusqu'aux orteils, aux manches longues, jusqu'aux pouces, des « hijabs » du « bkhour », de splendides tableaux illustrant la Mecque et Médine, bref, les ingrédients de la pratique religieuse sont omniprésents.
Le vendredi, c'est le paroxysme de l'anarchie. Lorsque le commerce est mêlé à la religion, c'est le cafouillage et la grande confusion, compliquant davantage aux alentours le cours de la circulation.
Commerce béni… Absolument… Mais pas dedans…
Cela dit, d'aucuns nient que le commerce est un métier béni. Et notre illustre Prophète est bien pionnier, dans cette activité. Tout le monde le sait. Mais ce que les commerçants visés tiennent à ne pas savoir, c'est que la cuisine est faite pour cuisiner… et la salle de bal, pour danser… Qui prétend l'inverse est désaxé. Par analogie donc… ce qui reste à dire, on le sait…. Ce que tout le monde sait aussi c'est que certains des nôtres frères, cousins, pères, grands-pères etc… depuis l'annonce du résultat du scrutin, ont pris un tournant peu commun et bien attiré l'attention sur leur comportement de grands gagnants. La partie étant ainsi acquise, ils se considèrent maîtres intouchables, sur terre conquise.
Une revanche mal à propos
Un sentiment de frustration et de persécution, accentué au fil du temps, aurait enfanté, en eux, une âme et un esprit révoltés et revanchards. De qui ? De Ben Ali ? Il est parti. De qui, alors ? De la galerie ? Celle-ci a toujours compati. La meilleure revanche à faire de Ben Ali, de la horde de corrompus et de leurs éternels détracteurs, c'est de se montrer réconciliant et civilisés, pour dire à tous qu'ils ne méritaient pas d'être si longtemps marginalisés et martyrisés.
Maintenant, quelle partie désigner du doigt, pour avoir failli au devoir de mettre le holà, dans ces lieux là et, à un degré moindre à la grande mosquée de l'Ariana ?
Pour ce qui concerne le mouvement commercial extérieur à la mosquée, c'est, à n'en point douter, la municipalité. Pour le manège non religieux des religieux de dedans, c'est aux gestionnaires de nos affaires islamiques, de se montrer plus catholiques.
De Maître bâton à… Dame carotte…
En tendant attentivement l'oreille aux uns et aux autres, l'on a vite compris que tout le monde était gêné par ce phénomène unanimement désapprouvé. L'on a compris aussi que tout le monde comprenait et saisissait la délicatesse de la question, par ces temps de post-révolution. Maintenant que l'âge d'or de « Maître » bâton est révolue, c'est alors l'entame boiteuse et trébuchante de l'âge d'or (risquant le plaqué or) de Dame carotte… Une denrée ancrée dans nos cuisines et marmites, mais une culture non enracinée dans notre culture…
M.Ali Ellafi, conseiller politique et médiatique auprès du ministre provisoire des Affaires religieuses a, d'abord, conversé avec son patron avant de répondre, au bout du fil, à notre seule et unique question : pourquoi traîne-t-on les pieds pour couper l'herbe sous les pieds des envahisseurs concernés.
Chasse gardée piétinée… Gestionnaires navrés
D'abord, à ceux qui doutent d'une certaine complicité de nos officiels de la religion avec les non officiels, aux pratiques non religieuses, disons : rassurez-vous, rien de cela. Arguments à l'appui. Les voilà. Si Ali nous dit les préoccupations sérieuses du ministère des Affaires religieuses. Un département semblant jaloux de ses prérogatives, et son droit de regard impartageable sur l'espace sacré de la mosquée. Là, on se dit navré et dérangé par ce qui se trame et se fait, dans l'enceinte de nos mosquées, dans le dos des officiels es-qualité. L'on se dit et se vante aussi, d'être à mi-chemin et équidistant de tous les courants et tendances politiques existants.
Pour un « oui » ou un « non », des « imams » sont sommés par des trublions de quitter la tribune (Mihrab) pour être remplacés immédiatement !
Entre l'intra-muros et le ciel ouvert
A Sousse, l'autre vendredi, deux prières sont organisées, l'une intra-muros et l'autre, à ciel ouvert. Et à chaque camp de choisir l' « imam » orateur lui « convenant ». Et l'on répond à tous les goûts, après tant d'années de dégoût. Et il a fallu, apprend-on, au ministère des affaires religieuses, de s'y mettre à fond, aller sur place… pour remettre les choses en place et clarifier la situation, bien diplomatiquement…
Cette parenthèse fermée, revenons à nos moutons, aux fameux commerçants, qui n'ont aucune raison d'user et abuser d'un site collectif sacré, si longtemps. C'est la rançon de la Révolution, nous affirme M. Ali Ellafi. Il ne nous est pas permis, par ces temps passagers d'instabilité, d'utiliser les procédés musclés.
De la discussion… Jaillit la solution…
A défaut de dissuasion, l'on mise sur la persuasion. M. Ellafi nous annonce que le 17 février prochain, le ministre des Affaires religieuses, réunira autour de lui, le public islamiste appartenant aux diverses tendances idéologiques non structurées, pour ouvrir avec lui un dialogue franc et sincère. Et aussi, le convaincre de la nécessité pour la mosaïque islamiste, d'agir et de se comporter en harmonie avec les règlements du pays pour reconstruire la Tunisie d'après la révolution sur la base de la tolérance et du respect d'autrui.
Trois milliards, pour reloger nos gaillards
Par ailleurs, à la mairie de Tunis, le même souci est manifesté pour vaincre le phénomène cité, qui fait fausse note dans le panorama de la cité.
M. Khatoui, chef du service de la police communale de la ville de Tunis, nous annonce pour sa part, que bientôt les cas des commerçants occupant anarchiquement la devanture de la mosquée « El Fath » seront examinés un à un. En prévision d'être réinstallés comme beaucoup d'autres à l'avenue de Carthage, ex-siège de la Société Tunisienne de Diffusion. Ce projet vient de démarrer après l'allocation d'un milliard par le gouvernorat de Tunis. Deux autres milliards seront bien versés pour la finalisation du projet.
Enfin, comme on voit, la bonne volonté de tous est là. Les solutions ne manquent pas. Avec la Révolution on se méfie et on calcule ses pas. Et gare aux faux-pas…


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