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Il ne fallait surtout pas se planter
Plantu anime la réunion de la rédaction du Temps
Publié dans Le Temps le 28 - 02 - 2012

Samedi 25 février, est une journée qu'on peut qualifier d'exceptionnelle. Et pour cause, cette exception, fut pour notre journal la visite d'un invité de marque, le non moins célèbre dessinateur du journal Le Monde, Plantu. Une rencontre avec la rédaction et une discussion à bâtons rompus ont animé cette rencontre. Pour les journalistes du Temps, c'était un moment fort agréable de découvrir de près cet artiste devenu très connu de tous grâce à ses caricatures qui ont mis en mauvaise posture plus d'un haut responsable en France et à l'étranger et qui ont aussi rapproché certains. Dans cet échange franc, Plantu parlait avec une gestuelle de quelqu'un tellement habité par l'acte de dessiner, qu'il faisait des dessins par les mouvements du doigt et de la main dans l'air. Sa petite caméra lui servait de bloc-notes de témoin pour enregistrer certains passages de la conversation.
Il avait eu une rencontre avec le président provisoire Moncef Marzouki qui n'avait pas apprécié certaines de ses caricatures. C'est, entre autres, le cas d'une caricature où, avant le 14 janvier un citoyen était interpellé pour avoir été observé avec un journaliste, et après le 14 janvier parce qu'il a été surpris avec un verre de bière. Dans le deuxième cas, il était interrogé par un barbu.
Le président considère que « le ministère de l'intérieur est encore occupé par les gens de Ben Ali… Nous avons à faire des réformes en douceur... Les salafistes menacent la démocratie, mais ne sont pas au pouvoir. En plus on n'est pas en train de suivre les gens pour des histoires de bière. J'ai trouvé ça injuste pour la Tunisie. Et ce qui est le plus terrible pour nous, il y a une mauvaise image qui se développe actuellement en Tunisie par la presse française et qui ne correspond à rien. La Tunisie est tombée dans l'escarcelle de l'islamisme. C'est absolument faux. La Tunisie est tombée dans l'escarcelle de la Démocratie. Ce que les gens ignorent, c'est que l'islamisme est un large spectre qui va d'Ortogan à Taliban. Il y a des islamismes…Nous dans les années 80, les démocrates et les militants des droits de l'Homme on a démocratisé une grande partie du spectre islamiste. Dans les années 70 Ghannouchi était salafiste. Il le dit lui-même…. Dans les années 80 et 90 par l'exemplarité, par le fait que nous sommes des laïcs et nous nous sommes battus pour le droit des islamistes de ne pas être torturés et pour leurs droits politiques. Nous en avons gagné une frange qui est venue à la démocratie. Et nous avons isolé la fraction salafiste… »

C'est dire combien une caricature peut déclencher de débats.

Dans les rapports avec les hommes politiques l'essentiel est que les lecteurs comprennent le message du dessinateur. La censure ? Il n'a pu en échapper ni en France, ni aux Etats-Unis. « Un dessin n'est pas passé, ce n'est pas de la censure. Il faut sentir la sensibilité du lectorat. Il y a une manière de dire les choses. » Concernant la caricature du Prophète Mohamed faite par le dessinateur danois, il respecte l'obligation de ne pas dessiner le prophète. « Il faut se mettre à la place des Danois en 2005. Ils étaient dans une logique des soixante-huitards. Ils n'avaient aucune idée sur la religion ». Au Maroc la caricature du Roi est interdite. Plantu dit : « il faut continuer à faire des dessins qui dérangent, mais sans humilier les croyants ». L'essentiel est que les lecteurs comprennent. Aux Etats-Unis on ne peut dessiner les seins d'une femme que si on enlevait les taitons. Il faut être plus malin que les intolérants.

Moralité : Plantu pense qu'il « faut être vigilant »

Pour développer l'esprit de tolérance « Cartooning for peace », dessin pour la paix, a été créé le 16 octobre 2006 au siège des Nations Unies à New York à la suite d'une série d'initiatives organisées par les Nations Unies autour du thème « Désapprendre l'intolérance ». Plantu s'est engagé dans cette initiative avec Kofi Annan qui était à l'époque Secrétaire général. Douze dessinateurs de presse de renommée internationale ont participé à une conférence intitulée « Cartooning for Peace/ Dessins pour la Paix : la responsabilité des dessinateurs de presse ? ». Ces dessinateurs venaient des Etats-Unis, du Mexique, du Danemark, d'Israël, de la Palestine, du Kenya et de la France.
Plantu voyage beaucoup. Il n'hésite pas à s'engager dans les actions pour la paix. Il y a deux mois, il était à Beyrouth. En septembre dernier, il a participé à une rencontre entre Palestiniens et Israéliens.
Lors de sa visite en Tunisie, il lance un projet en partenariat avec la présidence de la République, le journal Le Temps et Hosni Jemmali. Une exposition de dessinateurs marocains, libyens, tunisiens et français sera organisée. Le président Marzouki, inaugurera l'exposition et préfacera le livre qui contiendra les différents tableaux et sera édité à cette occasion.
L'actualité en France et en Tunisie ne peut échapper à une rencontre avec Plantu. Il ne cache pas son inquiétude quant à la montée des salafistes en Tunisie. A propos de l'excision, il rappelle que 55.000 femmes sont excisées en France. « Il faut mettre en œuvre une véritable pédagogie pour ceux qui entrent en France, un peu à l'image des Etats-Unis », dira-t-il.
Concernant la situation des immigrés en France, il est loin d'être optimiste. Que ce soit avec Sarkozy ou Hollande leur situation, dit-il ne changera pas. 60 millions de pauvres sont dénombrés en Europe. « Il faut un plan Marshall qui dépasse les partis politiques ».
Plantu, le citoyen ne votera pas Sarkozy, mais si ce dernier perd les prochaines élections présidentielles, Plantu le dessinateur, le regrettera.


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